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En
voilà un album qui recèle une surprise de taille, et quelle
surprise! Après vingt années passées au service d'un thrash sans
compromis, Sodom choisit de se réinventer avec cet album homonyme
qui risque d'en déstabiliser plus d'un. Finies les rythmiques
directes et agressives, l'heure est aux mesures asymétriques et aux
compositions à tiroirs, ou des instruments inédits pour le groupe,
comme le mellotron et la harpe celtique côtoient des percussions
congolaises et une orgue Hammond assurées par Jon Lord en guise de
guest-star. Et c'est sans compter le chant féminin et l'orchestre
symph...- Coupeeeeeeez! Non, mon petit, ça manque de
conviction là, de vécu. C'est pas mal, mais je veux voir briller
dans tes yeux cette flamme qui anime les gens qui viennent d'avoir
la Révélation, tu vois ce que je veux dire, coco? Allez, une
demi-heure de pause, histoire que tu puisses bien t'imprégner de ce
que je viens de dire, et on la refait. Hum, toutes mes excuses, je suis en plein
tournage d'un film de science-fiction, "Sodom fait du prog,
avec un Ian Gillan qui a réappris à chanter". Nous disions
donc, le nouveau Sodom. Contrairement à ce que laissait supposer
cette intro digne d'un mauvais poisson d'avril, aucun changement
notable à signaler chez l'Oncle Tom et sa bande, et cet album éponyme
se situe plus ou moins dans la lignée de la précédente livraison,
M-16. Le Sodom des années 2000 est légèrement plus posé que par
le passé, préférant miser sur le mid-tempo accrocheur plutôt que
les doubles croches speedées et les rythmes frénétiques. Mais il
ne faut pas penser pour autant qu'il ne reste plus de poudre dans
les poudrières, comme le démontrent Blood On Your Lips, Wanted
Dead et surtout l'excellent Lords Of Depravity, mettant en avant la
face la plus sauvage et agressive du groupe. Pour ce qui est des compositions au feeling plus
heavy, l'impression qu'elles laissent est nettement en-deçà de ce
à quoi on pouvait s'attendre après M-16, où ce genre de titres
faisaient les meilleurs moments de l'album. Pas grand-chose sur
Sodom pouvant vraiment rivaliser avec Napalm In the Morning ou
Marines, si ce n'est peut-être Axis Of Evil, inspiré de
l'expression lancée par un texan bien connu et proposant un
excellent break acoustique où Angelripper démontre une fois de
plus sa capacité à exprimer une rage contenue. La faute en revient
peut-être à une production très crue, avec un son de guitare égalisé
dans les aigus et doté d'un grain très prononcé, desservant
quelque peu ce genre de chansons. Pour le reste, quelques passages
sympa, comme les tremolos fleurant presque le black metal (City Of
God et Lay Down The Law), quelques couplets murmurés sur fond de
section rythmique, un peu de guitare acoustique... Bref pas vraiment
de quoi pavoiser. Sodom propose donc un album plutôt correct, mais
dont le contenu ne pourra vraiment exciter que les fans de thrash
les plus convaincus, car les autres pourront difficilement retenir
un bâillement à l'écoute de chansons un peu trop convenues comme
Bibles And Guns, No Captures ou Nothing to Regret ou d'autres en
demi-teinte, comme City Of God, Buried In The Justice Ground et The
Enemy Inside. Petite baisse de régime pour un groupe qui mérite
quand même nettement mieux. Ils devraient y penser, à cette
histoire de mesures asymétriques et de mellotron pour la prochaine
fois...
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