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THOU ART LORD
Orgia Daemonicum (2005)
 

 
 
 

LINE UP :
Sakis Tolis (guitare+chant)
George Zaharopoulos (basse+chant)
Themis Tolis (batterie)
 
 
 

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CHANSONS QUI TUENT :
The Gnostic Code
The Royal Invocation Of...
 

CHRONIQUEUR :
Aliocha Klodovitch
(Mai 2005)
 

NOTE :
12 / 20
 
 
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Parmi les obstacles que vous devrez surmonter pour apprécier à sa juste valeur la musique de Thou Art Lord, il y avant tout cette pochette assez kitsch représentant des anges plantureuses (-eux?) jouant à touche-moi-le-nombril avec quelques démons concupiscents sous l'œil bienveillant de Lucifer en personne. Mais il y a aussi (et surtout) la production très spécifique d'Orgia Daemonicum: l'un des buts avoués du trio grec est de prendre à contre-pied les productions modernes en proposant un son très cru, conférant au disque une saveur de démo garage… Mais vu l'actif des musiciens ici présents, on n'est quand même pas dupe: Sakis et Themis sont membres fondateurs de Rotting Christ, et George Zaharopoulos alias Magus Wampyr Daoloth (pour lui donner son pseudonyme complet) les a côtoyés pendant deux années, avant de déterrer en 2002 ce vieux side-project de thrash-death satanique.

Même si l'on peut difficilement accuser Thou Art Lord d'être opportuniste ou de surfer sur la vague, on aura aussi du mal à dire que les musiciens se sont trop fatigués lors de la conception et de l'enregistrement de l'album. Pour une fois que les guitares n'envahissent pas tout le champ sonore, il aurait pu être intéressant d'en profiter, par exemple développer et enrichir les harmonies, créer de subtils enchevêtrements… Cependant il n'y aura rien de tout cela, le groupe suit sa démarche jusqu'au bout en proposant une musique très basique directement inspirée par certains des géniteurs du metal extrême, un mélange de thrash, de black et de death au compteur irrévocablement bloqué dans les années 80.

Le trio grec connaît bien ses classiques, pour sûr, comme le confirme Power From Hell, reprise de l'une des premières démos du groupe Onslaught, et le reste de l'album est pétri de ce genre de références, même si elles sont moins directes. Les riffs thrashy et accrocheurs de Venom avec les "ouargh" de rigueur (Possessed/The Legion, Hecate Unveiled), les harmonies sombres à la Celtic Frost (He, The Great Worm), les ambiances écrasantes et funéraires à la Morbid Angel (The Royal Invocation Of Apophis), tremolos black metal (An Apparition Of Vengeance), voici un petit aperçu de la palette avec laquelle Thou Art Lord rend hommage à ses racines. Par moments le groupe s'essaye à introduire un peu de mélodie et de groove au milieu de tout ça, et ce n'est pas déplaisant, The Gnostic Code faisant partie des compos les plus réussies de l'album.

Mais dans sa volonté de sonner plus old-school que old-school, le groupe en fait parfois un peu trop: les guitares ou les hurlements black/death partent trop en retrait, noyés par d'autres pistes (pourtant peu nombreuses), aucun soupçon de solo ne vient agrémenter les compositions basiques et plutôt prévisibles. Seuls quelques moments intéressants réussiront à capter l'attention de l'auditeur, tel ce mantra satanique récité par des chœurs plaintifs sur The Royal Invocation Of Apophis ou les cymbales chaotiques en introduction de Necromantic. Le reste de la galette est clairement réservé aux nostalgiques d'une époque certes primordiale dans l'évolution du metal, mais irrémédiablement révolue, l'anachronisme flagrant n'invitant pas tellement à s'imprégner des ambiances proposées. Un disque osé par sa forme, mais malheureusement trop conventionnel dans le fond.

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