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SHRINK ORCHESTRA Plunderphonics (2005) |
LINE UP : Romaric (chant) Shrink V. (machines+clavier) Mr X. (violon alto) Distürb (scratches+samples) Guyom (batterie) Huggy (vidéo) |
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CHANSONS QUI TUENT : Avis A La Population Days Exhausted |
CHRONIQUEUR : Cosmic Camel Clash (Juillet 2006) |
NOTE : 15.5 / 20 |
Après s'être forgé une réputation de groupe live d'exception -rappelons que le groupe a gagné le tremplin des Eurockéennes- et après la démo Eklectro qui constituait une bonne porte d'entrée dans l'univers dub-ambient-rock-pop-jazz-etc de la formation, le Shrink Orchestra sort ce premier album marquant le départ de Piero à la trompette et l'arrivée de Xavier à l'alto. Plus fouillé et plus travaillé qu'Eklectro, Plunderphonics est une œuvre maîtrisée qui propose une variété sonore honorable et une production enfin à la hauteur des ambitions artistiques du groupe.
Remplacer une trompette par un violon, l'idée était osée. Que les fans de Piero se rassurent : ce dernier apparaît sur l'album en tant qu'invité et certaines de ses parties ont été samplées. Par contre l'arrivée de Mr. X au violon alto amène un plus indéniable : ses interventions se mêlent avec finesse aux compos existantes et ses parties originales sont inspirées, comme en témoigne l'intro très mélancolique d'Hamana. La plupart des titres d'Eklectro sont repris ici et certains sont vraiment magnifiés par les ajouts apportés, en particulier Days qui était déjà un excellent titre mais qui prend une toute autre dimension grâce aux éléments orientaux et à la cascades de mélodies ajoutées.
Les progrès de la production sont énormes : là où la démo pêchait par un son trop lisse, Plunderphonics propose un son incisif, riche et varié. La production du chant rend enfin justice à l'organe versatile de Romaric et son registre allant du reggae au chant agressif à la Lofofora (groupe culte du bonhomme) plus quelques passages rappés. Enorme en live, la voix de Ro manque encore ici un tout petit peu d'ampleur mais sa rage passe enfin le cap de l'enregistrement, et Exhausted le voit assurer un chant réellement violent. Le mix est également de très bonne facture et la richesse des arrangements se déguste aussi bien sur une chaîne qu'au casque.
La démarche principale du Shrink Orchestra est le mariage de sons divers autour d'un squelette electro-dub et cet exercice leur réussit particulièrement bien. Leur son très personnel se compose d'un mille-feuille constant de lignes mélodiques (claviers, trompette, violon, chant, samples…) que fait groover une association rythmique machines-batterie extrêmement énergique. Cette musique s'écoute autant qu'elle se vit en live, ce qui constitue la principale avancée du groupe qui a réussi à faire de son brassage constant d'influences un moyen de réaliser de la musique artistiquement développée et plus seulement très efficace.
Emblématique de progrès honorables et d'un potentiel jamais démenti, Plunderphonics est par contre encore trop court, à mi-chemin entre l'EP et l'album. Six "vrais" titres dont trois déjà présents sur la démo précédente plus deux remixes totalement dispensables, on sent une certaine volonté de sortir rapidement un produit "fini" un peu artificiellement au lieu d'avoir pris le temps de peaufiner quelques compositions de plus. Dommage, car le Shrink Orchestra avait atteint une maturité artistique certaine… Il faudra voir comment le groupe assurera sa prochaine sortie post-Romaric, car le récent renvoi de leur chanteur emblématique fait peser un sacré doute sur l'avenir de la formation. Croisons les doigts…

