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TRIVIUM The Crusade (2006) |
LINE UP : Matthew Heafy (chant+guitare) Corey Beaulieu (guitare) Travis Smith (batterie) Paolo Gregoletto (basse) |
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CHANSONS QUI TUENT : The Crusade Entrance Of The... Unrepentant |
CHRONIQUEUR : -the lord (Septembre 2006) |
NOTE : 18.5 / 20 |
Alors qu'Avenged Sevenfold et Bullet For My Valetine cartonnent de plus en plus, Trivium se rappelle à notre bon souvenir avec un disque qui renverra toutes les stars montantes à des activités de coloriage. The Crusade illustre à la perfection le concept d’album de la maturité. Finis les enfantillages metalcore (pourtant déjà incroyablement prometteurs) d’Ember To Inferno et d’Ascendancy, Trivium met le pied au plancher et concrétise TOUS les espoirs placés en lui et Dieu sait qu’ils étaient nombreux. Conscient qu’il leur était impossible de grandir en pratiquant la même musique que sur les opus précédents, Matt Heafy et ses trois camarades ravivent la flame du thrash metal à l'ancienne comme aucun des groupes américains reformés dans les années 2000 n’a su le faire.
Il faut dire que techniquement, et surtout grâce à ses six-cordistes, Trivium est mieux armé que toute la vague thrash eighties à lui tout seul. Il ne faut néanmoins pas s'attendre à de la démonstration technique vide de sens : les compositions sont pensées pour être avant tout de bonnes chansons, même lorsqu'elles adoptent le format instrumentalo-épique (The Crusade). Avec un changement vocal qui semble le lié filialement à James Hetfield (à tel point que ça en devient parfois embêtant), Heafy a métamorphosé son groupe tout en créant un monstre surpuissant capables d'enchaîner les lignes vocales écrasantes à vitesse surréaliste (To The Rats, Unrepentant, Anthem (We Are The Fire), Becoming The Dragon, etc).
La technicité omniprésente confirme tous les dons musicaux du groupe : des soli de guitares entre modernisme et tradition absolument parfaits, un morceau-instrumental appelé à faire date, des couplets agressifs comme seul le vrai thrash peut en offrir, des refrains aux mélodies aussi fantômatiques que viriles et un taux de testostérone à faire pâlir Floyd Landis... Voilà ce que The Crusade a vous offrir. Même si le groupe verse épisodiquement -et l’on espère inconsciemment- dans les clichés du metalcore (le pont de Becoming The Dragon, le refain d’Ignition et l’utilisation un peu basique d’harmonies vocales), ce disque possède une telle intelligence d’écriture et une force de frappe comparable à une arme de destruction massive qu’il faudrait être président du fan-club de Christina Aguilera pour ne pas tomber sous son charme. Le meilleur album de l'année, tout simplement.

