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TERRA NOVA
Escape (2005)
 
 

 
 
 

LINE UP :
Fred Hendrix (chant)
Ron Hendrix (claviers)
Gesuino Derosas (guitare)
+ guests
 
 
 

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CHANSONS QUI TUENT :
Hold The Line
Escape
 

CHRONIQUEUR :
Lord Henry
(Août 2005)
 

NOTE :
14 / 20
 
 
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"Terre Neuve" en latin, et pourtant Terra Nova n'a de neuf que le nom. Les piliers du AOR à la néerlandaise sont de retour, six ans après leur troisième effort Make My Day, et perpétuent, à l'issue d'un split inattendu et une reformation inéspérée, dans leur style daté mais non désagréable. C'est donc un hard-rock extrêmement mélodique qui se cache derrière cette jolie pochette romantique, une musique qui a littéralement sauté la transition radicale qu'était la décennie des 1990s; car nous voilà replongés au plein coeur des eighties, quand Bon Jovi, Toto, Journey et consorts squattaient à tour de rôle les premières places du Top 50.

Il n'est donc guère surprenant d'apprendre que les frères Hendrix (Fred au chant, Ron au clavier) ont fait leurs armes dans une multitude de combos directement issus de cette mouvance. Parmi ceux-ci, seul Terra Nova a percé. Le trio de base, comprenant Gesuino Derosas à la guitare, s'est associé sous la demande du label Frontiers à deux musiciens additionnels pour composer et enregistrer ce Escape. A entendre le résultat, on pourrait jurer que les frangins ont été placés en état de cryogénisation avancée au début des 1990s: que l'on parle interprétation ou production, tout nous ramène, et le groupe s'en amuse, comme le laisse supposer la chanson du même titre, "Back In The Eighties". Ca démarre ainsi avec un "Long Live Rock' n' Roll" (non, ça n'est pas une reprise de Rainbow ...), énergique et entraînant, aux guitares gentillettes et aux choeurs FM. "Rock Bottom" est du même acabit, peut-être un chouia plus rapide, et les claviers de Fred mêlés à la voix maîtrisée de Fred y font irrémédiablement penser au Bon Jovi de la période Runaway, soit vers 1984. Il est agréable de constater que le groupe ne sombre pas dans le mid-tempo lourdingue entre deux ballades: les titres hard sont assez incisifs et virulents. Reste que la production les fait sonner comme de la pop, mais c'est le style qui veut ça ...

"Hold The Line" (non, ça n'est pas une reprise de Toto ...) trompe son monde en commençant comme une ballade piano / voix, mais le titre s'emballe rapidement pour donner une envolée rock très mélodique et convaincante. "Escape" est sans doute le morceau le plus rapide, et fait valoir un bien joli duel claviers / guitares, pendant lequel Ron Hendrix semble prendre plaisir à expérimenter des sons saugrenus sur sa bécane. Le bougre s'adonne aussi parfois à l'orgue Hammond ("War On War") et démontre ses qualités de pianiste lors des ballades "Heaven Knows" et "You Are The One", qui bien que ultra one-eyed jack - on croirait du Bryan Adams .. - sont bien interprétées. Moins conventionnelle est "Yesterday" (non, ça n'est pas une reprise des Beatles...), ce qui lui donne une saveur particulière. Tout cela est malgré tout un poil trop facile. Autre morceau "atypique", "Lonely Is The Night" s'emballe sur un riff de clavier inattendu lors des couplets. Le refrain, lui, est en, revanche des plus classiques. Mais ce genre d'expérimentation est toujours plus payant qu'un énième rock FM sans surprise comme "Sole Survivor" ou "Part Of The Game". L'impression d'entendre toujours le même riff est assez frustrante, et Terra Nova n'échappe pas à cet écueil. L'inconvénient du genre est indéniablement qu'il ne laisse que très peu de place à la créativité.

Cela dit, les qualités requises sont bel et bien présentes: une voix mi-écorchée mi-pop très performante, des soli réussis bien que courts et peu nombreux, et des mélodies qui trottent dans la tête un bon moment. L'ensemble est irrégulier, s'essouflant surtout lors de la deuxième moitié du disque. Mais les nostalgiques tiennent là un fort beau vestige du passé, de quoi rassasier leurs oreilles mélancoliques d'un peu de douceur, de quoi oublier qu'un groupe de rebelles nommé Nirvana a en son temps sonné le glas de leur style musical préféré. Celui-ci a survécu, même s'il y a laissé bien des plumes et perdu en crédibilité. Death-metalleux s'abstenir.

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