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Autant l’avouer en
avant-propos de cette chronique, lorsque pour la première fois mon
regard a croisé cet album, j’ai senti poindre la blague à plein
nez. Terroristars qui sort un album du nom de Satanistars, difficile
de ne pas sentir le ridicule envahir la case jugement de son bulbe
neuronal. C’est donc avec une facilité déconcertante qu’on
classe Terroristars dans la catégorie groupe de seconde zone sans
avenir ni passé. Et pourtant… Et pourtant ce serait oublier que
le metal c’est avant tout de la musique et non de l’apparat.
Combien de groupes paraissent ou sonnent ridicules alors qu’en
fait, non?
C’est en partant de ce postulat qu’il vous
faudra aborder ce Satanistars (quel nom proche de la calomnie
nominale quand même) car la musique prime lorsqu’on parle musique
(…). La galette entame son tournicotis incessant avec un riff
surprenant et une composition qui tranche avec le premier abord
qu’on se fait du disque. C’est plus qu’écoutable et ça a même
de la personnalité! Incroyable, nous voilà partis pour un
moment qui risque fort de se révéler plus agréable que prévu.
Dans un sens, on ne s’en plaindra pas. Dans un autre, non plus. Si
on se laisse au petit jeu de l’influence ou de la ressemblance, on
se risquerait à balancer un Slipknot. Mais il faut savoir raison
garder et donner aux Espagnols (ah oui, ils sont espagnols au fait
ces gaillards qui choisissent des noms ridicules) ce qui leur
revient, un style bien à eux. Car même s’il résulte de
multiples fusions, le genre musical auquel Terroristars s’adonne
est très personnel. Un peu d’originalité dans ce monde du périssable
et du façonné, ça fait du bien.
Nous voilà donc arrivés dans l’univers des
sudistes et force est de constater qu’il a au moins pour lui le mérite
de la différenciation. Toutefois, être différent et original
n’a jamais garanti être bon. Comme vous avez pu le deviner plus
en arrière dans cette chronique, originalité rime ici avec
musicalité. Loin d’un magma informe, la musique des terroristes
satanistes diffuse dans nos oreilles des assemblements de riffs
capables de sustenter nos attentes tympaniques. Par contre, ne vous
attendez pas à de la mélodie. Si pour vous le metal, c’est de la
mélodie, essayez d’écouter ailleurs s'il y en a car la maison
espagnole n’est pas extraordinairement friande de la chose. Il y a
en bien de temps en temps, mais guère plus que le temps de regarder
une vache poser sa bouse. Le thème de la soirée reste au néo et
donc plutôt à la syncope. C’est d’ailleurs de là que vient la
blessure du bât. Ce hachis Parmentier a tendance à fatiguer les
oreilles et surtout il peut donner l’impression que les chansons
sont plus une juxtaposition de riffs qu’un ensemble
harmonieusement disposé. Rassurez-vous tout de même, ce sentiment
reste léger.
Bref, la musique sait se faire bonne avec les
voyants au néo quand même. Preuve que le genre peut accoucher de
bonnes choses sans faire appel à la masse bouillonnante et ahurie
des ados. On pourrait même dire que finalement le nom du groupe
n’est pas galvaudé. On a bien affaire à une sorte de terrorisme
musical avec quelques attaques proche de l’attentat metallique. On
se retrouve donc avec un album bien fait, tordu et violent mais
accompagné de ses défauts. L’amateur de hardcore, néo violent
ou de death ouvert d’esprit trouvera son compte. Après ceux qui
ne jurent que par la mélodie, ceux-là resteront à quai. RETOUR
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