|
Trouver
quelque chose à dire sur un (double) album des Flower Kings ou un
de leurs prolifiques side projects semble être un exercice encore
plus fastidieux que d'en assurer la composition. Vu le rythme des
sorties, on est en tout cas en droit de se questionner... Une
question que l'on se pose en revanche pas est de savoir quel style
sera pratiqué sur Paradox Hotel. Etant approvisionné tous les
quatre à six mois d'un ou plusieurs albums, on peut suivre
l'évolution des différents musiciens plus facilement que ceux, au
hasard, de Tool. Quand bien même le dernier album solo de Roine Stolt,
Wall Street Voodoo, était un peu plus direct et pop que d'habitude,
on ne doutait pas une seconde que le nouveau The Flower Kings
reviendrait à un prog rétro teinté de mélodies joyeuses. Tout
juste.
Toutefois, étant donnée la quantité gargantuesque de musique
contenue sur Paradox Hotel, il serait très réducteur de le limiter
à cela. Il y a autant d'expérimentations (Pioneers Of Aviation,
The Unorthodox Dancing Lesson) que de pièces épiques (Monsters
& Men, Minor Giant Steps, End On A High Note) et de morceaux
étranges (The Way The Waters Are Moving, Bavarian Skies) ou encore
de titres aux mélodies entraînantes (Jealousy, What If God Is
Alone, Selfconsuming Fire voire Life Will Kill You écrit par Hans Froberg):
un bon fourre-tout en somme. Il fallait bien cela pour tenir
éveiller l'auditeur car, on ne se refait pas, Paradox Hotel n'est
pas un disque très tonique et ses plus de deux heures de longueur
n'aident pas à se défaire de cette étiquette. Le départ de
Zoltan Csörsz, la non-participation de Daniel Gildenlöw et des
titres de pur remplissage tels que Bavarian Skies ne sont pas non
plus pour dynamiter les choses.
D'un point de vue musical, The Flower Kings ne lâche pas ses influences
de toujours avec des clins d'oeil plus qu'appuyés à Steve Hackett
(Selfconsuming Fire), Pink Floyd (Touch My Heaven et son solo) mais
surtout l'omniprésent Yes (Minor Giant Steps, Hit Me With A Hit ou Pioneers Of
Aviation). Pourtant la combinaison claviers/guitare et le rôle
massif joué par les percussions donnent à la musique un son et un
caractère uniques; un cahier dans lequel Stolt et Bodin arrivent
tant bien que mal à écrire de nouvelles phrases en utilisant
toujours les mêmes mots. On évolue donc en territoire connu mais
les surprises ne sont pas légion et plutôt concentrées dans un premier
disque surpassant d'un bonne tête le second.
Paradox Hotel est un peu moins convaincant
qu'Adam & Eve sorti en 2004 car il se disperse un peu trop entre
morceaux de haut niveau dignes du Roine Stolt des grands jours et
chansons technico-passéistes que l'on a déjà l'impression d'avoir
entendues des dizaines de fois. Nul doute que l'importance accordée
aux longs, et pour la plupart très lassants, passages instrumentaux
joue un rôle fondamental dans tout cela. Il serait grand temps que
The Flower Kings nous prenne par surprise et sorte un album concis,
sans supplément de sauce progressive, car Paradox Hotel dans ses
moments les plus directs se montre plus plaisant que ce à quoi nous
pouvions nous attendre de la part des Suédois.
RETOUR
A L'INDEX
|