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Yann Armellino - Cross-Rocks (2004) |
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Pour ses trois premiers albums, Yann Armellino s'était cantonné à un style rock/hard rock avec quelques incursions dans le domaine du blues qui relevaient plus de l'influence discrète que de l'hommage vibrant. Pour Cross-Rocks, quatrième opus du guitariste français, c'est pourtant cette dernière composante de sa musique qui va être mise en avant. En effet, s'il ne se limite pas qu'à cela, Cross-Rocks à travers cinq morceaux (Walkin' Blues, If I Had Possession Over Judgement Day, Stop Breakin' Down, Crossroads et Four Until Late) salue le génie d'un précurseur en matière de blues, Robert Johnson.
On reproche souvent aux musciens qui pratiquent de la musique instrumentale de tourner en rond et de proposer éternellement les mêmes plans. Avec Cross-Rocks, Yann Armellino compte bien remettre les choses à leur place et ce dès le tout premier titre, Crossroads. Ce dernier est une chanson de blues, chantée, comme on en retrouvera deux autres sur l'album. Au niveau du chant on a affaire à des clients puisque se relayeront sur ces trois titres Larry Braggs de Tower Of Power, Tony Lindsay qui chante d'ordinaire pour Santana et Conny Florance, habituée à bosser avec Elton John. Cela garantit donc une qualité d'interprétation à des morceaux très axés sur le feeling plus que sur la technique de jeu.
C'est d'ailleurs une remarque que l'on pourra étendre à l'ensemble du disque qui se veut plus accessible à des non-guitaristes que les précédents albums de Yann Armellino. Pour autant, ne croyez pas que notre homme se contente de jouer de façon simpliste. Nombreux tappings et soli envolés parsèment la rondelle de la plus belle des manières sans sacrifier la qualité de composition (Beach Music, Time To Time, Electro Song). Armellino a trouvé la formule gagnante pour rallier à sa cause deux publics à priori antagonistes. Et pour ne pas fâcher les allergiques au blues il y a toujours autant d'influences de Van Halen et de Kiss sur Cross-Rocks, une reprise de Shandi s'étant même glissée dans la tracklist.
Malgré toutes ses qualités, l'album souffre néanmoins de quelques défauts ennuyeux. Les parties de batterie ou de boîte à rythme sont toutes d'une trop grande simplicité et la production, par ailleurs nickel, leur donne un son très peu convaincant, surtout quand on constate le professionnalisme qui émane de Cross-Rocks. De plus, certaines chansons comme Riff, Roll & Stylus, If I Had Possession Over Judgement Day ou Metal Song (Baby's Like Metal) retombent quelque peu dans les travers du style si intelligemment évités jusque-là, à savoir qu'elles font sans doute plus plaisir à leur interprète qu'à leur public. Néanmoins l'ensemble de cet album est très rafraîchissant -même s'il abuse peut-être trop des reprises- et installe définitivement Yann Armellino comme le plus américain des guitaristes français!
13.5/20
-the lord (Décembre 2004)
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