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THE CHARIOT
THE FIANCEE (2007)
LINE UP :
Josh Scogin (chant)
Jon Terrey (guitare)
Dan Eaton (guitare)
Jon Kindler (basse)
Jake Ryan (batterie)
The Chariot The Fiancée
CHANSONS QUI TUENT :
Forgive Me Nashville
And They Shot Each Other
Then Came To Kill
CHRONIQUEUR :
Cosmic Camel Clash
(Août 2007)
NOTE :
14,5 / 20

Parmi les genres les plus dérangeants affiliés au métal, le christiancore se pose là. Imaginez-vous que ce The Fiancée s'ouvre sur une des décharges de haine les plus pures qu'on a pu entendre depuis longtemps : bleast-beat supersonique, hurlements déchirants en cascade... un truc qui fait peur, quoi. Sauf que les titres de cet albums sont tirés d'un poème, que les membres de The Chariot tirent leur inspiration (ainsi que le nom de leur groupe) de la Bible, et qu'ils prônent l'amour de leur prochain. Gné?

Ben oui, le christian metal est un genre à part entière désormais, représenté par des groupes aussi divers qu'As I Lay Dying, Norma Jean - dont Josh Scogin fut le chanteur- , P.O.D, Zao ou Still Remains. Le seul réel lien étant la mise en avant de thèmes chrétiens, on ne peut pas vraiment savoir à quoi un groupe se réclamant de cette étiquette va ressembler... et concernant The Chariot, c'est de hardcore complètement tordu et cérébral dont il est question. Une musique incroyablement technique et déstructurée, qui pourrait tout à fait plaire aux fans d'Ephel Duath... sauf que l'élément jazz est absent. Par contre le chant de The Fiancée n'est pas du tout éloigné de celui du bon Luciano Lorusso George : c'est un hurlement hardcore suintant la haine et la souffrance, complètement écorché et qui colle parfois froid dans le dos, même si on est habitué au genre. La production est quant à elle grasse au possible, les guitares sonnant presque crust : le riff lourd et écrasant de la fin de "Back To Back" fait vibrer les tripes quand il n'est pas interrompu par les dissonances noisy propres au genre, et nul doute qu'avec un caisson de basse de riche cet album risque de mettre vos baies vitrées en danger.

Quand aux compos, c'est du mathcore : impossible de savoir ce qui va débarquer après tel ou tel plan, les breaks incessants servant de base musicale au tout. Ca change sans arrêt entre riffs syncopés écrasants, accélérations punkisantes, rythmiques asymétriques et délires purs, ces derniers étant sans conteste ce qui place The Chariot au-dessus du lot. Car si "They Faced Each Other" ou "They Drew Their Swords" n'apportent pas grand-chose au genre en se contentant d'être alambiqués au maximum, The Fiancée présente des moments de folie qui collent la banane. Les quelques secondes de phonographe des années 30 qui ouvrent "And They Shot Each Other" mettent la puce à l'oreille, et l'outro qui lie choeurs gospel et guitares ambient laisse pantois. Idem pour les cassures rockabilly et arabisantes de "The Deaf Policeman", les claviers de "Then Came To Kill" ou le retour du gospel vocal sur "Forgive Me Nashville". Dans ces moments-là The Chariot devient un groupe étonnant et surtout assez unique, alors que le reste de l'album, quoique impressionnant, ne dégage pas vraiment d'identité marquée. Les combos de mathcore ont tendance à un peu trop se ressembler, et si The Fiancée présentait plus de moments de grâce ce serait une tuerie.

Cet album impressionera donc très fortement les personnes ne connaissant pas le genre, et ses quelques moments d'inventivité brute permettront aux familiers du mathcore de se faire plaisir en l'écoutant. The Chariot laisse apparaître un potentiel assez ébouriffant, et on attend que le groupe saute le pas à l'avenir et lâche la bride à ses délires bruts d'inventivité. The Fiancée reste un album bien balaise à défaut d'être surpuissant, et mérite votre attention. Amen.

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