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Taake…
Un nom qui ne doit pas beaucoup résonner dans beaucoup de têtes
car peu connu. Pourtant, il s’agit d’un fidèle pilier de la scène
true black et surtout un de ses membres les plus original et inspiré.
Car avec les précédents Nattestid… et … Bjoergvin… le
groupe réalise un début de trilogie remarquable (car oui, Taake a
décidé de faire une trilogie, les points de suspension dans les
titres des albums étant une preuve de cette volonté). Trilogie qui
sera d’ailleurs, et si rien ne change, la seule œuvre que sortira
jamais le groupe. En somme, ces Norvégiens sont des bons gars qui
ont tout compris au black.
Ont-ils encore une fois tout compris? Ma foi, un
début de réponse réside toujours dans la production de l’album.
Très crue, voire crade, elle correspond aux standards du true
black. Nous voilà rassurés. Les guitares sont fantastiques de
froideur, la batterie, sans déverser dans la casserole primaire,
est bien nature et le chant se fait écorché vif de haut niveau grâce
à un timbre particulièrement agressif et désespéré ainsi que
quelques variations qui prouvent que le chanteur maîtrise son art
(sans compter tous les invités de marque). Cette première étape
franchie, nous voilà en confiance, nous pouvons passer à la suite
en déversant les critiques sur les chansons. Critiques positives ou
négatives? Et bien les premières écoutes vous encourageront sûrement
à penser que cet album ne vaut pas la peine. Difficile à suivre,
pas tellement black dans l’esprit finalement et peu intéressant
seront les premières pensées qui vous traverseront. Vous vous
direz aussi que le niveau technique de l’ensemble est
impressionnant pour du black. Mais bon, ce n’est pas vraiment sur
ça que se juge un bon album du genre.
Toutefois, comme vous aimez bien Taake, vous êtes
indulgents et enchaînez les écoutes. Celles-ci se révèleront
clairement bénéfiques à l’album. Car ce qui paraît rébarbatif
et inintéressant au début dévoile ses subtilités et ses
richesses au fur et à mesure des écoutes. Ce dernier album
(malheureusement) des Norvégiens est clairement leur travail le
moins accessible. Résultat d’une longue période de composition
à n’en pas douter, les chansons d’une, s’étalent en longueur
(sept-huit minutes en moyenne), de deux, accumulent les riffs et les
rythmes. Ces deux points expliquent la difficulté d’approche de
l’album. Ils expliquent aussi pourquoi cet album mérite les éloges
et se distingue très nettement de tout ce qui se fait dans le
black. Tout en gardant un esprit très roots (voire même accentué
au fil des albums), Taake lui greffe une complexité et une modernité
réjouissantes dans les riffs et mélodies. Si bien qu’on se
retrouve face à des riffs assez géniaux, des mini soli itou,
quelques arpèges bien à leur place et même un passage dans le
viking metal sur V (le groupe ne nomme toujours pas ses
chansons).
Le groupe n’a donc pas du tout cédé à la
facilité et au contraire s’est efforcé de continuer dans le
chemin qu’il s’était déjà tracé auparavant, c’est-à-dire
un black racé, rapide, pur et toujours plus complexe. Cette
tendance qui était présente sur … Bjoergvin … s’accentue ici
et surtout, est mieux maîtrisée. Car autant … Bjoergvin …
pouvait paraître un peu « trop » sur certains aspects,
autant l’équilibre est retrouvé sur cette galette. Pas trop de mélodies
« soupeureuses » (grosse exagération), pas trop de
claviers. Et ce qu’il faut en riffs bien blacks, froids et
majestueux, vicieux et mortuaires. Bien sûr, tout n’est pas
parfait. Le plus gros reproche que l’on pourra faire à cet album
est son trop grand « optimisme » par moments. En effet,
c’est difficile à expliquer, mais des riffs paraissent trop
joyeux, comme sur IV. Un peu gênant pour un groupe de true
black. Personnellement j’arrive à faire fi de ceci. Mais je
comprends que celui puisse en rebuter certains car c’est assez
incongru. De plus, cette fameuse complexité pourra sembler gratuite
à certains. Il faut voir votre degré de tolérance face à cela.
Cependant, écoutez un peu cette fin d’album dantesque,
franchement un parfait adieu à Taake. Quel riff aux sept-huituème minutes de
VII! Terriblement black par sa noirceur, sa froideur et sa répétitivité
et poignant. Juste beau.
Pour ma part, j’adhère à quasiment tout sur
cet album même si j’ai mis le temps à l’apprécier à sa juste
valeur. A l’heure actuelle, mon préféré de la trilogie. Et ce
n’est pas peu dire. 2005 est donc une sacrée année pour le black
« complexe » avec ce … Doedskvad et le Kenôsé de
Deathspell Omega.
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