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Avec Cross-Rocks (cliquez ici pour lire la chronique), Yann Armellino compte bien conquérir un nouveau public en dehors des habituels guitaristes. Et pour cela il a mis les petits plats dans les grands en s'entourant d'invités prestigieux et en nous montrant un visage bluesy inédit. Tout ceci méritait quelques explications de la part du principal intéressé! Et comme chez les Immortels on aime bien Yann, sachez de plus que nous hébergons son forum officiel. Venez-y nombreux!
-the lord : Peux-tu nous présenter tes trois premiers albums (1,2 et 3), les ambitions que tu avais lorsque tu les as réalisés et dans quelle mesure tu en es satisfait?
Yann Armellino (guitare) : Fin 1999, Serge Lamet, gérant du groupe de presse Hard Force et Best a décidé de monter son label et m’a proposé d’être sa première signature en instrumental. A l’époque, je jouais dans un groupe et ne m’attendais pas à une telle proposition mais j’ai tout de suite accepté… Il y a des choses qu’on ne peut pas refuser. J’ai donc enregistré mon premier album avec les moyens du bord, ce qui explique la faiblesse au niveau production et qu’il sonne un peu comme une démo améliorée. Il a été plutôt bien accueilli et nous avons décidé d’en faire un second rapidement (seulement six mois après) avec plus de moyens et en bonus, la participation de NoNo (ex Trust) sur un titre.
Je n’avais pas vraiment d’ambition démesurée sur ces deux albums. Déjà, qu’ils reçoivent un accueil favorable du public et des médias spécialisés était un cadeau! Suite à ça, le label a fermé en même temps que les publications et j’ai donc fait mon troisième album avec Edel – Sony en direct. Pour celui-ci, il s’est passé beaucoup plus de choses en promo, j’ai commencé à faire des show-cases un peu partout, des interviews, plus de chroniques etc. Six mois après sa sortie, Edel France a cessé son activité et je me suis retrouvé sans contrat. Dommage car ça commençait plutôt bien… Cela explique la période assez longue entre « 3 » et « Cross-Rocks ». Aujourd’hui, je suis content d’avoir trouvé avec Brennus-Music/Alain Ricard, une oreille attentive avec qui j’espère faire un bout de chemin. Je ne suis pas du genre à faire de l’autosatisfaction. Chaque album est un peu un polaroïd d’une période, de ce que tu veux (peux) donner à un moment précis. Je pense (j’espère) qu’il y a une évolution et une affirmation de mon style au fur et à mesure de mes albums.a
-the lord : Qu'est-ce qui t'as poussé à faire de la musique instrumentale, plutôt que de jouer dans un groupe "normal"?
Yann Armellino : Comme je te le disais plus haut, c’est la proposition de Serge Lamet. Après, je me suis vraiment pris au jeu. J’écoutais déjà des albums instrumentaux de Satriani, Vaï, Blues Saraceno etc. Tu sais, quand tu composes pour un groupe, il suffit de remplacer la ligne de chant par une mélodie jouée à la guitare. Maintenant, faire de l’instrumental te permet de pousser un peu plus tes limites techniques, tu essayes au maximum d’éviter les répétitions.
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-the lord : Quelle est l'originalité d'un album de Yann Armellino par rapport à un album d'un autre guitar hero?
Yann Armellino : Difficile pour moi de répondre à cette question. C’est plus à toi et aux auditeurs d’y répondre. Concernant le style, je ne suis pas un « shreder », je ne fais pas de « neo classique » et compose mes titres d’une façon assez traditionnelle, on peut y trouver intro, couplet, refrain, pont. Le tout en instrumental, certes, mais j’essaye de doser équitablement feeling, mélodie, technique et improvisation.
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-the lord : Avec Cross-Rocks, pour la première fois il y a du chant sur un de tes albums. Cette idée est-elle partie d'un constat qu'un album instrumental est quelque peu indigeste?
Yann Armellino : Non ,car je pense que nombreux sont les albums instrumentaux « digestes »! Pour le chant, c’est grâce à mon éditeur, Jean Davoust, qu’il y en a sur « Cross-Rocks ». Cela me permet de proposer quelque chose de différent avec en plus des cuivres, un peu de Rhodes et d’harmonica. Il a donc contacté ses équipes américaines et leur a fait part de notre envie de reprendre des titres du répertoire de Robert Johnson, nous nous sommes mis d’accord sur les morceaux et voici le résultat.
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-the lord : Les titres instrumentaux sont plus assimilables que précédemment par des non-musiciens. Etait-ce une volonté de ta part de plaire à un public de non-guitaristes?
Yann Armellino : J’espère effectivement que ma musique peut plaire à un public de non guitaristes. En ce sens, les titres chantés peuvent faciliter l’accès à « Cross-Rocks ». Je ne me prends pas la tête, si les gens tapent du pied, passent un bon moment et oublient un peu leur quotidien à l’écoute d’un de mes albums, c’est cool! Une partie du grand public pourrait être réceptif à la guitare instrumentale si ce genre ne souffrait pas d’un manque certain de médiatisation. Heureusement, vous êtes là, tous les passionnés, webzines, fanzines, radios spécialisées, presse etc pour répandre la bonne parole!
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-the lord : Il y a un fort côté blues sur Cross-Rocks. Techniquement est-ce que cela est aussi intéressant à jouer pour toi que tes titres plus "conventionnels"?
Yann Armellino : Techniquement et musicalement, c’est tout aussi intéressant. Il y a une plus grande place pour l’improvisation dans le Blues. Maintenant, la frontière entre Blues et Hard est des fois très mince quand tu écoutes des Satriani, Kotzen, Kenny Wayne Shepperd etc. Tu te rends compte que les classements tiennent à peu de chose (note de -the lord: à qui le dis-tu!).
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-the lord : Tu es un gros fan de Kiss, d'ailleurs tu reprends un de leurs titres, Shandi, sur Cross-Rocks. Que t'apporte la musique de Kiss et pourquoi as-tu choisi de reprendre ce titre en particulier?
Yann Armellino : J’ai commencé la guitare en les écoutant et depuis, c’est vrai, je suis toujours un inconditionnel du « big bisou ». J’avais envie de faire un clin d’œil au « hottest band in the world » depuis longtemps. C’est un peu ma façon de leur dire merci! Pour le choix, j’ai toujours trouvé vachement bien ce titre extrait de « Unmasked » sorti juste après le multi platine « Dynasty » donc dans la période disco. C’est d’ailleurs un titre toujours très populaire en Australie. D’autres morceaux m’auraient également bien branché, plus du côté de Stanley… À quand un disque instru hommage à Kiss? A ce propos, le « French Site Of Kiss » est partenaire de mon nouvel album.
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-the lord : De quoi es-tu le plus fier sur ce disque?
Yann Armellino : Je suis très content des participations sur les trois titres chantés et d’avoir eu la possibilité de faire un quatrième album car vu ce qui se passe dans la profession, c’est déjà pas mal!
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-the lord : Quel souvenir gardes-tu de la grosse tournée française que tu viens de faire en compagnie de Freak Kitchen et Patrick Rondat?
Yann Armellino : Je ne garde vraiment que des bons souvenirs de cette tournée. Humainement et musicalement c’était au top. Les réactions du public ont été très bonnes sur toutes les dates. Vivement la prochaine avec cette fois-ci mes musiciens! Un dernier mot pour te remercier de l’ouverture de mon forum sur le site des Immortels, c’est vraiment cool de pouvoir converser avec différents membres.
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(interview réalisée le
29 décembre 2004 par -the lord )