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SOWN
DOWNSIDE (2007)
LINE UP :
Nicola Boni (chant)
Angelo Rissini (chant)
Damiano Bessi (guitare)
Marco Borella (guitare)
Alessandro Re (basse)
Alessandro Zito (batterie)
Sown Downside
CHANSONS QUI TUENT :
Gaping Hole
My Time
CHRONIQUEUR :
Cosmic Camel Clash
(Juillet 2007)
NOTE :
10 / 20

C'est facile de dire du mal du néo aujourd'hui, en particulier maintenant que les groupes de heavy, thrash et assimilés ont retrouvé le chemin du succès. Mais la vague néo aura mis finalement une bonne décennie à retomber, ce qui est pas mal du tout pour un genre dont les détracteurs avaient signé l'arrêt de mort à très court terme. Et comble de l'ironie, sortir un album de néo aujourd'hui est devenu un acte courageux et porteur d'authenticité! Donc si les Sown se font un jour traiter de suiveurs ils pourront même rétorquer « nous avons sorti un album de néo-metal en 2007 au lieu de faire de l'emo, du metalcore ou du power mélodique teinté de prog, s'toi le suiveur!! ». Allez, ressortons le baggy et appuyons sur play.

Ce qui est bien quand on fait du néo en 2007, c'est qu'on a plus de dix ans d'histoire du genre et d'approches dans lesquels piocher. On peut aller donner des couleurs un peu orientales à la SOAD ("Crawling At The Bottom"), oser les deux guitares qui ne font pas la même chose et les slogans répétés jusqu'à plus soif comme Soulfly ("Seven"), repiquer les gimmicks vocaux de Jon Davis ("Seven" encore, "Hoggish") ou de Dez Fafara du temps où il était dans Coal Chamber ("Overrule"). On peut aussi complexifier ses riffs rythmiques en y mettant des accords plus recherchés tels le Deftones moyen (l'intro de "Sweet Smiling Stars"), faire un riff qui soit aussi une mélodie comme Mudvayne (celle de "Ever Increasing"), etc, etc... C'est donc triste à dire, mais les limites de Sown sautent aux oreilles dès la première écoute : ce côté copier-coller des groupes majeurs du genre est très gênant, et certains autres défauts qui auraient pu passer avec une musique moins convenue s'en trouvent renforcés. Ainsi, on ne peut que remarquer la faiblesse générale du son, en particulier la grosse caisse famélique, et l'approximation de certains passages instrumentaux comme vocaux qui sonnent brouillon. Aïe...

Mais bon, cet album n'est tout de même pas dénué de qualités. Le double chant est bien en place, et la sonorité originale du chant hurlé ultra-saturé et limite postcore surprend. Certains passages font dresser l'oreille : l'intro de basse flangée de "Gaping Wound" et les variations de batterie du titre autant que ses riffs claquent bien par exemple, et les dissonnances des couplets de "My Time" sont audacieuses. Le groupe met également un avant une certaine maîtrise du riff hardcore qui fait sauter, et surtout certains plans semblent incongrus tant ils sont réussis, donc en décalage avec le reste. Après un début bien pompé sur Stone Sour et Korn, "Hoggish" étonne franchement en envoyant un riff en harmoniques éléphantesque à 1'41'' qui colle la banane... jusqu'au riff en harmoniques d'après qui pour sa part tombe complètement à plat. A force d'écouter les chansons on réalise également que Sown s'escrime à ne pas faire de titre linéaire ou simpliste, alignant toujours un minimum honorable de riffs différents par compo. Mais bon, ces quelques lueurs d'inspiration ne relèvent pas vraiment un niveau plombé par un manque d'inventivité évident.

Il s'avère donc que si sortir un album de néo en 2007 est inattendu, sortir un bon album de néo est ardu. Sown ne parvient que très rarement à se démarquer de ses maîtres, et si Downside aligne les qualités sine qua non d'un disque du genre (catchy, sautillant, énergique à souhait), mais ne marque que très peu l'auditeur, la faute à une absence totale de prise de risque et une créativité très limitée. Attendons plutôt tranquillement le prochain Mudvayne...

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