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SOULFLY
Dark Ages (2005)
 
 

 
 
 

LINE UP :
Max Cavalera (guitare+chant)
Marc Rizzo (guitare)
Bobby Burns (basse)
Joe Nunez (batterie)
 
 
 

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CHANSONS QUI TUENT :
Babylon
Carved Inside
I And I

CHRONIQUEUR :
-the lord
(Octobre 2005)
 

NOTE :
16 / 20
 
 
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Le thrash éthnique de Soulfly avait culminé l'an dernier avec un Prophecy vraiment réussi. Il faut croire que Max Cavalera est dans une très bonne période d'inspiration car son successeur est encore meilleur et encore plus varié! Dark Ages allie comme jamais puissance, agressivité et expérimentation. Et à l'instar des voyages effectués par Max pour mettre en boîte l'opus enregistré entre Serbie, France, Turquie, Etats-Unis et Russie, Dark Ages regorge d'influences diverses reliées entre elles par le chant dévastateur du Brésilien. De plus, les sonorités très thrash eighties sont de façon étonnantes très présentes en particulier sur d'excellents passages instrumentaux (I And I, Carved Inside, Corrosion Creeps). Il n'en fallait pas plus pour obtenir possiblement le plus abouti des albums de la carrière de Max Cavalera, rien que ça.

Il faut dire que presque tout ici respire le travail minutieux. Que ce soient les parties atmosphériques de I And I ou de Frontlines, les percussions omniprésentes sur tout l'album et qui arrivent à leur paroxysme sur Innerspirit et Soulfly V, le riff supersonique de Carved Inside, le rock planant de Soulfly V ou les paroles brutes de Frontlines ainsi que de Fuel The Hate, tous les ingrédients sont dosés avec parcimonie et ne lassent jamais l'auditeur. Dans ce contexte, même des chansons plus simples comme Frontlines, Molotov ou Arise Again parviennent à nous marquer. Celles-ci sont complètement apocalyptiques, menées de mains de maître par un chef d'orchestre qui intègre aussi bien les notions de mélodies que de chaos dans ses compositions. Frontlines symbolise cela à merveille grâce à des couplets compacts et denses alors que le refrain est plus aéré et libérateur.

On pense alors à des groupes tels que Biohazard mais la touche Cavalera apporte énormément de personnalité en particulier dans le domaine du chant. Depuis la formation de Soulfly, certains n'ont pas adopté le changement vocal de Max mais il faut bien admettre qu'en 2005, le chanteur n'a jamais été aussi efficace dans son registre. Alors bien entendu, il y a quelques baisses de régime sur Dark Ages comme lors du mid tempo Bleak, bien trop prévisible et sans relief pour devenir addictif. Stay Strong, avec le fils de Max au chant, est le seul raté total avec cette ambiance néo-hardcore complètement insipide et dénuée de sens. Corrosion Creeps et, dans une moindre mesure, Innerspirit traînent un peu la patte et perdent en intensité alors que leurs bases musicales sont tout ce qu'il y a de plus solides. Innerspirit voit pourtant un duo inattendu entre Cavalera et l'artiste serbe Coyote qui sévit au chant et au trombone sur cette ballade expérimentale.

Malgré cela, du côté des expérimentations, on préférera nettement Riotstarter qui sonne comme du Prodigy industrialo-tribal ou le dépouillé Soulfly V. Vous l'aurez compris, il y a de tout sur Dark Ages. Cette variété n'est pourtant pas la dernière des qualités de l'album. Il capture à merveille toutes les composantes (spiritualité, colère, ouverture d'esprit et agressivité) de l'univers unique d'un artiste trop souvent catalogué comme "celui qui s'est barré de Sepultura". A l'écoute de ce superbe album -sans doute un poil trop long- on n'aura jamais été aussi content qu'il lâche l'affaire.

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