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THE MAGIC NUMBERS
THOSE THE BROKES (2006)
LINE UP :
Romeo Stodart (guitare+chant+piano)
Michele Stodart (basse+chœurs+...)
Angela Gannon (claviers+chœurs+...)
Sean Gannon (batterie)
The Magic Numbers - Those The Brokes
CHANSONS QUI TUENT :
You Never Had It
Take A Chance
Carl's Song
CHRONIQUEUR :
Flower King
(Janvier 2007)
NOTE :
12 / 20

Et si l’exception culturelle française, c’était aussi de plébisciter des groupes anglo-saxons dont tout le Royaume-Uni ou presque se fout (Placebo, quelqu’un ?) tandis que d’autres ayant triomphé sur la perfide Albion semblent être persona non grata au pays des Tribal King ? Les Magic Numbers font partie de la seconde catégorie, et vu l’exposition médiatique démentielle (on ne rit pas) dont a profité le second album en France, on se dit que ce n’est pas près de changer. Mais que ratons-nous exactement ?

Emmenés par le principal compositeur Romeo Stodart, les Magic Numbers sont une double fratrie affectionnant les mélodies léchées et les harmonies vocales, sans pour autant faire dans la chamber pop : le matériel est aussi pensé pour des prestations scéniques accrocheuses et s’appuie donc majoritairement sur la formule guitare/batterie/basse, certaine de ne jamais décevoir. Les claviers sont finalement assez discrets et jouent le rôle de complément agréable. On retrouve malgré tout un ensemble de cordes sur deux titres, pour des résultats très différents : si Boy est une magnifique piécette pop, toute en demi-mesures et justesse de ton, la ballade Take Me Or Leave Me est chiante comme la pluie, malgré la voix touchante de Michele qui fait ce qu’elle peut pour nous sortir d’une torpeur désagréable.

Cet antagonisme entre réussites heureuses et odes à l’ennui est malheureusement présent tout au long du disque, et la frontière entre les deux est parfois ténue, simplement parce que la bande à Stodart prend parfois trop de plaisir à rallonger la sauce. Undecided a un feeling soul très bien senti, et Angela chante ici merveilleusement bien, mais ses six minutes sont injustifiées. Même reproche pour Slow Down, quasi-berceuse qui se justifierait en fin d’album mais ne provoque ici qu’indifférence polie. On arrive ici à 65 minutes de musique qui auraient pu facilement être élaguées à trois quarts d’heure, pour un plaisir d’écoute plus grand. Dans le cas présent, difficile de ne pas décrocher complètement à l’avant-dernier morceau (All I See), un autre downtempo qui ne laisse absolument aucune trace.

Ceci est d’autant plus dommage que le groupe fait preuve d’une réelle science du morceau court et énergique. Situés en début d’album, You Never Had It et Take A Chance ont tout pour plaire : la mélodie habile et mémorable, le son clair et rond, et toutes ces petites trouvailles qui font les bons titres, comme cette ligne de basse sur le pré-refrain de Take A Chance. Une autre pépite est l’atypique Carl’s Song (en hommage à Carl Wilson) qui rappelle en effet le raffinement extrême et la complexité d’écriture des Beach Boys dans ce qu’ils avaient de plus pop. Il y avait donc là les moyens de faire une excellente œuvre, eût-on pris le soin de laisser les choses plus dispensables de côté. Ce sera donc à l’auditeur de faire le tri, ce qui, même à l’ère d’iTunes et consorts, est plutôt incommodant.

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