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Line-Up :

Christofer Johnsson (claviers+guitare)

Kristian Niemann (guitare)

Johan Niemann (basse)

Sami Karppinen (batterie)

 

 

 

Therion - Secret Of The Runes (2001)

 

Chansons Qui Tuent :

Asgard

Midgard

Secret Of The Runes

 

   

 

    

 

Quand on choisit, après quelques errements death, d’officier dans un style (le heavy metal symphonique) où les groupes sont légion, et pour les trois-quarts complètement insignifiants, il est bon d’avoir un petit quelque chose qui fasse automatiquement la différence. Ce petit plus, Therion l’a assurément. C’est, d’une part, la fièvre créatrice de Christofer Johnsson, son guitariste et mentor, et d’autre part l’utilisation quasi-systématique, et magique, des chœurs. Theli et Vovin, les deux albums cultes du groupe, en avaient apporté la preuve incontestable. Fort de ces succès, Therion avait poussé l’expérimentation symphonique et lyrique encore plus loin sur Deggial, et s’était planté il faut bien le dire. Trop complexe, parfois brouillon et souvent indigeste, l’album avait déçu les fans qui s’attendaient à une tambouille plus prévisible, plus heavy. L’arrivée, en 2001, de Secret Of The Runes marquerait elle un retour aux sources?

Hé bien oui et non. « Secret Of The Runes » est en fait une sorte de compromis entre ces albums. L’idée de base est toujours d’utiliser les chœurs à fond les ballons, mais en allégeant considérablement les parties instrumentales, afin de rendre le tout bien plus abordable. Pour établir un parallèle avec « Vovin » par exemple, c’est comme si tout l’album avait été composé à la façon d’un « Birth Of Venus Illegitima », avec des chœurs pour seul chant, un groupe discret mais omniprésent, et des instrumentations classiques particulièrement bien senties. Le résultat est ma foi tout à fait convaincant, et ne manquera pas d’inciter l’auditeur à courir la taïga couvert de peaux de yak, le visage rougi par le froid et la hache dressée (à défaut d’autre chose, à cause du froid, hé hé…)! Pour ceux qui n’auraient évidemment pas compris le sens de cette dernière phrase, sachez que « Secret Of The Runes » est un album conceptuel sans être un concept album (pardon ?), qui traite de la fascinante mythologie de nos amis scandinaves. 

C’est donc toute la magie des fjords et des crânes remplis d’alcool (ok, j’avoue, j’ai lu « Asterix et les Normands ») que l’on retrouve dans des titres comme « Ginnungagap », « Schwarzalbenheim » et autre « Asgard ». Les morceaux ont cette atmosphère toute particulière, à la fois mystique et un brin épique que l’on retrouve souvent chez Therion, mais cette fois ci on a bien plus l’impression de suivre un fil rouge, comme s’ils sortaient tous d’un même moule. Les différentes voix qui composent le chœur sont, et c’est assez rare pour le signaler, utilisées finement, avec pas mal de pertinence, et sont loin d’être un simple faire-valoir, comme c’est le cas la plupart du temps chez bien des groupes. Alternées entre elles ou utilisées ensemble, selon le thème abordé ou l’effet recherché, elles sont irréprochables 100% du temps et font très vite oublier l’absence d’un chanteur métal. Alors bien sûr, on aime ou on n’aime pas, mais çà ne laisse pas indifférent, ce qui est déjà une bonne chose. 

La coloration que donne le chœur aux morceaux tient aussi beaucoup de son association avec des instruments classiques, dont les interventions sont bien moins laborieuses que sur « Deggial ». L’album est truffé de petits airs très simples interprétés à la flûte, au basson, par des cuivres, des cordes etc… Fini l’orchestre multicouche bien massif, bien pompeux, place à la mélodie qui fait mouche, mémorisable en un instant. Prenez « Midgard » par exemple, et savourez le jeu du hautbois en milieu de morceau. Tout simple, mais terrible ! 

N’oublions pas le groupe pour autant, qui comme je l’ai dit s’efforce d’être discret, sans pour autant être absent. Quelques riffs de gratte bien sentis (« Asgard », «Secrets Of The Runes ») et de bonnes lignes de basse parsèment l’album, sans jamais rompre le charme, même si les trois quarts du temps Johnsson et son compère lead Niemann se limitent aux grosses rythmiques. Saluons enfin les deux bonus-tracks, la reprise de Scorpion, « Crying Days », et celle déjà plus originale d’ABBA, « Summernight City », vraiment sympathiques et originales, puisqu’elles s’inscrivent dans le même délire que le reste de l’album, avec chanteurs et instruments classiques (le hautbois, une fois encore, est terrible sur « Summernight City »). Ce dernier titre ne manquera pas de figurer sur l’indispensable « Live In Midgard », avec raison ! 

En un mot comme en cent, « Secret of the Runes » est vraiment, vraiment bon. Christofer Johnsson a intégré le concept de la mythologie scandinave (ne manquez pas de lire le livret pour comprendre l’origine des noms de morceaux) à sa formule symphonique de la façon la plus efficace qui soit, et signe par la même occasion son album le plus homogène et le plus abouti. N’importe quel métalleux pas trop bouché est en mesure d’apprécier sa fraîcheur et son originalité, même si l’on est comme moi hermétique au heavy metal moderne. A mon sens le meilleur album de Therion, un (léger) cran au-dessus de « Theli » et de « Vovin ».

 

16/20

 

Bigduff (Juin 2004)

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