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Entre
la parution du médiocre The World That We Drive Through et ce
nouveau opus, A Place In The Queue, The Tangent a perdu un membre
important en la personne de Roine Stolt, trop occupé avec tous ses
projets musicaux. Et bien on peut dire que cela aura été une bonne
chose car ce troisième album du groupe renoue avec le style qui
avait fait de The Music That Died Alone une sacrée réussite. Plus
construit, moins improvisé, plus progressif, un peu moins
influencé par le jazz et doté de quelques mélodies planantes
très plaisantes, il n'a affiche plus la vanité qui caractérisait
le précédent disque. Andy Tillison a appris de ses erreurs et ce
pour le bien de tous.
Pourtant en regardant la jacquette arrière, on craint
que The Tangent retombe dans ses pires travers. "Un double
album sur un seul CD" peut-on y lire. Il est vrai qu'avec ses
septante-neuf minutes, A Place In The Queue ne vise pas la concision
et continue dans la lignée d'albums longs auxquels participe
l'excellent bassiste Jonas Reingold. Mais comme le disent les
pygmées du Pays de Caux (le peuple le plus prog' encore en
existence, faut-il le rappeler?): "Mieux vaut un long album
pas trop pourri qu'un long album tout pourri (comme les films de
Christophe Lambert)". C'est parfaitement conscient de cela
qu'Andy Tillison s'est mis au travail pour livrer un album à
InsideOut, label allemand ayant la dure tâche de promouvoir une
nouvelle sortie de la famille des Flower Kings tous les trois mois!
On retrouve avec intérêt Theo Travis, qui avait remplacé David Jackson sur
The World That We Drive Through, au saxophone et aux flûtes (Follow
Your Leaders, A Place In The Queue etc). Il apporte un vent de
fraîcheur à des compositions lorgnant finalement plus vers une
version fusion de Yes que des Flower Kings. Chose incroyable: The
Tangent signe également un morceau rock très direct, The Sun In My
Eyes, peut-être pas la plus grosse réussite de l'album mais qui a
le mérite de montrer que le groupe ne souhaite pas s'enfermer dans
des clichés douteux. En prenant plus de risques, sans perdre de vue
ce qui constitue ses forces, The Tangent reprend du poil de la
bête.
Quelques longueurs, en particulier sur le morceau-titre,
viennent tout de même entamer l'enthousiasme provoqué par les
compositions rondement menées du début d'album. Toutefois, la mise
au placard des éléments un peu trop démonstratifs a fait beaucoup
de bien au groupe d'Andy Tillison. L'achat d'A Place In The Queue
est donc tout à fait conseillé à quiconque apprécie autant les
ambiances du néo-prog que les envolées délirantes du rock
seventies et sachant se montrer indulgent envers les remplissages à
la Flower Kings. Si vous vous retrouvez dans ce profil, A Place In
The Queue pourrait bien être votre coup de coeur de ce début
d'année.
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