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Voilà un premier
album qui a de la gueule. Après avoir regardé l'autocollant promotionnel
on se dit qu'on tient la nouvelle bombe de rock progressif! En
effet, sont annoncés au programme d'Emotional Creatures: Part One
rien de moins que les invités suivants: Tony Levin (King Crimson,
Peter Gabriel, Liquid Tension Experiment etc), Nick D'Virgilio
(Spock's Beard, Genesis, Tears For Fears), Geoff Downes (Asia, Yes)
et des membres de IQ ainsi que de Jadis. On n'en oublierait presque
que l'album en question est signé Steve Thorne! Mais qui est donc
ce bonhomme, inconnu de mes services, qui a réussi à s'entourer
aussi royalement pour son tout premier album?!
Cet Anglais s'est fait "connaître"
en se produisant avec Colony Earth ou The Salamander Project et en
ouvrant pour Jadis pour leur dernière tournée européenne. Dans la
foulée il a certainement convaincu, avec de très bons arguments, cette
pléiade divine de stars de se joindre à une aventure musicale à mi-chemin
entre rock/folk dépouillé et progressif rétro. A l'écoute de Emotional Creatures: Part One,
on se rend rapidement compte que Steve Thorne n'est pas un
débutant. Il est très doué pour écrire des mélodies simples et
très belles comme sur God Bless America où l'on peut entendre
Marton Orford jouer de la flûte. Il convient d'ailleurs à ce stade
de préciser qu'IQ semble être une influence majeure de notre
multi-instrumentaliste. Sa façon de chanter rappelle de loin Fish
également, bien que ce domaine soit sûrement le plus faible du
disque.
Sa grande force, en revanche, réside dans les
interventions des guests. Chacun joue dans son style de base et
apporte la touche finale aux compositions. On appréciera
particulièrement le jeu de Nick D'Virgilio qui se montre très
puissant sur le final énergique de Last Line. Tony Levin nous donne quant à
lui une jolie illustration de sa classe sur le toujours
impressionnant chapman stick lors d'Every Second Counts. En dehors
de cela et de la flûte d'Orford, rien de mémorable à signaler.
C'est en fait le principal reproche que l'on fera à Emotional Creatures: Part One.
L'ensemble des morceaux se laissent agréablement écouter mais il
n'y a que peu de moments réellement accrocheurs. Le style de Steve
Thorne est très calme et aérien; par conséquent l'ennui se fait
rapidement sentir (Tumbleweeds, Goodbye). Arrivé à la moitié du disque, il est très
difficile de trouver la motivation pour aller jusqu'à son terme.
Heureusement, il y a
toujours des chansons qui me feront mentir comme Therapy et sa "guitare-horloge",
Gone et son refrain heavy ou Last Line et son final
entraînant qui n'est pas sans rappeler la nouvelle école Inside
Out (Transatlantic, The Flower Kings et Spock's Beard). On
appréciera donc la qualité de la musique servie mais on restera
sur notre faim en ce qui concerne la prise de risque. Avec un tel
line-up, Steve Thorne aurait pu se permettre quelques
expérimentations ou aventures en domaine inconnu au lieu de rester
confiné dans un folk rock prog. Il n'y a en fin de compte qu'Every
Second Counts qui nous satisfasse de ce point de vue, à défaut
d'être une grande réussite musicale. Espérons qu'Emotional Creatures: Part
Two, déjà composé, aille davantage en ce sens.
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