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Et voici venir le
temps de The Herbaliser avec « Blow Your Headphones »…
Production qui correspond au deuxième album du groupe signé chez
Ninja Tune en 1997, et qui fait suite à « Remedies »
premier album datant de 1995 où le ton oscillait entre jazz et
groove puissant. Les deux compères, à l’origine de ces ouvrages
largement influencés par le hip-hop, sont anglais (de Twickenham)
et se nomment Jake Wherry et Ollie Teeba. Leur travail délivre des
pistes essentiellement instrumentales où le hip-hop, donc, se fond
parfaitement avec un jazz épuré.
Le
label anglais Ninja Tune compte à l’heure actuelle un nombre
impressionnant d’artistes et DJs éclectiques… Parmi ce cheptel,
The Herbaliser tiennent une place de choix à coté des Cinematic
Orchestra, Mr. Scruff, ou bien encore Amon Tobin, et cela fait dix
ans que ça dure! En laissant dérouler la première plage « Opening
Credits » le ton est directement annoncé: hip-hop, hip-hop
baby! Beat pesant, nappe atmosphérique et scratch se croise et
finisse par s’entrelacer en douceur. Quel régal pour les amateurs
de hip-hop! Les mêmes ingrédients réapparaissent d’ailleurs un
peu plus loin, avec « Another Mother », où un zest
d’abstraction a été ajouté… Nous pénétrons alors dans le
domaine de l’abstract hip-hop.
La
marche se poursuit et le mouvement engagé s’amplifie: écoutez
« Ginger Jumps The Fence »… Les furtifs bruitages démontrent
ici tout le réalisme dont sait faire preuve le hip-hop dit "abstrait".
Au cours de cette production, nous assistons à un subtil enchaînement
entre plages instrumentales et beats relativement lourds; vous
comprendrez lorsque vous tomberez sous l’emprise de « Put It
On Tape », une plage très "peace", un beat coulant
et une mélodie des plus langoureuses… Un sentiment
quasi-d’extase! Dans un autre style: « Saturday Night »,
et ses deux rappeurs Fabian & Big Ted au ton décidé, développe
une rythmique tranquille, influence jazzy et soul à souhait.
Retenons
enfin, l’influence de la talentueuse chanteuse What What qui, pour
sa part, s’appuie sur des spoken words des plus accrocheurs lors
de plages telles que « The Blend », « New +
Improved » et surtout « Bring It ». Ni vraiment chanté,
ni vraiment récité, chaque parole vient nous percuter un peu plus,
voici les spoken words made in England, mesdames et messieurs!
Il faut, en effet, reconnaître à ce style particulier une force de
persuasion impressionnante, où les limites de la poésie rejoignent
celle du rap!
En
somme, nous avons ici à faire à l’un des tous meilleurs albums
d’hip-hop/électro.
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