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Fraîchement
sorti du dernier album de Strapping Young Lad, Alien, Devin Townsend
peut de nouveau se consacrer à sa carrière solo, celle qui propose
une musique plus calme et nuancée. Entouré des mêmes musiciens
que sur son précédent disque solo, le Canadien nous amène en ce
début d'année 2006 un bien beau Synchestra. Situé entre
Accelerated Evolution et Terria, cet opus fait planer un sentiment
de bien-être au fil des plages qui se fondent les unes dans les
autres. Car oui, Synchestra semble n'être qu'un gros morceau de
bravoure où l'on retrouve entre -voire au sein de- les chansons
sérieuses (Triumph, Notes From Africa, A Simple Lullaby) des
passages légers plutôt étonnants pour du Devin Townsend
(Vampolka, Vampira ou la plage cachée Sunshine & Happiness).
Et quand il parvient à fusionner
ces deux aspects on se retrouve avec un Babysong aux paroles plus
qu'étranges. Cette chanson montre une progression typique de
Townsend, commençant de manière très mélodique pour monter en
puissance grâce à des passages rythmiquement très entêtants. La
production est évidemment exceptionnelle et permet de goûter
toutes les couches qui composent le résultat final. La recette ne
change pas radicalement d'un album à l'autre mais il n'y a bien que
Devin Townsend pour arriver à un résultat aussi exotique. Quelques
autres titres comme Sunset ou Notes From Africa contiennent eux
aussi un fort sentiment de dépaysement.
La grande force de Synchestra
par rapport
aux albums précédents est sa tracklist. Celle-ci est nettement
moins cérébrale que par le passé. Au lieu de balancer d'entrée
de jeu ses morceaux les plus complexes, Townsend installe lentement
l'auditeur dans son univers notamment par le biais d'un très bon
morceau introductif, Let It Roll. Et lorsque le premier titre
texturé arrive, il prend bien soin de faire redescendre l'attention
avec le doublon Vampolka/Vampira. Dans ces conditions, à
l'exception de Sunset ainsi que de Sunshine & Happiness, la fin de
l'album est donc nettement moins directe et plus
"intellectuelle". Un peu moins réussie aussi. Même si on
ne peut pas critiquer la qualité des colossaux Gaia ou A Simple
Lullaby, on attend de la part d'un
artiste de la trempe de Devin Townsend une plus grosse prise de
risque. Synchestra ne présente que des risques calculés,
garantissant certes une musique grandiose mais qui forcément aura
moins d'impact que les anciens disques.
Il faut dire qu'après
avoir signé des albums tels que Terria ou Infinity, on pense
toujours que Townsend va à la fois donner dans l'excellence et
l'innovation. Cette dernière est tout de même présente sur
Synchestra, parfois pour le meilleur (Vampolka), parfois pour le
pire (l'intro de Pixillate), mais elle ne fait que rarement le poids
par rapport à des morceaux peut-être plus prévisibles mais aussi
plus efficaces. Ajoutez à cela quelques
fautes de parcours (Judgement, Mental Tan) et vous obtenez un album
où le génie cotoie les stéréotypes mais où la classe innée du
Canadien parvient à donner les coups de reins nécessaires pour en
faire tout de même une attraction à ne surtout pas manquer.
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