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THEATRE OF TRAGEDY
Storm (2006)
 
 

 
 
 

LINE UP :
Nell Sigland (chant)
Raymond I. Rohonyi (chant+claviers)
Lorentz Aspen (claviers)
Hein Frode Hansen (batterie)
Frank Claussen (guitare)
Vegard K. Thorsen (guitare)
 

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CHANSONS QUI TUENT :
Begin And End
Disintegration
Storm

CHRONIQUEUR :
Beren
(Avril 2006)
 

NOTE :
11.5 / 20
 
 
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Storm est enfin sorti, il était temps. Les amateurs du mythique groupe norvégien Theatre Of Tragedy, écrivain des plus belles pages du metal à chant féminin (Aégis et Velvet Darkness They Fear en tête) depuis ses débuts, a connu, ces dernières années, quelques remous dignes d'un grand huit américain et l'on ne croyait plus, à vrai dire, à la sortie d'un nouvel album. Bon, je ne vais pas reprendre le feuilleton Liv Kristine, dont tout le monde se fout royalement (sauf votre serviteur) depuis qu'elle est partie naviguer sur des eaux plus paisibles avec Leaves' Eyes. Sa remplaçante a mis du temps avant de pointer le bout de son sympathique brin de voix: Nell Sigland, nouvelle préposée au siège éjectable, a néanmoins contracté une assurance-vie, puisqu'elle continue de chanter au sein de The Crest, qui officie dans la même veine.

En fin de compte, l'attente aura été longue avant qu'un produit de cette nouvelle association ne voie le jour, puisque plus deux ans se sont écoulés depuis l'intégration officielle de Nell Sigland parmi les poilus mâles de Theatre Of Tragedy. Rassurez-vous tout de suite, j'arrête d'entretenir vicieusement le suspense, ce n'est pas Storm qui va révolutionner un style musical en complète perte de vitesse. Comment désormais ne pas éviter la redite? Tout a presque été dit, en fait. Oui, Storm marque un retour aux "sources" pour Theatre Of Tragedy: il est un parfait mélange de l'ambiance d'Aégis (1998) et de la période Musique (2000)/Assembly (2002). Les détracteurs de la période metallique et ceux de la période éléctronique vont pouvoir gentiment se mettre sur la gueule, car Storm ne va pas les réconcilier: le cul entre deux chaises, ce nouvel album ne parvient pas à retrouver l'élégance fragile ni la froideur classieuse des premiers opus (à défaut du style), sauf sur les trois morceaux de fin de parcours ("Exile", le splendide "Disintegration" et "Debris"), lueurs dans une tempête de banalité confondante.

Bien que le chant de Nell Sigland soit chaleureux, enveloppant et très semblable au timbre si typique de Liv Kristine - le groupe n'a pas pris de gros risques en la recrutant - et que les refrains soient souvent particulièrement réussis (mention très bien à "Storm", "Begin And End", qui vous rentrent dans la tête sans prévenir), Storm est un disque parfois bien fade et surtout sans aucune véritable originalité. Les claviers de Lorentz Aspen sont l'extrême point positif de ce disque, car le monsieur parvient souvent à distiller une atmosphère mélancolique incroyable avec deux notes, mais les pauvres riffs de guitare se perdent dans une production trop aseptisée pour signer un retour gagnant.

Bref, l'électronique des deux précédents albums surnage, mais on sent que Theatre Of Tragedy n'a voulu ni choquer en prenant un virage musical dangereux (pas de retour de chant death, mais les vocaux-vocodés chiantissimes de Rohonyi n'ont pas disparu non plus), ni fâcher les fans de la première heure, qui retrouveront ici (un peu) du style Theatre Of Tragedy, sans pour autant éclater de joie. Un retour en demi-teinte, calibré pour tâter le public: rien de véritablement nouveau sous le soleil. On espérera juste que le prochain album, s'il y en a un, sortira de ces sentiers bien trop balisés. Lassant.

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