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THE TELEVISION PERSONALITIES
My Dark Places (2006)
 

 
 
 

LINE UP :
Daniel Treacy (chant+guitare+claviers)
Ed Ball (basse)
Victoria Yeulet (choeurs)
Mathew Sawyer (batterie)
 
 
 

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CHANSONS QUI TUENT :
Ex-Girlfriend Club
You Kept Me Waiting Too Long
 

CHRONIQUEUR :
[MaelströM]
(Avril 2006)
 

NOTE :
07 / 20
 
 
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A en croire les puristes, the Television Personalities est une sorte de monument éternellement underground, ce genre de groupes que les masses bêlantes ne pourront jamais comprendre et qui l’acceptent parfaitement, car ce sont de vrais artistes. The Television Personalities (TVP pour les intimes) a suivi une carrière en dents d’indépendantiste écossais, subjuguant les trois junkies du bar et ennuyant (voir irritant) tout le reste de la salle. Alors qu’on avait pratiquement plus aucune nouvelle de sa tête pensante, Dan Treacy, le groupe revient en 2006 avec un nouvel album, My Dark Places.

Comprendre la musique exercée par TVP est un sacré exercice, surtout pour quelqu’un comme moi qui (je l’avoue), ne connaissait rien du groupe avant d’entendre cette « chose ». Imaginez-vous un mélange mod-cabaret-freakbeat arrosé de ce qu’il faut de jazz et de chansons (au sens noble du terme), donnez-lui une construction avant tout rythmique, touillez quelques mesures du Velvet Underground ou de Lydia Lunch et ajoutez une bonne pincée de Nick (une dose de Drake pour une dose de Cave). Vous obtenez une potion miraculeuse, un truc avec une identité très profonde mais un manque de cohérence incontournable. Largement arrosé d’un des pires chanteurs que la terre ait portée (au niveau purement technique, entendons-nous bien), on ne peut pas dire que la mayonnaise prenne. Ou en tout cas pas du premier coup.

C’est d’autant plus énervant que certains morceaux passent largement le cap du « bizarre mais intéressant », avec en première ligne un Ex-Girlfriend Club extrêmement inspiré, construit comme une progression morbide ou Treacy se révèle excellent storyteller, l’apport du piano et des percussions n’ont rien à envier à Nick Cave ou Gainsbourg dans ce registre. Mais malheureusement, les choses retombent toujours, et quand Knock It All Down tente la même formule en fin d’album, on est retombé depuis déjà une dizaine de titres. Le thème du gâchis est récurrent chez cet homme; nous le prouve un All the Young Children On Crack qui part d’une bonne idée mais sombre vite dans l’exercice roupillon, les instruments semblent aussi motivés qu’un aï durant l’heure de la sieste, et le bâillement contamine vite l’auditeur…

Pareillement, les morceaux pop-rock sont assez banals, Velvet Underground ou My Dark Places s’écoutent sans pour autant marquer; et parfois cela devient même franchement laid, comme chez She Can Stop Traffic qui voit Treacy perdre carrément le rythme; ou chez Special Chair, où sa copine de gémissements, Victoria Yeulet, tente par tous les moyens d’enlaidir au maximum un morceau qui démarre plutôt correctement. Pourquoi tenter de formuler de telles horreurs pratiques quand la sauce simplissime de You Kept Me Waiting Too Long (boîte à rythme et basse en fuzz) fait mouche? Probablement qu’être écoutable n’est pas assez « artistique » pour le public de TVP. S’il y avait une chose à sauver, ce serait certainement la plume de Treacy qui, sans être l’admirable poète qu’on voudrait bien nous fourguer, reste un écrivain inspiré, ce qu’il faut d’halluciné, avec une personnalité et une identité qu’on ne peut par contre pas remettre en cause.

A réécouter My Dark Places, un vilain sentiment de frustration se fait sentir, car le meilleur côtoie tellement le pire qu’on ne peut s’empêcher de se demander ce que cela aurait été si une force supplémentaire avait été donnée pour la forme. Le fond (textes, ambiance) est très riche, et il est bête de se retrouver à donner un aussi mauvais jugement parce que la forme (la musique) ne suit définitivement pas. Les bonnes idées ne font pas la bonne musique, l’harmonie est toute aussi importante que le reste, et il ne suffit pas d’être un héros/visionnaire/psychopathe pour composer quelque chose de brillant. Il faut aussi avoir le sens de la demi-mesure. Un disque raté par pêché d’orgueil. Vraiment dommage…

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