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Le premier album de
The Agony Scene présentait un style très suédois. Un nouveau
line-up et un disque plus tard, le groupe change quelque peu et nous
fait entendre une musique très ancrée dans la New Wave Of American
Heavy Metal. Pas très surprenant de voir ce groupe signé chez
Roadrunner Records. Ce label semble se faire une fierté de signer
des clones, la majorité de ses groupes appartenant à cette
tendance n'ayant aucune originalité particulière si ce n'est une envie
plus ou moins forte d'édulcorer leur musique par des éléments
plus pop et/ou atmosphériques...
The Agony Scene fait inconstestable partie de ceux
qui ne font pas de compromis. Le chant agressif et écorché vif de
Mike Williams (à ne pas confondre avec le chanteur au patronyme
identique d'Eyehategod) parle de lui-même. Tirant vers le black,
notamment sur Scars Of Your Disease, il n'en demeure pas moins un
chant typiquement emocore. Pour autant il ne résiste pas à
quelques incursions dans le chant clair (Screams Turn To Silence,
Prey, Procession, My Dark Desire)
afin d'élargir la cible potentielle. Malheureusement ces quelques
apparitions ne sont guère convaincantes, manquant d'affinités
mélodiques, et déservent le propos agressif de The Agony Scene
plus qu'autre chose. Sur My Dark Desire, The Agony Scene se
transcende en proposant du bon riff thrash avec des une mélodie
dans le refrain sur laquelle Soilwork en personne n'aurait sûrement
pas craché.
La production, pour sa part, renforce efficacement
l'artillerie lourde déployée par la section rythmique et les
guitares. Divinement précise et puissante, elle ne manquera pas de
vous pousser à headbanguer sur les passages les plus rythmiques.
Pourtant, malgré cela on ne retrouve jamais la relative inspiration
du premiet album ou ce qui fait de formations comme Chimaira,
Trivium ou Killswitch Engine les leaders de la NWOAHM... The Agony
Scene se contente ici d'appliquer à la lettre ce que les djeunz
attendent d'un groupe de l'écurie Roadrunner. Sans le chant, il
serait sans doute impossible de faire la différence entre trois
quarts des groupes de leur catalogue.
The Agony Scene montre avec The Darkest Red
des qualités techniques qui doivent permettre au groupe d'évoluer
de manière intéressante. Les rares fois où le quintette prend des
risques (les blast beats de Suffer), il nous montre un visage plus
attrayant. Toutefois ces quelques bonnes idées sont totalement
noyées dans un ensemble prévisible et taillé pour un public peu
demandant en manque de gros son.
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