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THE SWORD Age Of Winters (2006) |
LINE UP : JD Cronise (guitare+chant) Kyle Shutt (guitare) Bryan Richie (basse) Trivett Wingo (batterie) |
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CHANSONS QUI TUENT : Freya Lament For The Aurochs |
CHRONIQUEUR : Aliocha Klodovitch (Mai 2006) |
NOTE : 12.5 / 20 |
Le phénomène The Sword est un peu un mystère. Comment est-ce que ce jeune groupe - trois années d'existence et deux petites démos au compteur - a su attirer l'attention des zines ne s'intéressant pas particulièrement au metal et provoquer un petit buzz, du moins outre-atlantique ? C'est d'autant plus mystérieux sachant que les riffs que nous propose Age Of Winters ne sont pas vraiment de première fraîcheur, s'appuyant sur une base stoner/doom dont on semble avoir depuis longtemps fait le tour... À priori, la réponse la plus convaincante que peut vous fournir votre fidèle serviteur est : « j'en sais rien ». Mais une analyse un peu plus poussée permet quand même de déceler quelques débuts de réponses...
Tout d'abord, le groupe arrive à brouiller assez efficacement les pistes, ne serait-ce que d'un point de vue visuel, ne laissant pas transparaître grand-chose de son obédience, du moins au premier abord. S'ils avaient choisi un nom comme « Space Skunk Smokers » et opté pour une pochette rappelant une image de kaléidoscope vue sous acide, n'importe quel quidam aurait pu dire : « tiens, un groupe de stoner ». De même, s'ils avaient intitulé leur opus « Mournful Sorrow Of Despair » et passé en revue tous les clichés du genre avec des titres du genre « Solitude Of Funeral Crying », personne n'aurait été dupe. Au lieu de cela, The Sword opte pour une imagerie et des thèmes inspirés par la mythologie, avec une pochette représentant une guerrière sur fond de miniatures moyenâgeuses. Il n'y a guère que le logo avec sa couleur et sa typographie caractéristique pour nous mettre sur la bonne piste.
Côté musique, on est un peu dans le même schéma : imaginez-vous un Orange Goblin ayant troqué son calumet de la paix contre une hache de guerre. Des riffs de guitare à la production bien grasse très axés sur l'aspect groovy, mais souvent doté d'un soupçon d'agressivité, voire carrément thrash dans l'esprit (Iron Swan), ou abrasifs, lorgnant vers le sludge (Celestial Crown/Barael's Blade). Mais abstraction faite de ces petites touches personnelles, on se retrouve en terrain bien connu : des compositions par moments très proches de l'esprit Black Sabbath (particulièrement Winter Wolves), un chant nasillard recouvert de moult couches d'effets, des solo bluesy, quelques interludes acoustiques planants, et les passages plombés de rigueur.
Mais à défaut d'être extrêmement original, le groupe sait se faire efficace. Pas tout le temps, mais sur les compositions les plus réussies, tout amateur du genre devrait se prêter au jeu du hochement de tête en rythme, malgré l'impression de déjà-entendu. Si quelques titres plutôt quelconques comme The Horned Goddess ou Ebethron n'arrivent pas à susciter de très vives émotions, Lament For The Aurochs vaut presque l'investissement à lui tout seul. Changements d'atmosphère, riffs gargantuesques, une composition recherchée, un solo à la Iommi et un déluge de cymbales, tout ce qu'il faut pour faire le bonheur du fan de stoner/doom. Le reste, sans être foncièrement mauvais, pâlit en comparaison de cette pièce maîtresse. On attend donc avec curiosité le prochain album, en espérant qu'il sera plus homogène, et que le groupe se débarrassera un peu plus des clichés non seulement sur la forme, mais aussi sur le fond.

