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Le
thrash metal finlandais n'a pas spécialement bonne réputation et
ce ne devrait pas changer avec Regression, le premier album des
newbies de The Machete. Certes l'esprit de la bay area est bien là
mais à l'écoute de Regression on a systématiquement l'impression
d'entendre un groupe d'étudiants délirer sur des morceaux
parodiques sans saisir la notion de musicalité qui caractérisait
malgré tout les grands groupes du thrash des années 80. Et alors même qu'on
aurait pu croire que The Machete incorpore ses influences
scandinaves, tout tombe à plat au même moment où on se meure d'ennui...
Les riffs et les sons gras façon stoner ne sont pas
originaux quand on sait que de nombreux groupes de thrash US
modernes ont bâti leur succès sur cette caractéristique. The
Machete a donc semble-t-il voulu copier les meilleures références
mais sans jamais parvenir à proposer quelque chose de juste. Les
riffs sont tellement évidents que le terme même de riff semble
usurpé. Comble d'horreur, aucun titre ne donne vraiment envie de se
démener sur le fond de hargne ambiant. Là encore, The Machete fait
dans la copie ratée.
C'est tout juste si le groupe sort la tête de l'eau
sur les quelques morceaux de moins de trois minutes qui abrégent
nos souffrances et parviennent à capter une certaine notion
d'énergie. Mais cela est bien peu au regard du mal accompli par les
quatre Finlandais. Jamais au cours de Regression, on ne peux poser
l'oreille sur un break accrocheur, sur un refrain qui dépote, sur
un solo qui s'envole et n'en finit plus de shredder, sur un couplet
vindicatif etc. Et cela, je le rappelle, se veut thrash. Ecouter
Regression est comme écouter un disque de black sans chant black,
sans blast beat, sans atmosphère morbide, sans tout ce qu'on
recherche dans un style donné. Et comme The Machete ne semble pas
vouloir dévier d'autre chose que sa musique infâme, inutile de
préciser que dans ces conditions le but recherché n'est pas du
tout atteint faute d'idées et de moyens.
Seul le dernier morceau laisse entrevoir une composition plus
"complexe" avec des -tenez vous bien- arpèges de guitare. Mais c'est
en définitive encore plus risible que le reste... Nul ne peut s'aventurer à dire si le groupe
progressera à l'avenir mais en l'état actuel des choses, il est
prêt à rester anonyme un bon bout de temps. Espérons qu'à
l'avenir le groupe ne choisira pas un titre d'album qui illustre
(malheureusement) si bien son oeuvre, autrement ça ira directement
à la poubelle...
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