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Quand un groupe de thrash s'essaye au heavy-metal, ça peut donner lieu à un chef-d'oeuvre (Countdown to Extinction de Megadeth, sorti la même année) ou bien à un album complètement raté, comme The Ritual. Testament continue de se fourvoyer peu à peu dans du metal de seconde zone, et encore, il existe des groupes de seconde zone qui réussissent leurs albums ! Le chant de Chuck Billy se veut mélodique, il est souvent insupportable, on le préfère largement avec la grosse voix bien thrash. Ses intonations sont souvent "nian nian" sur les refrains, il parvient mal à conjuguer mélodies et agressivité. Dans cet exercice, on a beau dire, seul Dave Mustaine est parvenu à être brillant.

Il n'y a pas grand chose à sauver sur ce disque tant les compos sont pachydermiques, et Testament reconnaîtra même 2 ans plus tard avoir subi des pressions de sa maison de disque pour devenir plus commercial. Les chansons sont toutes mid-tempos ce qui ne correspond pas du tout à ce que doit être Testament. Le batteur de l'époque est assez poussif, davantage tourné vers des formations comme Def Leppard que Annihilator, ce qui n'est pas terrible comme référence. On sent à travers quelques riffs que le tout serait bien plus convaincant avec davantage de vitesse et d'agressivité ! Seuls les soli d'Alex Sckolnick parviennent à faire illusion. Le son de l'album n'est pas terrible non plus, il a assez mal vieilli et manque de punch.

Quelques titres se détachent de l'ensemble parmi lesquels l'intro, Signs of Chaos, un joli p'tit solo, suivi d' Electric Crown, du heavy de bonne facture où la guitare suit la mélodie du chant, un effet très puissant. The Sermon est pas mal non plus, on sent des relents thrash pas désagréable même si tout ça aurait pu être plus speed. Et le meilleur pour la fin, la magnifique ballade Return of Serenity qui se rapproche un peu de l'aspect mélodique développé par Megadeth sur Countdown to Extinction. Quand même bizarre que le meilleur titre soit une ballade, c'est le monde à l'envers quand on réécoute à côté de ça le sulfureux Live at Eindhoven. Les autres titres ont tous quelques passages intéressants, mais qui ne suffisent pas à maintenir l'attention. The Ritual par exemple est un titre très lent, avec des ambiances et des arpèges pesants, mais le refrain heavy qui se veut puissant vient tout foutre en l'air. Autre problème de ce disque, les tentatives atmosphériques de la guitare, c'est la cata (So Many Lies), bon dieu, c'est bien ce que le metal peut nous offrir de pire ça !

Toutefois, en cette année 92, Testament n'était pas le seul groupe de thrash en pleine décrépitude, on peut aussi citer Dark Angel et Exodus qui splitteront peu de temps après. Mais Testament évitera de peu le split en renouvellant ses troupes, avec le départ d'Alex Sckolnick pour Savatage, et en amorçant avec Low un retour aux sources réussi.

6/20

David

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