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Trois ans après leur
premier album, Northern Recital, les Français de Seyminhol
entendent bien imposer leur viking-metal à un public plus large.
Northern Recital était une sacrée surprise et laissait présager
le meilleur pour la suite. Mais Seyminhol se contente sur
Septentrion' Walk d'aplliquer à peu de choses près la même
formule, ce qui est logique après tout puisque c'est la suite de
Northern Recital. Plus épique, mieux produit, avec davantage de
choeurs et la présence d'un orchestre médiéval, Seyminhol
renforce le côté viking de sa musique.
Certains passages n'auraient pas dépareillé sur
une B.O. de film (A Fatal Omen, l'intro de Return Of The Long Snake,
Veizla ok Orykkja). Du Hollywood metal grandeur nature donc, mais la
base de Seyminhol demeure heavy, avec un mélange de divers styles
de metal; un peu de symphonique par-ci, de progressif par-là, de
death metal même (sur Godfred's Will). Ceux qui ont aimé Northern
Recital apprécieront vraisemblablement ce nouvel album. Seulement,
pour les défauts que contenait le premier album, on a laissé
passer car c'était le premier et tout le monde a le droit à des
erreurs de jeunesse. Mais quand on retrouve les mêmes défauts sur
le second album, là on se dit qu'il y a comme un problème et on
devient moins indulgent.
Les chansons sont trop longues, elles s'étendent
généralement sur sept ou huit minutes, là où quatre ou cinq auraient suffi!
Je préférais le premier album, plus direct et moins grandiloquent.
Pourtant, ce n'est pas l'inspiration qui manque aux gars de
Seyminhol, mais ils ont tendance à trop étirer leurs bonnes idées.
Tout cela est un peu indigeste, trop chargé sûrement. Ce sont
surtout le chant et les claviers de Nicolas Pélissier, le principal
compositeur, qui constituent la base mélodique de chaque morceau.
Les guitares servent de support rythmique, ce qui ne les empêchent
pas de s'illustrer à quelques reprises, sans verser dans les clichés
du speed mélodique (solos à toute berzingue) ou du metal-prog
(overdose de technique). Le chanteur s'en tire bien et a une voix
qui colle parfaitement au trip viking. Mais il ne varie pas énormément
dans ses intonations.
On retiendra quelques mélodies qui sortent du
lot: le refrain de Return Of The Long Snake, le heavy The Bloody Rampart avec une basse vicieuse, de bons riffs et des choeurs
majestueux sur le refrain, vraiment bien vu! Ni trop long, ni trop
court, The Bloody Rampart est un modèle de composition à suivre et
ne contient aucune longueur. Enfin, la superbe ballade Breath of
fate rappelle à quel point Seyminhol est à l'aise dans ce registre! Cette ballade permet surtout de varier les plaisirs, avec également
le final de toute beauté, The Kiss Of Dusk, sur lequel Seyminhol
reprend à la fin un air déjà présent sur Northern Recital (idem
pour l'intro de A Furore Normannorum). Bref, Seyminhol a toujours
une forte personnalité et nul doute que l'aspect épique renforcé
devrait trouver de nombreux adeptes. Mais pour les lourdeurs
que j'ai citées, Seyminhol aurait pu (et est capable de) faire
mieux. C'est en tout cas tout ce que je leur souhaite.
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