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Avec
leur premier album, Permission To Land, The Darkness avait frappé
très fort: voix originale, riffs old school, bonne humeur, ambiance
revival Queen etc. Tout cela se fondait dans un ensemble étonnant de
spontanéité permettant au quartette d'accéder à une notoriété
aussi immense que rapide. Deux ans après ce succès planétaire, les frères
Hawkins présentent un One Way Ticket To Hell... And Back,
totalement surprenant... On n'a plus vraiment l'impression d'entendre le même
groupe tant tout s'est assagi à tous les niveaux. Les riffs sont
pop, le chant est propre et ne monte plus dans les aigus que de
manière très convenue. Bref, tout ce qui faisait l'identité de
The Darkness s'est évaporé pour laisser place à de la musique
bien fade et tombant dans la majorité des pièges que Permission To Land avait
su éviter.
One Way Ticket To Hell... And Back semble être
conçu comme un album hommage à des groupes ou artistes tels que
Def Leppard (Dinner Lady Arms), Ennio Morricone (l'intro de One Way
Ticket) et bien évidemment Queen (Blind Man, English Country Garden). De Queen il est
d'ailleurs plus question que jamais puisque Roy Thomas Baker, le
producteur, est celui qui a déjà bossé avec les Anglais emmenés
par Freddie Mercury sur Sheer Heart Attack et l'indispensable A
Night At The Opera. Pas de chance, malgré des idées
d'instrumentation qui valent le détour, Baker ne parvient à provoquer
le talent d'un groupe semblant s'être endormi sur le succès d'or
et de platine de Permission To Land.
Il n'y a que quelques chansons isolées qui parviennent à éviter
les horribles sonorités conformistes. Porte-drapeau de cette
délégation, Hazel Eyes aurait eu sa place
sur le premier album et aurait même remonté le niveau de
l'ensemble. Sur ce titre comme sur Girlfriend, Justin Hawkins retrouve toute sa fougue et
sa voix de castra qui nous avaient enchanté. Même les guitares
sont percutantes et affichent un visage doux dans les couplets pour
retrouver leurs sonorités hard pop dans le refrain et les soli.
One Way Ticket, premier single, n'innove guère en dehors de l'intro
mais parvient néanmoins à ses fins grâce à de bonnes mélodies.
Celles-ci font cruellement défauts sur ce disque et
particulièrement sur Bald, Seemed Like A Good Idea At The Time et
Blind Man qui cherche bien trop à ressembler à Queen (encore eux).
The Darkness et son nouveau bassiste
Richie Edwards se montrent également moins amusants que par le
passé (Girlfriend, Seemed Like A Good Idea At The Time). Il n'y a
pas sur One Way Ticket To Hell... And Back de paroles aussi
légères et bien vues que celles de Friday Night. Toutes ces
déconvenues font de l'album une authetique déception mais quelques
idées, principalement dans l'orchestration, devraient constituer un
tremplin idéal pour les disques à venir. On espère sincèrement
que le groupe se rattrapera car son positionnement demeure un des plus
originaux et mieux assumés de la scène rock des années 2000.
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