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The Arrs
Février 2007
  
JOURNALISTE :
Cosmic Camel Clash
  
INTERVIEW AVEC :
Le groupe au complet
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The Arrs ou le groupe français qui monte qui monte... après un premier album bien trop linéaire mais au niveau conséquent, les Parisiens devaient rectifier le tir et prouver que les nombreux espoirs placés en eux n'étaient pas vains. C'est aujourd'hui chose faite avec l'album Trinité (cliquez ici pour lire la chronique) qui voit le combo décliner son thrashcore sur une palette bien plus étendue qu'auparavant. Alors que le concert à la Boule Noire approche à grands pas, il est temps de redonner la parole au groupe, presque au complet pour l'occasion.

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Cosmic Camel Clash : Dès la sortie d' Et la douleur est la même (cliquez ici pour lire la chronique) en 2005, vous avez immédiatement bénéficié d'un soutien conséquent de la scène locale et des différents acteurs du métal parisien. Comment avez-vous fait?

Nico (chant) : Il faut revenir quatre ans en arrière en fait, à l'époque de la première démo quatre titres que nous avons sortie. Elle a été prise en charge par label indépendant, et de 2003 à 2005 nous avons écumé toutes les salles de la région parisienne. Nous y avons un fervent public de fans qui nous suit à chaque concert, des gens qui nous ont aidés à coller des stickers et donner des flyers partout. Un peu d'activisme dans ce milieu-là peut payer : quand on veut quelque chose on l'a, du moins un minimum. Donc voilà comment nous avons réussi à ramener des gens à nos concerts en Île-de-France, et ces gens ayant des potes en province, nous avons commencé à nous dire que nous allions jouer ailleurs qu'à Paris. En tous cas ce sont les shows parisiens qui ont intéressé notre premier label, qui nous a permis de sortir Et la douleur est la même : il nous avait suivi depuis deux-trois ans et a décidé de miser sur nous pour le premier album que nous avons quand même enregistré à nos frais car nous n'avions qu'un deal de distribution.

Cosmic Camel Clash : Les retours sur ce premier album ont été assez positifs, est-ce que ça vous a permis d'accélérer le rythme des concerts et d'aller jouer encore plus loin de chez vous?

Nico : Oui, bien sûr. Du moment que tu as un label, un nom, des gars derrière toi qui s'occupent de toi tu es tout de suite plus crédible auprès des organisateurs et des salles. Ca nous a vraiment aidés.

Cosmic Camel Clash : Le titre de nouvel album Trinité est très connoté, et l'artwork donne à voir des références religieuses omniprésentes... est-ce un concept album? Pourquoi avoir choisi ce thème?

Nico : Il ne s'agit que d'histoires personnelles, sans aucune démagogie ou quoi que ce soit qui prête à confusion. Ce ne sont que des pensées intérieures couchées sur papier... c'est ce que j'appelle le côté « élastique » de la chose : on est toujours tributaire de notre éducation ancrée dans la chrétienté. Nous avons donc essayé de rapprocher l'illusion de la relation entre Dieu et les hommes des rapports que les hommes entretiennent entre eux. On a tous besoin d'une certaine croyance, d'une foi, que ce soit en Dieu ou en l'homme. Donc le thème de la religion a bien aidé à faire passer ce thème de la croyance en l'homme. Quant au mot « Trinité » c'est une référence à un romantique du XIXème siècle qui a déclaré qu'il « existe en tout homme une trinité sainte : la volonté, l'amour et l'esprit sont en nous ». Le titre était tout trouvé...

Cosmic Camel Clash : Par rapport au premier album on sent que tu as fait de gros efforts d'articulation... étais-tu frustré qu'on ne puisse pas comprendre tes paroles?

Nico : Je me suis fait engueuler en fait! (rires collectifs) Si nous n'avions pas parlé des paroles entre nous et de l'approche artistique en général, j'aurais sûrement refait la même. Les autres m'ont appris à avoir confiance en moi et en mes textes, en me disant « Si tu as quelque chose à dire, dis le! Si tu ne le fais pas pour les autres fais-le pour toi et apprends à articuler. » Ca m'a débloqué.

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Cosmic Camel Clash : Les influences metalcore semblent plus présentes dans Trinité que dans son prédécesseur : plus de mélodie, des rythmiques moins axées sur le hardcore traditionnel... le tout restant très thrash et old-school. Êtes-vous plutôt fans de métal moderne ou écoutez-vous surtout les classiques?

Pierre (guitare) : Pour une bonne partie du groupe nous sommes des métalleux de base qui kiffent Slayer, Pantera, Metallica, Sepultura, Machine Head... Nous écoutons du thrash à la base, le hardcore vient après. Pour l'aspect metalcore je ne pense pas que nous suivions la vibe, même si on en écoute. Mais nous pouvons aussi bien écouter du metalcore que du métal ancien, du death, du jazz manouche... Nous sommes tous assez ouverts, nous écoutons plein de trucs différents. Nous pouvons autant écouter de la funk et du jazz alors que certains dans le grope sont fans de chanson à la Brel, Férré, etc. En tout cas nous ne suivons pas de tendance, nous sommes des métalleux à la base, et plus métal que hardcore.

