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Pour
beaucoup Therapy? reste et restera le groupe au succès éphémère
du milieu des années 90 avec deux albums qui ont fait le tour de la
Planète: Troublegum (1994) et Infernal Love (1995). Avec des
morceaux comme Nowhere, Screamager, leur reprise au violoncelle de Diane (Husker
Dü) et Die Laughing, le trio irlandais aurait pu disparaître de la
circulation suite aux échecs de ses albums suivants. Pourtant,
Therapy? a su rester motivé et, après avoir touché le haut des
charts puis frôlé les bas-fonds de l'oubli, semble avoir trouvé
depuis quelques albums une certaine stabilité.
One Cure Fits All, onzième album du
groupe et produit par Pedro Ferriera (Permission To Land de The
Darkness), ne cherche pas spécialement à donner dans l'originalité. Après
quinze ans passés à jouer du rock énergique teinté de punk et
d'indie, Therapy? a défini un son et s'y tient. Il est agréable de
constater qu'après avoir autant écrit, le trio parvient encore à
avoir la niaque et un sens aiguisé de la mélodie dans les riffs et
dans les lignes vocales (Deluded Son, Our White Noise, Heart Beat
Hits). Deluded Son, Unconsoled, Walk Through Darkness et Rain Hits Concrete nous ramènent dix ans en arrière
en pleine contre-vague grunge tout en montrant un groupe plus mûr
que jamais et un Andy Cairns utilisant tout le spectre de sa belle
voix, extrêmement travaillée depuis les débuts de Therapy?. Cela est particulièrement vrai pour Rain Hits
Concrete qui marie un riff et une ambiance typiques des premiers
albums avec un refrain entêtant comme ceux des derniers opus.
Du côté
des surprises, on notera en premier lieu l'ouvreur, Sprung, dont le
riff sonne à s'y méprendre comme du Muse. Le jeu de basse de Michael
McKeegan fait d'ailleurs souvent penser à cet autre célèbre
trio tant il est mis en avant et insuffle aux chansons un groove
propice aux déhanchements en concert. One Cure Fits All comporte à
ce titre de nombreuses perles qui devraient faire fureur parmi les
quelques hits du groupe. Fortement axées sur des refrains catchy,
elles sonnent comme du Therapy? traditionnel sans pour autant donner
l'impression d'être une resucée de leur répertoire. La fin de
l'album illustre très bien cela avec des morceaux tels que Heart
Beat Hits ou Walk Through Darkness.
Mais alors qu'est-ce qui
cloche sur One Cure Fits All? En fait, pour chaque morceau réussi
il y a un qui sert de remplissage. Lose It All, Into The Light ou
Dopamine, Seratonin, Adrenaline sont des titres tellement
anecdotiques qu'il ne valent guère la peine de les transférer sur
son balladeur MP3. Mettons ça sur le compte du prix à payer pour
le rythme soutenu de sorties d'albums studio depuis les débuts du
groupe en 1991. One Cure Fits All, à l'image de la carrière de ce
groupe maudit, comporte le meilleur comme le pire et ne devrait pas
spécialement influencer votre opinion sûrement déjà tranchée
vis-à-vis de Therapy?.
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