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Une
des sensations de l'année 2003 sort aujourd'hui son second album.
Pourtant jusqu'à présent The Darkness était boudé dans nos
colonnes. Non pas que nous trouvions leur premier méfait,
Permission To Land, mauvais mais surtout parce que nous ne voyions
pas trop l'intérêt de cette bande de barjots. Essayant de surfer sur la vague des
groupes en "The", le quartette anglais se démarquait tout
de même de
toute la scène revival par un son plus heavy et des influences
évidentes de combos tels que Queen et AC/DC (généralement
méprisés par les groupes en vogue). Le but de The
Darkness semblait même d'arriver à reproduire le côté léger et
humouristique de ces deux légendes. Et finalement, deux ans après
sa sortie, Permission To Land passe plutôt bien malgré la descente
en flèche dont a été victime le groupe dans la presse bien
pensante.
Evidemment, la subtilité ne semble pas être le point fort
des frères Hawkins. Autant musicalement que dans les textes, c'est
gras et rentre-dedans. Mais l'objectif est atteint: The Darkness
avec Permission To Land vous fera forcément décocher quelques sourires et vous mettra de
bonne humeur pour la journée si vous décidez de vous réveiller
avec des titres comme Growing On Me ou Get Your Hands Off My Woman. Bien entendu, il est possible de
rester insensible au chant très personnel de Justin Hawkins.
Techniquement irréprochable, il a d'ores et déjà marqué de son
empreinte l'histoire du rock. On retrouve dans sa voix entre autres
des pincées de David Coverdale, Freddie Mercury, David Lee Roth,
Dani Filth, Ronnie James Dio, j'en passe et des meilleurs. Ses montées
(fréquentes) et
ses descentes (nettement moins) peuvent même évoquer de loin la recette appliquée par
System Of A Down. Dans
les deux cas, le résultat est le même: il dépayse l'auditeur et
crée instantanément la marque de fabrique de ces groupes. Cela
n'est tout de même pas donné à n'importe quelle formation,
d'autant plus qu'il s'agit là, rappelons-le, d'un tout premier essai.
Les fans de la période la plus fantaisiste
de Queen crieront sans doute au scandale tant le groupe peut passer
facilement pour une mauvaise parodie et ce sans même évoquer le
comportement du chanteur sur scène. Néanmoins, s'arrêter à cela
serait faire preuve de mauvaise foi. Certes, Permission To Land
comporte de nombreux passages qui renvoient directement à la
musique de Mercury/May/Taylor/Deacon -mais qui peuvent sonner
finalement plus comme du Spinal Tap- toutefois dans une scène rock
où les attitudes de rockers transis font recette il est bon de se
remémorer que l'on peut aussi se montrer très professionnel en
prônant la déconne (Stuck In A Rut, Friday Night, Get
Your Hands Off My Woman).
Sur Friday Night, réponse
directe au Lazing On A Sunday Afternoon d'A Night At The Opera, The Darkness rend
un vibrant hommage à cette influence omniprésente de Queen grâce à une légéreté de ton qui
n'aurait pas déplu à Freddie lui-même et à un solo de guitare
très inspiré tout droit sorti de la guitare de Brian May. Quand on
sait que le groupe parvient également sur commande à être mordant
comme un dogue du hard rock et tendre comme une fleur, on se dit
qu'il y a de bonnes possibilités d'évolution pour un OVNI musical
qui se doit d'atterrir dans votre chaîne hi-fi.
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