Cosmic Camel Clash : Au milieu de cette débauche thrash/metalcore/melodeath, j'en passe et des meilleures, on trouve "Originel" et ses passages acoustiques ainsi que cet instrumental "Interlude" très doux au milieu de l'album... la musique future de The Arrs comportera-t-elle une part grandissante de mélodie?

Paskual (guitare) : C'est sur toutes les chansons en fait, et elles viennent comme elles viennent. Si "Originel" est la plus mélodique de l'album c'est qu'elle est venue comme ça dès le début et que nous ne voyons pas pourquoi nous aurions dû la rendre plus violente alors qu'elle rendait bien comme ça. Ca nous plaisait et ça permet une certaine évolution, ne serait-ce que par rapport au reste de l'album. "Interlude" a failli finir sur le premier album...

Toki (batterie) : Ça permet de faire respirer l'album aussi... car tout ça est assez brutal et ça permet de faire une petite pause. Nous avions envie de le faire, et je pense que c'est aussi bien pour l'auditeur.

















(Nico ayant repéré une malheureuse et innocente photocopieuse, il commence à faire le con avec et à photocopier son visage, ce qui perturbe un peu le sérieux des échanges - et qui explique la photo ci-dessus)

Cosmic Camel Clash : Ahem... sinon le son de votre album est encore plus monstrueux que le précédent.

Toki : C'est Francis Caste, nous avions déjà enregistré le premier album chez lui. Il travaille au studio Sainte-Marthe à Paris, et nous avons sympathisé avec lui. Nous avons voulu retourner chez lui car c'est un bon technicien déjà, il a du matos à la pointe de la technologie, et aussi d'un point de vue artistique, il nous a vachement aidés, c'est quelqu'un qui s'investit vraiment dans la structure des morceaux et la composition...

Paskual : Non, pas la composition!

Nico : Il n'a pas participé à la composition, sauf qu'il a écrit les parties de guitare de Pierre. (rire général).

Toki : Bref, c'est quelqu'un qui s'implique dans le morceau, tout simplement.

Nico : Par exemple à un moment donné nous sommes partis trop dans la technique, en particulier au niveau de la batterie... et c'est lui qui nous a fait réaliser qu'on perdait du groove à cause de ça. Toki a donc géré ça comme il faut... idem pour les moments où les grattes partaient dans tous les sens et il nous a conseillé de faire ça plus à la cool. Il a été très bon pour ça.

Pierre : C'est ça qu'on recherchait : quelqu'un capable de s'investir jusque dans ce genre de choses. Avoir un point de vue extérieur assez pro est toujours bon et nous étions en confiance avec lui car nous savions que son but était de nous faire un bon son avant tout.

Cosmic Camel Clash : Vous ne risquez donc pas d'être le prochain groupe français qui part enregistrer en Scandinavie avec le dernier producteur à la mode...

Toki : La meuf de Francis Caste est Danoise, il est un peu scandinave en fait! (rires) Non, sincèrement, je ne vois pas l'intérêt de partir chez Tue Madsen ou je sais pas où...

Nico : Le seul avantage que j'y verrais, c'est qu'on serait totalement entre nous. On devrait vivre dans une maison ou je sais pas quoi, et ce serait une bonne expérience pour enregistrer l'album. Pour ça, ce serait intéressant...

Toki : En tous cas pour nous c'était clair : on était très content du premier album donc il était évident qu'on ferait le deuxième avec Francis. Après nous verrons ce qui se passe, mais pour le deuxième album c'était décidé.

Pierre : Personnellement je ne vois pas l'intérêt d'aller enregistrer en Scandinavie pour avoir au final un son qu'on peut avoir à peu de choses près en France avec des types comme Francis. Pis on parle pas suédois en plus. (rires)

Cosmic Camel Clash : Question bateau pour finir : en réécoutant l'album avec du recul, y'a-t-il des choses qui vous frustrent aujourd’hui ou est-ce que vous êtes encore super satisfaits?

Pierre : Comparé au premier album qui était fait avec des compos vieilles de quelques années... à l'époque nous étions super contents du son et tout mais nous savions que nous pouvions faire mieux niveau compositions. Aujourd'hui, même trois mois après l'enregistrement, les chansons de Trinité me font toujours plaisir et je trouve l'album super bien. Je peux écouter ce deuxième cd plus longtemps et avec une meilleure écoute... quand on écoute le premier on l'imagine plus en live alors que là les compos tiennent la route aussi bien en live que sur album. Il y a une évolution qui est carrément bonne à notre avis, et donc nous sommes fiers car même avec du recul nous kiffons toujours le travail qui a été fait sur cet album.

Nico : Il y a l'aspect nouveauté aussi... ce sont des morceaux qui ont été écrits en six mois alors qu' Et La Douleur Est La Même comportait des morceaux qu'on traînait depuis deux ou trois ans. En ce moment on prépare les nouveaux morceaux pour la scène et on est très motivés pour les jouer.

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