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The
Mob. Il y avait de quoi être méfiant envers cette réunion de
seconds couteaux du hard rock. Encore un "super groupe" crée
de toute pièce par le label Frontiers Records, on se demandait bien
ce que ça pouvait donner. Et surtout, ce qu'un gars comme Doug
Pinnick pouvait aller faire là dedans. Avant toute chose, il vaut
mieux préciser que le guitariste Reb Beach (Winger,
Whitesnake) est le leader du projet; Doug Pinnick
est juste un simple exécutant. Donc, rien à voir avec King's
X, c'est du hard rock 80 pur jus, avec (hélas) le formatage
habituel amené par les productions Frontiers Records. Car oui,
niveau production, on sent un peu trop leur patte, comme
c'est le cas sur bon nombre des albums qui sortent sur ce label. Si
comparaison il devait y avoir avec King's X, ce serait au niveau des
quatre premiers albums du trio, car la production typée 80's de The Mob s'en
rapproche évidemment. Ca s'arrête là.
A l'origine, Reb Beach avait déjà tout composé
tout seul, et ce n'est qu'après qu'il a cherché des musiciens pour
l'accompagner. Et comme Winger avait déjà tourné avec King's X,
Reb Beach s'est dit que son pote Doug Pinnick devrait
faire l'affaire. Bien lui en a pris, Doug Pinnick est un
"dieu" et prouve sa flexibilité à chanter dans un
registre qui n'est d'habitude pas le sien. Je dirais même que l'intérêt
de l'album repose grandement sur les vocalises du père Doug , à
croire qu'il transforme tout ce qu'il touche en or (ou presque).
Avec un autre chanteur, dans un style hard rock américain,
je ne suis pas sûr qu'on aurait autant apprécié l'album.
Reb Beach n'est pas un guitariste
exceptionnel, il n'a pas un jeu très personnel non plus. Et vas-y
que je t'en mets plein la vue pendant trente secondes quand je fais un
solo, et vas-y que je te place une petite descente lors du refrain
à la fin du morceau! Bref, il regroupe tous les clichés des
années 80. Heureusement, c'est un bon compositeur. L'album ne dure
que quarante-trois minutes, et ce n'est pas plus mal vu que la recette déployée
est toujours la même: des mid-tempos assez enlevés, des refrains
accrocheurs et directs et des claviers "FM" très
discrets. Si l'album avait été plus long, on aurait fini par
s'ennuyer. Pour les choeurs, ça se rapproche plus de Mr. Big que
d'Europe, donc ça reste assez musclé. Doug Pinnick n'étant pas du
genre à beugler sur tout un album, l'ensemble reste très mélodique
tout en étant efficace (un des points forts du disque). Doug
se permet tout de même à une ou deux reprises des vocalises
aiguës, comme il avait essayé de le faire sur sa reprise foireuse de
Van Halen (Light Up The Sky), avec Yngwie Malmsteen et Billy
Sheehan.
A part cela, deux ballades et deux instrumentaux
viennent varier un peu la sauce. Pour les instrumentaux, c'est du sous-Satriani! Le
premier (Guitar Solo) dure une minute vingt et rappelle carrément ce
que le Satch faisait sur l'album patchwork Flying In A Blue Dream,
avec les instrus très courts, propice à l'utilisation de
techniques diverses et variées (très ennuyeux donc)! Sauf que Joe
Satriani lui-même a cessé depuis belle lurette de faire ce genre
de morceaux, qui n'avaient de l'intérêt que dans les années
80, quand les guitar-heros représentaient l'attraction du moment. Le
second instrumental (Spaghetti Western): du hard rock instrumental
typique de Joe Satriani là encore, tout à fait dans le style
"Highway 666 Forever", BO de Hartley Coeurs A Vif, Auto Moto et j'en passe. Aucun intérêt. Pour les
deux ballades, The Magic est chanté par le batteur Kelly Keagy (Night Ranger), il s'en
sort bien. Et l'autre (I Want To Live Forever) est acoustique et
bien sympa, chanté par Doug. On sent toutefois un léger décalage
entre chant et musique, comme si le Doug était trop
"bien" pour se rabaisser à ce style.
Un album qui ne restera pas dans les
annales, mais qui s'écoute d'une traite, sans prise de tête. Une
fois de temps en temps, en prenant la bagnole, ça fera toujours du
bien par où ça passe. Et puis, ça permet de nous retrouver encore
une fois en agréable compagnie avec Doug Pinnick en lead vocals. C'est toujours ça de pris!
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