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The Gathering à Lille... Un cadeau inespéré pour les fans français (ainsi que les fans belges et néerlandais, grâce à la situation géographique de Lille) en cette fin de tournée "Sleepy Buildings". Eh oui, Lille est leur dernière date! Ce qui, sur le papier, pouvait promettre de belles choses... Bon, le Splendid de Lille n'est pas une très grande salle, mais l'acoustique y est d'ordinaire excellente. Bref, tout était théoriquement réuni, pour que ce 26 Mars 2004 soit une belle et grande démonstration de l'immense talent de ce groupe.
20H15: la salle est aux
trois-quarts remplie. Os'moz (un groupe originaire d'Amiens) a la lourde et
difficile tâche d'assurer la première partie du concert. Avec leur
"rock expressif", ils lâchent une setlist de six titres plus ou moins
réussis. Le groupe, sur le premier titre fut assez frileux, certainement
stressé (et on les comprend aisément) mais sincère et honnête. La musique
qu'ils jouent n'est pas transcendante (sauf sur le dernier titre, gonflé et
entraînant), mais la réaction globale du public lillois est plutôt
chaleureuse. Encouragés et chauffés à bloc, ils ont décliné leur musique
en toute franchise, même si la chanteuse (dont la voix est assez écorchée)
et surtout le bassiste (qui se prend tellement au jeu qu'il devient, en
l'espace de quelques minutes, le clone de Robert Trujillo!) ont font parfois
des tonnes. Leur prestation, au final, fut somme toute agréable mais assez
oubliable; mais leur plus grand mérite fut certainement d'avoir assuré cette
première partie... Car il est vrai que tout le monde attend The
Gathering!
Un petit temps mort nous permet d'apprécier l'ensemble de la salle, qui finit
par être quasiment comble. Le groupe hollandais attire les foules et cela se
voit! Foule assez hétérogène par ailleurs, qui permet de confirmer
rapidement le fait que The Gathering possède un panel de fans assez large:
jeunes, moins jeunes, tous sont là pour le groupe, dont, on l'a déjà
dit, c'est l'ultime date de cette tournée semi-acoustique. On espère tous,
votre serviteur en premier, que ce gig sera phénoménal.
Puis les lumières s'éteignent, un voile de fumée emplit la scène... Les
musiciens se postent à leurs instruments respectifs... Et arrive en dernier
Anneke, vêtue d'une splendide robe noire, le sourire charmeur. Il faut dire
qu'elle est véritablement...charismatique. Le public est déjà entier
conquis à sa cause et applaudit à tout rompre... Alors même que les premières
notes de "The Big Sleep" n'ont pas encore été jouées!
Visiblement, l'ambiance va être électrique, ce soir. Tout le monde retient
son souffle dès lors que la mélodie, hypnotique et lancinante, de ce premier
morceau sort des enceintes. Le son, bien équilibré, est très bon. Et
surtout, que dire de la voix ainsi que de la présence d'Anneke? Elle décline son répertoire
vocal avec une aisance hallucinante de vérité. C'est LA plus belle voix de
la scène rock et on le vérifie sans crainte ce soir, avec des morceaux tels
que "Red Is A Slow Colour", "Marooned", et un
"Travel" plus que magnifque...
Quant à Marjolein, la nouvelle
bassiste, la question était entière: s'est-elle bien intégrée au groupe?
Apparemment oui. Elle apparut en totale osmose avec le reste du groupe, même
si sa prestation scénique fut assez effacée. L'attention n'est plus
totalement focalisée sur Anneke maintenant. Le charisme du groupe auprès du
public n'en sera qu'accentué... Le reste du groupe est fidèle à son image:
Frank Boeijen, aux claviers, est plus que timide et invisible; Hans Rutten à
la batterie n'en fait pas des tonnes, même si les quelques improvisations de
ce soir le feront sortir de ses rails d'une bien belle manière par la suite;
finalement, René Rutten et sa guitare seront les stars du concert, avec
Anneke... A l'aise, expressif et détendu, il ose et sublime le chant
d'Anneke.
Ahhhhh...Anneke. Elle enchante le public. De plus, la setlist de ce concert
est phénoménale, digne d'un best-of, alors ne boudons pas notre plaisir.
Autant les morceaux plus calmes, tels que "Sleepy Buildings" (un duo
piano/voix enchanteur), "The Big Sleep", "Amity"
(superbe...) et "Broken Glass" sont magnifiques, sublimés,
transcendés par la voix à la fois fragile et puissante de la chanteuse, et
suivis religieusement par un public hypnotisé et respecteux, autant les
morceaux fédérateurs, inoubliables, sont légion: "Eleanor", le temps
fort de ce concert avec "Red Is A Slow Colour" et son final plus énergique
que jamais, témoin de l'envolée majestueuse de la chanteuse, comme sur
"Travel", qui reste sans aucun doute le meilleur morceau joué lors
de ce concert. L'impact sur le public est incroyable, avec ce morceau.
L'osmose est to-tale. De plus, quelques morceaux de "Souvenirs" (un disque apprécié par
le groupe) parsèment une setlist décidément inattaquable. "Even The Spirits
Are Afraid", "Souvenirs"et surtout "Jelena", témoin
d'un final dantesque et émouvant. "Personne ne veut partir, n'est-ce
pas?", lance une Anneke visiblement enchantée de l'accueil inéspéré
du public lillois... Non, personne ne veut partir, encore moins moi. On veut
des rappels!!
Et comme sur la setlist moyenne de la tournée, "These Good People"
(un autre morceau de "Souvenirs") et "Black Light District" sont de la partie. Ce dernier, au choix, horripilera ou
contituera le zénith de ce concert. Rutten partira en vrille pour un solo
instrumental avec les autres musiciens, Anneke y compris, qui prend la guitare
pour l'occasion (elle l'aura plusieurs fois durant le concert),q ui dure et
assomme nos tympans. Non pas parce qu'il est mauvais, bien au contraire, mais
parce que la montée sonore va crescendo jusqu'à saturation des
haut-parleurs! Preuve supplémentaire que ce soir, le concert n'est pas
vraiment acoustique. D'ailleurs, ce live est bien plus énergique que l'on
pouvait supposer. Il fait la part belle aux guitares, à la basse (d'ailleurs,
Marjolein remplace avantageusement - à tous les niveaux ^^ - Geerligs) et à
la batterie tantôt feutrée, tantôt épileptique de Hans Rutten. Le timbre
majestueux d'Anneke fait corps avec sa présence scénique. Elle vit ses
chansons et prend son rôle à coeur. Charmeuse, souriante, séduisante, elle
est le reflet de l'union du groupe et de l'ambiance qui y règne.
The Gathering, ce soir, nous aura de nouveau prouvé qu'il constituait un
groupe intègre, qui vit pour son public. L'ambiance, ce soir, était
fantastique et hypnotisante. Elle était magique. Pour ma part, je me
souviendrai longtemps de ce concert qui fut une franche réussite à tous les
niveaux. Le public ne leur dira jamais assez merci...
Setlist The Gathering
- The Big Sleep
- Red Is A Slow Colour
- Marooned
- Sleepy Buildings
- Saturnine
- Amity
- Souvenirs
- Travel
- Like Fountains
- Eleanor
- Even The Spirits Are Afraid
- Broken Glass
- In Motion II
- Stonegarden
- Jelena
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- These Good People
- Black Light District
Beren
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