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Steve Hackett s'est
construit un CV des plus respectables depuis qu'il a commencé à
taquiner la guitare. En jouant avec Genesis, The Mahavinsu Orchestra
et Peter Gabriel parmi des dizaines d'autres, Hackett a touché à
de nombreux styles et s'est toujours extrêmement bien adapté à
son environnement. Pour
l'inventeur du tapping il y a toujours eu des défis complètement
fous à relever et sa carrière solo illustre cela à la perfection.
Depuis son départ au milieu des années 70 du groupe mythique de
rock progressif Genesis, Steve
Hackett a alterné les plaisirs en s'attaquant au rock, à la pop,
au jazz et au classique. Son dernier album, To Watch The Storms,
combinait d'ailleurs merveilleusement tout cela dans une recherce d'éclectisme très séduisante.
En 2005, le projet musical
de Metamorpheus est bien différent et rappelle plutôt l'album A Midsummer's Night
Dream qu'autre chose. Ici, l'Anglais joue
de sa guitare acoustique avec un orchestre. A certains moments la
guitare conduit les opérations (To Earth Like Rain, Eurydice Taken,
The Broken Lyre, Return To The Realm Of Eternal Renewal...) et à d'autres
c'est à l'orchestre que revient la mission de façonner la mélodie
(The Dancing Ground, Charon's Call, Severance, Under The
World-Orpheus Looks Back...). On oscille constamment entre pièces
classiques et musiques de films, tout en sachant bien entendu que
ces dernières se nourissent des premières. Metamorpheus n'est pas
un album facile à appréhender, d'une part à cause de sa profonde
tristesse et de l'autre par sa complexité.
En effet, à force d'écouter
du rock, nos oreilles sont habituées à un certain format musical
qui ne demande aucun effort. Metamorpheus nous rappelle que
l'auditeur ne doit pas être passif et se concentrer pleinement sur
l'oeuvre proposée pour espérer saisir, sinon ses subtilités, au
moins son sens. Cet album incite dès le départ à rentrer dans son
univers et à se mettre en mode contemplatif. C'est seulement alors
que l'auditeur vera au-delà de la musique à priori ennuyeuse mais
qui couvre pourtant un spectre d'émotions bien plus important que
la grosse majorité des disques de musique électrique. Suspense, tension,
grandeur, colère, amour, passion, mort, tout est présent au cours de la petite
heure que dure Metamorpheus. En ce sens, on a véritablement
l'impression d'avoir à faire à une bande originale de film, à
ceci près que tout est accéléré, la musique couvrant chaque
minute de l'action.
Metamorpheus est une oeuvre qui procure
un plaisir immense si l'on se donne les moyens de s'y plonger. Bien
que certaines longueurs un peu lourdes, en particulier sur la
seconde partie du disque, se fassent sentir çà et là, elles sont
présentes pour mieux mettre en relief les moments forts de l'album
qui n'auront aucun mal à nous émouvoir. Les fans du jeu Steve
Hackett seront ravis car on retrouve bien entendu son feeling intact
à base des notes aériennes et virevoltants. Une bel ensemble
signé par un artiste qui après plus de trente ans n'a toujours pas
tout dit!
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