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TURISAS
THE VARANGIAN WAY (2007)
LINE UP :
Warlord Nygård (chant + claviers)
Jussi Wickström (guitare)
Tude Lehtonen (batterie)
Olli Vänskä (violon)
Hannes Horma (basse)
Liskon (accordéon)
Turisas The Varangian Way
CHANSONS QUI TUENT :
A Portage To The Unknown
Miklagard Overture
In The Court Of Jarisleif
CHRONIQUEUR :
Lord Henry
(Juillet 2007)
NOTE :
16 / 20

Les concept-albums sur les Vikings ne sont plus l’apanage des groupes de black-metal norvégiens. Turisas nous narre avec The Varangian Way le périple d’un de ces peuples, de la Scandinavie à l’actuelle Turquie. Un voyage haut en couleurs, et musicalement très riche ; sous ses faux airs de Rhapsody Of Fire avec maquillage, Turisas couve une réelle ouverture musicale et exploite magnifiquement les mélanges.

Avec un violoniste et un accordéoniste à plein temps au sein du groupe, Turisas a choisi de résolument s’orienter vers le folk-metal, et concept oblige, ce sont des sonorités celtiques qui prédominent. Tel s’annonce « To Holmgard And Beyond », avec des arrangements symphoniques soignés et une chorale gigantesque. D’abord calée en mid-tempo, la batterie finit par s’emballer et rappeler les plus nordiques des morceaux de Rhapsody. Mais ce n’est là qu’un leurre : certes le côté pompeux peut agacer, mais pour peu que l’on fasse l’effort de passer outre et de plonger dans le concept historique – et non fantasy, avouez que ça nous change –, « To Holmgard And Beyond » inaugure de fort belle manière une aventure démesurément épique, et bien plus variée que celle d’Aresius.

Les Finlandais se permettent même de reprendre dès le second morceau le fameux thème de « La Moldau » de Smetana à l’accordéon, et lors d’un refrain terriblement kitsch. Dès lors, apparaissent les influences extrêmes du groupe, principalement à travers le chant de Warlord Nygård, très impressionnant dans son genre. On pense à Quorthon, Bathory, Borknagar, Die Apokalyptischen Reiter,ou encore Finntroll… Les structures surprennent, les breaks surgissent de nulle part, des accélérations inhumaines leur succèdent, et pourtant force est de constater que le « squelette » des compositions, à savoir section rythmique + riffs, n’est pas des plus riches ni des plus techniques… Oui, Turisas est surproduit, et c’est ben ça qu’est bon !

Si la musique s’essouffle quelque peu en milieu d’album au sein de toute cette grandiloquence (« Fields Of Gold »), le groupe parvient à caser au moment opportun une sonorité, une atmosphère ou une mélodie surprenante pour tout ramener d’aplomb ; ainsi le lyrisme gitan de « In The Court Of Jarisleif » ou violons et accordéons justifient leur présence avec brio. « Five Hundred And One » et « The Dnieper Rapids » perpétue le jeu de l’alternance metal extrême / mélodies flamboyantes, où des chœurs féminins angéliques font leur apparition, tout en revenant à une base plus rock. L’ennui ne s’installe pas une seconde : un tour de force dont bien peu de combos folk-metal sont capables. Ce faisant toutefois, Turisas met à jour l’un des défauts de « The Varangian Way » : le mix, laissant parfois le chant clair et la batterie derrière les ornements.

Nous sommes partis de la partie la plus septentrionale de l’Europe, nous l’avons traversée de Nord en Sud, nous avons côtoyé les Normands, les Slaves, flirté avec la frontière orientale, et nous arrivons en fin d’album à Constantinople. Comme un retour à la case départ, la conclusion se veut aussi épique que l’introduction : la montée en puissance est donc très réussie, la production et les arrangements plus tape à l’œil que jamais, et le refrain tout à la fois bourrin et grandiose. Moins risqué, ce morceau conclut l’épopée de manière assez magistrale, même si ce n’est pas à Rhapsody que l’on aurait aimé penser à la fin de The Varangian Way. Il vaut plus que cela. Deux conseils donc : ne pas s’attarder sur l’accoutrement des gaillards, largement aussi ridicules sur ce point que leurs compatriotes de Lordi, et dépasser l’image sirupeuse que peut avoir le metal épique. En l’espèce, cela en vaut largement la peine. Votre serviteur, séduit, vous demande votre confiance.

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