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Même si The Dresden Dolls est une très jeune formation qui a encore tout à prouver, ce concert à La Boule Noire je l'attendais au tournant! En effet, le duo punk brechtien, après avoir tourné massivement aux Etats-Unis, s'est fait une réputation scénique incroyable. Il faut dire que leurs compositions sont taillées pour briller dans ce contexte. Mais pour véritablement transcender la musique, il fallait une complicité entre les deux protagonistes. Complicité qui n'a pas tardé à apparaître et qui s'est rapidement effacée pour laisser place à une totale osmose; Amanda Palmer et Brian Viglione jouant le rôle des pendants féminin et masculin d'un même être...

Mais comme toute bonne chose, elle se mérite et il faudra passer par un round d'observation prenant la forme d'une première partie: Katzenjammer Kabarett. Sous ce nom sympathique se cache en fait un groupe français dont le style évoque d'assez près celui pratiqué par The Dresden Dolls. Mais rapidement on se rendra compte que ni les compositions ni la frontwoman n'ont l'effet escompté... Le groupe joue son gothic rock brechtien sans enthousiasmer la foule. Seule la fin du set arrivera à remuer un peu un public qui n'a visiblement pas été plus conquis que moi. Mais comme n'a pas manqué de le souligner la chanteuse de Katzenjammer Kabarett, le clou de la soirée sera The Dresden Dolls!

Petite pause mise à profit pour constater que le public est très éclectique ce soir à La Boule Noire! Même s'il y a beaucoup de gothiques (dont ma charmante voisine, miam), on trouve des hommes d'affaires engoncés comme de bonnes mères de famille! Tout ce beau monde va entrer en communion dès le premier morceau Good Day. Il n'y a peut-être que deux personnes sur scène mais diable qu'elles savent intelligemment se mettre un public en poche! Les mimiques incessantes de Brian amuseront le public pendant le set entier alors que les rires d'Amanda charmeront les plus sensibles d'entre nous.

Musicalement, c'est encore mieux. Rarement a-t-on l'occasion de voir d'aussi près un batteur en concert. Peut-être est-ce la raison pour laquelle son jeu à la fois subtile et démentiel m'a littéralement soufflé le derrière comme un missile nucléaire... Complètement absorbé par son art, il bondit dans tous les sens pour ajouter une dimension spectaculaire à ce qu'il joue. Et croyez-moi ce n'est pas une mince affaire au vu de la technicité phénomale de ses parties. Plus discrète, Amanda n'en reste pas moins efficace dans les domaines du claviers et du chant absolument impeccables tous les deux. Avec de tels arguments, il devient facile d'assommer les trois cents personnes présentes ce soir-là.

Les plus résistantes devront peut-être attendre les tubes Coin Operated Boy, Girl Anachronism et Half Jack totalement jouissifs. Mais l'événement (et je pèse mes mots) sera constitué par ce qui reste à ce jour mon meilleur souvenir en concert: une reprise survitaminée de War Pigs (Black Sabbath). Imaginez ce morceau joué au piano/chant et batterie! Pour le coup on peut vraiment parler de réinterprétation. Et puis, Brian Viglione a été absolument magistral sur cette chanson. Un seul regret: ne pas avoir fini le concert sur cette apothéose absolue... La reprise de Jacques Brel, Amsterdam, jouée dans le foulée (avec Brian à la guitare) aura été un peu moins convaincante mais tout aussi surprenante. The Dresden Dolls après s'être révélé avec son premier album signe un coup de maître qui, le bouche à oreille aidant, devrait permettre au groupe s'accéder à des salles plus grandes dans un futur proche. En attendant, bravo für dieses schauspiel!!

 

Setlist The Dresden Dolls

  • Good Day
  • Gravity
  • Missed Me
  • Backstabber
  • Coin Operated Boy
  • War Pigs
  • Amsterdam
  • Sex Changes
  • Girl Anachronism
  • Half Jack
  • --------------------
  • Truce

 

-the lord

 

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