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Malgré
la cruelle absence d’une chronique du premier album des
Hollandais de Textures (Polars, 2004) sur ce webzine – erreur
qui sera bientôt réparée -, il me fallait absolument parler de
ce nouvel effort, Drawing Circles: Textures est en passe de
devenir un futur grand de la scène death technique européenne,
si ce n’est déjà fait. Bien sûr, tout le monde fera le parallèle
– avec raison, mais point trop n’en faut – avec le death très
spécifique des Suédois de Meshuggah. Ce serait néanmoins
totalement réducteur de les associer uniquement avec ce groupe
car Textures s’affranchit doucement de ses origines.La force de Polars – technicité
hallucinante, aspirations hardcore et parfois jazzy – ne se
retrouve que partiellement sur Drawing Circles. Bien sûr, le
groupe, habitué aux compositions retorses, conserve le bagout
ravageur du premier opus (« Drive », entrée en matière
vicieuse car peu représentative de la suite de l’album;
« Millstone »), mais joue intelligemment avec de
nouvelles influences, conséquence indirecte du remplacement de
Pieter Verpaalen par Erik Kalsbeek au poste de chanteur. En effet,
les incartades rugueuses et calculées sont un lointain souvenir désormais;
les passages mélodiques et les envolées planantes enclenchent la
surmultipliée et sont autant de moments au cours desquels Erik
Kalsbeek nous prouve son talent. Aussi à l’aise dans un
registre purement rocailleux que dans un registre beaucoup plus aérien
- écoutez le splendide break planant de « Regenesis »
et vous comprendrez! - il insuffle une énergie nouvelle au
groupe, toujours porté par une technique dingue (« Upwards »
et ses riffs venus d’un autre monde), mais beaucoup plus
attentif aux détails, aux ambiances (Devin Townsend n’est pas
loin) et…aux textures de sa musique. En ce sens, la production
de ce disque – réalisée par le groupe - est éclatante,
renversante, sans être surréaliste, permettant un confort d’écoute
inégalable pour un genre très exigeant de la part de
l’auditeur. Bien que certains diront que Textures n’a pas
inventé l’eau chaude, ce qui n’est pas forcément faux,
Drawing Circles franchit la barrière d’un death technique et
dissonant - ce que Polars n’avait pas risqué malgré des qualités
mélodiques plus qu’évidentes – en allant plus loin que
Meshuggah sur son propre territoire: en optant pour une
approche résolument plus progressive et instinctive, moins manichéenne,
Textures souffle sur les braises (toujours ces passages
techniquement gratinés), mais se fait plus gracile sur la majorité
des morceaux sans perdre de son inquiétant génie. En deux
albums, Textures nous aura mis à genoux, le troisième album
risque bien de nous achever: c’est, pour sûr, un groupe à
surveiller de très près. RETOUR
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