>
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
THE FLOWER KINGS
Juin 2006
  
JOURNALISTE :
-the lord
  
INTERVIEW AVEC :
Roine Stolt
Guitariste-
Chanteur
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
 

Roine Stolt, le marathonien du rock progressif, récidive avec un double album des Flower Kings seulement quelques mois après en avoir sorti un pour sa carrière solo. Le guitariste-chanteur ne semble pas perdre en inspiration au fil des années et tant que les fans ne font pas d’indigestion, il aurait tort de se priver. Visite guidée du Paradox Hotel (cliquez ici pour lire la chronique) par le très calme Roine.

 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

-the lord : Le groupe a composé à nouveau un double album, Paradox Hotel. Comment se fait-il que vous sortiez toujours des quantités astronomiques de musique ?

Roine Stolt (guitare+chant) : The Flower Kings est un groupe très créatif. Il faut savoir que je ne suis plus le seul compositeur à bord. En réalité, tout le monde compose à présent y compris notre nouveau batteur Marcus Liliequist. C’est un très bon musicien qui joue de tous les instruments. Néanmoins, ayant tout juste fait un album avec son propre groupe il était un peu à court d’idées pour Paradox Hotel (rires). Toujours est-il qu’une fois que les membres du groupe commencent à travailler ensemble, nous fourmillons d’idées. Ce coup-ci, cela a pris des proportions énormes comme plusieurs fois par le passé. En effet, nous n’en sommes plus à notre premier double album (rires). Ajoutez à cela nos doubles albums live et je pense que nous rentrerons un jour dans le Livre Des Records !

-the lord : Quand on ajoute à votre discographie tous les side projects auxquels des membres des Flower Kings participent activement, on obtient un nouvel album lié au groupe tous les trois ou quatre mois… C’est un rythme pour le moins soutenu ! Ne penses-tu pas par conséquent qu’il serait bon d’être plus sélectif dans les morceaux que vous publiez ?

Roine Stolt : Peut-être mais si certaines personnes pensent que nos albums ne sont pas intéressants, rien ne les empêche de nous ignorer et d’acheter autre chose à la place ! Nous suivons simplement notre instinct. Bien entendu, il est fréquent que des gens nous demandent pourquoi nous n’avons pas fait un très bon album simple plutôt qu’un double un peu moins intense mais le problème est que nous sommes incapables de choisir les meilleures chansons (rires). Nous sortons donc tout et espérons à chaque fois que les gens accrocheront.

-the lord : Est-ce que Paradox Hotel est un album-concept ?

Roine Stolt : Oui et non. Les chansons et les paroles ont été écrites sans se plier à un concept défini à l’avance. En fait, il faut prendre chaque chanson comme des histoires racontées par des personnages fictifs. Chacun de ces personnages se retrouve au sein d’un hôtel et se raconte ses différentes histoires. Voilà le concept principal. En revanche, de par cet angle d’attaque, l’album nous a permis de composer des titres un peu plus lourds et sombres que ce que nous faisions habituellement, à savoir une musique joyeuse et positive. Bien qu’il y ait encore des passages typiquement Flower Kings, Paradox Hotel est un disque qui se focalise bien plus que par le passé sur les aspects les plus sombres du monde actuel et de la nature humaine.

-the lord : Daniel Gildenlöw de Pain Of Salvation ne figure plus dans le line-up du groupe pour Paradox Hotel. Quelle en est la raison et est-ce qu’il est question qu’il revienne pour le prochain (double ?) opus ?

Roine Stolt : L’été dernier nous devions aller tourner en Amérique. Dernièrement, avec la montée du terrorisme, les procédures pour s’y rendre sont devenues de plus en plus compliquées. Il faut notamment accepter de donner ses empreintes digitales et c’est ce qui a posé problème pour Daniel. Malgré nos discussions, il refusait catégoriquement de les fournir, nous empêchant ainsi de tourner aux Etats-Unis avec lui et ce seulement quelques jours avant le départ prévu. Apparemment, il avait déjà eu ce problème avec Pain Of Salvation. De notre côté, nous souhaitons toujours nous produire en Amérique et devant son refus de se plier aux procédures, nous avons préféré enregistrer l’album sans lui. Quel intérêt de l’avoir en studio s’il ne peut pas chanter et jouer avec nous sur scène ?

-the lord : The Flower Kings est un des groupes majeurs du rock progressif actuel bien que sa musique se rapproche fortement de ce qui se faisait dans les années 70. Selon toi, le rock peut-il encore, trente ans après son commencement, être réellement progressif ?

Roine Stolt : Pour moi, le fait qu’une musique soit progressive ou non ne la rend pas pour autant intéressante. J’aime cependant l’idée que des artistes cherchent à faire quelque chose de novateur et de trouver des façons inédites de jouer. Là encore, ce n’est pas parce que c’est novateur et que ça sort du cadre habituel de ce que l’on peut entendre que c’est nécessairement bon. Le plus important, quel que soit le genre musical pratiqué, est de soigner les compositions, écrire de bonnes paroles et jouer le tout avec le plus d’âme possible. La technique n’est pas indispensable à cela car j’entends autant de générosité dans une chanson de John Lennon ou d’Elton John que dans du bon heavy metal. Pour en revenir à la question, il est à mon sens difficile d’être encore totalement progressif car tellement de choses ont déjà été essayées et jouées. Même les groupes qui étaient très progressifs à une époque comme King Crimson ou Yes tournent en rond actuellement : il s’agit souvent de très bonne musique mais complètement calquée sur leur modèle d’il y a trente ans. On revient donc au point de départ : j’apprécie encore leur musique, non pas parce qu’elle est progressive, mais tout simplement parce qu’elle est bonne.

RETOUR A L'INDEX

 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .