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Les concerts solo de
grands guitaristes sont généralement l'occasion pour nous de les
découvrir sous une lumière différente. Cela est particulièrement
vrai pour Steve Lukather qui n'a pas pour habitude de faire montre
de son immense talent technique sur les albums ou les shows de Toto.
Heureusement, ses disques solo corrigent ce tir et font honneur au
touché hors du commun de l'Américain qui prouve du même coup que
le modèle de guitare Music Man Signature Steve Lukather n'est pas
volé.
Pour cette tournée, Steve a mis sur place un
"jam band", comprenez par là un groupe qui improvise
énormément sur scène autour de quelques titres. En effet, seuls
huit morceaux auront été joués pour une heure trente de concert.
Car le principal intérêt de la soirée n'était pas d'enchaîner
les meilleures chansons du répertoire solo du gratteux de Toto mais
bien de prendre son pied sur des ambiances feutrées perdues quelque
part entre jazz, rock, fusion et metal instrumental. Certes Steve a
chanté de temps à autre mais ce ne sont pas ces moments-là que
l'on retiendra en priorité.
On préférera se remémorer ces
allers et retours shrédés à toute vitesse avec le plus grand
feeling qui ponctuent en beauté des montées en puissance
progressives prenant
tout leur temps pour s'installer. Seules quelques minutes du set
auront été consacrées à de la démonstation technique mais
contrairement à beaucoup de ses semblables, Lukather ne mise pas
sur cela pour faire l'unanimité. Pire, on retiendra sûrement avant
toute autre chose les sons irréels sortis de son instrument lors du
dernier morceau du rappel, point d'orgue de la soirée qui nous fait
en un clin d'oeil oublier que le set était un peu trop court et
qu'il n'y avait aucune première partie.
En tout et pour tout, Steve Lukather et ses potes n'auront
cédé à la facilité qu'une seule fois avec un Joy To The World
vraiment inintéressant, tout juste amusant. On notera également la
part belle laissée à la basse qui n'a pas manqué de déchaîner
les passions avec des slaps, soli et autres tours de magie
techniques. Difficile d'imaginer un concert de ce type plus poussé
et accompli; pourtant les Etats-Unis ont eu la chance d'avoir Nuno
Bettencourt en plus! Je n'ose même pas imaginer le caractère
orgasmique d'une telle formation. Pour l'heure on se contentera bien
de ce que l'on a vu: un concert de qualité premium qu'il ne fallait
absolument pas manquer.
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