|
Le
second album attendu de Temple Of Baal « Traitors To Mankind »
est enfin là, après « Servant Of The Beast », qui fut
ma foi une belle surprise aussi. Produite par Ludovic Tournier (Nehëmah,
Himinbjorg …), cette galette vaut bien le détour tant l’on sort
ici des sentiers battus du true black metal nihiliste. Au-delà du
feeling très black metal que l’on ressent dans chaque riff et
dans les vocaux, Temple Of Baal s’accorde des influences plus
sautillantes et diverses, allant principalement du thrash au death.
L’arrivée du nouveau batteur Antares a clairement contribué à
l’ouverture musicale du groupe pour cette dernière réalisation.
Certainement baigné dans un passé metal proche
de Destruction ou des vieux Metallica, le groupe a tenu cette fois
à laisser sa musique s’en imprégner. On retrouve alors une sorte
de hargne nouvelle, soutenue par des riffs de vieux thrash et des
ralentissements propres au doom. Cette influence se ressent dès les
premières notes de Living Fleshthrone, avec un riff vieux comme le
monde, un tempo rapide et un chant accrocheur. Dans le même esprit,
Death Inquisition (dont les paroles ont été écrites par MkM) s’écoute
comme un Dismember version black. C’est pas mal joué et ça a le
mérite de bien dépoter.
Un nouveau virus atteint le monde du black depuis
quelques temps, caricaturé par les dernières réalisations de
Darkthrone (« Too Old, Too Cold »), consistant à
naviguer sur les vestiges du vieux death thrash des années 80. Il
en est de même pour Temple Of Baal qui s’accorde des titres
d’obédience thrash/punk comme Under The Spell, parsemé de soli
nostalgiques. Dans une moindre mesure et plus orienté death,
Bleeding Thoughts s’écoute comme un Kreator qui aurait viré au
black. Un bon break lourd au solo en clair vient ajouter à ce titre
un visage plus noir. En tout cas, cette orientation est une démarche
intéressante pour un groupe qui s’était distingué sur la scène
du true black français. Personnellement j’en reste aux titres
vraiment plus traditionnels mais porteurs de bien plus d’ambiance.
C’est ainsi que Graveyard Of Disgust, Visions
Of Carnage et Crawling In Blood And Puke se distinguent par leur
black metal pur, inspirés de riffs lents et sombres, au tempo très
rapide. On retrouve dans ces titres une touche de Nehëmah qui
n’est pas désagréable, avec des moments plus pesants et doom, écrasants
de haine. Un peu comme Blut Aus Nord, Temple Of Baal parvient à
hypnotiser ses auditeurs par une ambiance globale répétitive, crue
et surtout dérangeante à certains moments. Il n’y a plus qu’à
se laisser guider par le flot des riffs extrêmes et des nombreux
changements rythmiques de batterie. Le coté oppressant et lourd,
certains titres l’exploitent un peu plus (Bitter Days et Flames Of
Baal). Cela donne un album aux intonations variées mais à
l’intention unique. L’ensemble reste tout de même sans
concession, rapide et insolent. Une sorte d’exutoire assez évident.
Le son de « Traitors To Mankind » est
propre tout en étant assez crade. Difficile à exprimer, mais la
puissance et les nuances sont développées, tout en gardant une
facette underground qui va bien. Les guitares sont grasses et accordées
bien bas, tout comme le chant de Amduscias, caillouteux et sale à
souhait. On appréciera la justesse et l’expressivité du chant,
qui montre un travail bien préparé et bien senti. Pas grand-chose
à dire de mal sur cette galette, donc, sinon que l’originalité
des compositions est encore à peaufiner. Petite parenthèse sur
l’artwork plutôt réussi tout en étant sobre.
RETOUR
A L'INDEX
|