-the
lord : Le groupe a composé à nouveau un double album,
Paradox Hotel. Comment se fait-il que vous sortiez toujours des
quantités astronomiques de musique ?
Roine Stolt
(guitare+chant) :
The Flower Kings est un groupe très créatif. Il faut savoir que
je ne suis plus le seul compositeur à bord. En réalité, tout le
monde compose à présent y compris notre nouveau batteur Marcus
Liliequist. C’est un très bon musicien qui joue de tous les
instruments. Néanmoins, ayant tout juste fait un album avec son
propre groupe il était un peu à court d’idées pour Paradox
Hotel (rires). Toujours est-il qu’une fois que les membres du
groupe commencent à travailler ensemble, nous fourmillons d’idées.
Ce coup-ci, cela a pris des proportions énormes comme plusieurs
fois par le passé. En effet, nous n’en sommes plus à notre
premier double album (rires). Ajoutez à cela nos doubles albums
live et je pense que nous rentrerons un jour dans le Livre Des
Records !
-the
lord : Quand on ajoute à votre discographie tous les
side projects auxquels des membres des Flower Kings participent
activement, on obtient un nouvel album lié au groupe tous les
trois ou quatre mois… C’est un rythme pour le moins soutenu !
Ne penses-tu pas par conséquent qu’il serait bon d’être plus
sélectif dans les morceaux que vous publiez ?
Roine Stolt :
Peut-être mais si certaines personnes pensent que nos albums ne
sont pas intéressants, rien ne les empêche de nous ignorer et
d’acheter autre chose à la place ! Nous suivons simplement
notre instinct. Bien entendu, il est fréquent que des gens nous
demandent pourquoi nous n’avons pas fait un très bon album
simple plutôt qu’un double un peu moins intense mais le problème
est que nous sommes incapables de choisir les meilleures chansons
(rires). Nous sortons donc tout et espérons à chaque fois que
les gens accrocheront.
-the
lord : Est-ce que Paradox Hotel est un album-concept ?
Roine Stolt :
Oui et non. Les chansons et les paroles ont été écrites sans se
plier à un concept défini à l’avance. En fait, il faut
prendre chaque chanson comme des histoires racontées par des
personnages fictifs. Chacun de ces personnages se retrouve au sein
d’un hôtel et se raconte ses différentes histoires. Voilà le
concept principal. En revanche, de par cet angle d’attaque,
l’album nous a permis de composer des titres un peu plus lourds
et sombres que ce que nous faisions habituellement, à savoir une
musique joyeuse et positive. Bien qu’il y ait encore des
passages typiquement Flower Kings, Paradox Hotel est un disque qui
se focalise bien plus que par le passé sur les aspects les plus
sombres du monde actuel et de la nature humaine.
-the
lord : Daniel Gildenlöw de Pain Of Salvation ne figure
plus dans le line-up du groupe pour Paradox Hotel. Quelle en est
la raison et est-ce qu’il est question qu’il revienne pour le
prochain (double ?) opus ?
Roine Stolt :
L’été dernier nous devions aller tourner en Amérique. Dernièrement,
avec la montée du terrorisme, les procédures pour s’y rendre
sont devenues de plus en plus compliquées. Il faut notamment
accepter de donner ses empreintes digitales et c’est ce qui a
posé problème pour Daniel. Malgré nos discussions, il refusait
catégoriquement de les fournir, nous empêchant ainsi de tourner
aux Etats-Unis avec lui et ce seulement quelques jours avant le départ
prévu. Apparemment, il avait déjà eu ce problème avec Pain Of
Salvation. De notre côté, nous souhaitons toujours nous produire
en Amérique et devant son refus de se plier aux procédures, nous
avons préféré enregistrer l’album sans lui. Quel intérêt de
l’avoir en studio s’il ne peut pas chanter et jouer avec nous
sur scène ?
-the
lord : The Flower Kings est un des groupes majeurs du
rock progressif actuel bien que sa musique se rapproche fortement
de ce qui se faisait dans les années 70. Selon toi, le rock
peut-il encore, trente ans après son commencement, être réellement
progressif ?
Roine Stolt :
Pour moi, le fait qu’une musique soit progressive ou non ne la
rend pas pour autant intéressante. J’aime cependant l’idée
que des artistes cherchent à faire quelque chose de novateur et
de trouver des façons inédites de jouer. Là encore, ce n’est
pas parce que c’est novateur et que ça sort du cadre habituel
de ce que l’on peut entendre que c’est nécessairement bon. Le
plus important, quel que soit le genre musical pratiqué, est de
soigner les compositions, écrire de bonnes paroles et jouer le
tout avec le plus d’âme possible. La technique n’est pas
indispensable à cela car j’entends autant de générosité dans
une chanson de John Lennon ou d’Elton John que dans du bon heavy
metal. Pour en revenir à la question, il est à mon sens
difficile d’être encore totalement progressif car tellement de
choses ont déjà été essayées et jouées. Même les groupes
qui étaient très progressifs à une époque comme King Crimson
ou Yes tournent en rond actuellement : il s’agit souvent de
très bonne musique mais complètement calquée sur leur modèle
d’il y a trente ans. On revient donc au point de départ :
j’apprécie encore leur musique, non pas parce qu’elle est
progressive, mais tout simplement parce qu’elle est bonne.
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