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La nouvelle de Gaston
Leroux Le Fantôme De L’Opéra a décidément inspiré un grand
nombre de musiciens, y compris en metal (Iron Maiden, Iced Earth,
Nightwish, etc). Pour l’heure, il s’agit de la Bande Originale
de la récente adaptation cinématographique de l’œuvre, dirigée
par Joel Schumacher; une comédie musicale fidèle à l’ambiance
du récit originel, aux costumes chatoyants et au casting
impressionnant. Ce disque s’adresse aux plus ouverts d’esprit
d’entre vous, puisqu’il ne reprend ni plus ni moins que les thèmes
mi-pop mi-opéra composés pour l’adaptation scénique du livre.
Le responsable? Bien évidemment le grand Andrew Lloyd Weber,
qui signe déjà entre autres le célèbre Jesus Christ Superstar.
Cette
B.O. nous plonge dans l’ambiance magique de l’Opéra de Paris du
XIXème siècle, et donne vie à cette jolie histoire d’amour
impossible. Les vocalistes impliqués dans l’affaire sont tous de
grands professionnels, et l’on y retrouve de grands chanteurs et
chanteuses lyriques aussi bien que de « simples »
chanteurs pop; parmi lesquels brille particulièrement
la belle Emmy Rossum, la Christine de l’histoire, au timbre
magnifiquement envoûtant et à l’aise dans les deux registres. Le
disque s’ouvre sur le fameux thème du Fantôme de l’Opéra,
avec son orgue flippant, en version instrumentale et orchestrée,
mais néanmoins assez orientée rock par la présence de la
batterie. Monumentale introduction, qui annonce un « Think Of
Me » des plus torturés, symbole de la relation ambiguë entre
Christine et son prétendant Raoul. Piano, vents, cuivres et violons
parsèment les pièces de la comédie musicale, pas si évidente que
ça musicalement; Andrew Lloyd Weber a profité de
l’occasion qui se présentait pour revoir sa copie et
perfectionner ses compositions. Le résultat frise souvent le
somptueux, notamment grâce à un orchestre grandiloquent.
Mais
curieusement, ce sont les moments intimistes qui sont le plus
souvent privilégiés. « Angel Of Music » et « The
Mirror » suivent tous deux une mélodie tristounette, harpes
à l’appui, qui offre une première approche de la personnalité
d’Erick le « fantôme »; avant que celui-ci
n’entame avec Christine LE chef-d’œuvre, plus poppy celui-là,
« The Phantom Of The Opera » la chanson-titre, sombre et
mélodique, que vous connaissez tous, où Emmy Rossum en ferait
presque oublier l’interprète originelle Sarah Brightman. Ce
splendide morceau retrouve ici une seconde jeunesse. On a même
droit à un petit lead de gratte électrique sur le mouvement
final… Nostalgie. « Prima Donna » et sa conclusion
magnifique à plusieurs voix met bien en valeur les ténors et
les sopranos, pour le côté comédie musicale de la B.O., rejoint
dans cet esprit par un sublime « Masquerade » qui fait
intervenir au rythme des tambours énervés tous les protagonistes
pour un refrain inoubliable.
On
ressent ensuite avec Christine le désespoir de son « Wishing
You Were Somehow Here Again », puis avec le fantôme la
solitude et la tension au son de « The Point Of No Return »…
Une pléiade d’émotions inonde le disque de toutes parts, avant
les multiples et éclectiques mouvements du long medley « Down
Once More / Track Down This Murderer », qui prend l’allure
de dialogue chanté, du plus bel effet, même si la voix
pseudo-agressive du fantôme, censée symboliser sa détresse et sa
folie, n’est pas pleinement convaincante. Fort de cette richesse
d’émotions, le disque s’achève sur « Learn To Be Lonely »,
une ballade dispensable car un peu niaise. Mais ne gâchons pas
notre plaisir; Andrew Lloyd Weber signe de grandes
compositions, dont l’esprit, au final, n’est pas tellement éloigné
du rock. Celles et ceux qui n’en veulent pas à leur
professeur de musique du collège d’avoir tenté de les initier à
la « grande » musique, à l’opéra, peuvent essayer;
la transition est idéale. Pour les autres, un peu de diversité
n’a jamais fait de mal…
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