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A
Sound Relief joue un triple rôle pour The Gathering. Premièrement,
il marque la fin d'un cycle. En effet, avec l'album Souvenirs, puis
le live Sleepy Buildings, le groupe a expérimenté avec succès des
sonorités calmes, planantes et fleurtant souvent avec le trip hop.
Avec son prochain disque, la formation hollandaise affiche déjà
l'ambition de revenir à quelque chose de nettement plus rock. Cette
production a donc pour objectif de présenter le groupe sur scène
avec des chansons paisibles et dépouillées contrairement à la
prochaine qui mettra l'accent sur l'album à venir ainsi que sur
les morceaux les plus heavy de leur ancien répertoire. Deuxièmement, ce DVD permet de rayer de nos mémoires le
précédent (In Motion) qui avait été sorti sans l'autorisation du
groupe et qui était vraiment à déconseiller. Enfin, A Sound
Relief montre surtout que sans beaucoup de moyens mais avec de la
créativité on peut parvenir à réaliser un produit de très haut
vol.
On pense au Lamentations d'Opeth qui, de la même
façon, sortait sur un label minuscule et qui avait séduit par une
réalisation qu'une infime élite de DVDs musicaux de tout genre
parvenait à atteindre. A Sound Relief n'est pas loin derrière et
ce pour exactement les mêmes raisons. Dès l'intro de The Big Sleep
le ton est donné, tout le concert sera placé sera placé sous le
signe de l'expérimentale quiétude. En alternant images de
synthèse (parfois un peu cheap mais toujours en phase avec la
musique) et plans d'un concert joué dans la magnifique salle du
Paradiso (Amsterdam), The Gathering nous subjugue, nous berce et
nous enchante. Tous les plans se fondent doucement les uns dans les
autres alors que des notes divines se déversent dans nos oreilles.
Le documentaire, passionant, livré en bonus est lui aussi un
exemple de simplicité artistique ainsi que d'humilité par rapport
aux tradionnels reportages backstages qui veulent faire passer des
moins que rien pour des rockstars...
Durant le concert, jamais A Sound
Relief ne tombe le montage "clip" favorable aux crises
hystériques. Et on savoure. On regarde de près les expressions
d'Anneke Van Giersbergen sur qui se focalise le réalisateur la
moitié du temps, le sens de la nuance de Hans Rutten, les
bidouillages incessants de René Rutten, les doigts agiles de Frank
Boeijen et les hochements de tête de Marjolein Kooijman. Chaque
membre a sa personnalité et la façon dont ils nous sont
présentés ici nous les rend immédiatement très sympathiques. Il
faut dire qu'avec la horde de morceaux phénoménaux qu'ils nous
lancent en pleine poire, on a du mal à ne pas prendre notre pied!
En montrant
ces chansons dans leur plus strict appareil, les quelques relances
énergiques n'en sont que plus renversantes (Rescue Me ou Travel).
On voit un groupe en pleine confiance éxécutant en toute
décontraction des morceaux de premier choix, colorés et variés.
Il n'y a finalement que le dernier titre, Herbal Movement, qui nous
fasse redescendre, mais peut-être est-ce voulu afin que le retour
vers la vie réelle soit moins abrupt...
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