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Loin de ses compères
progueux, le chanteur de Symphony X a décidé pour son premier
album solo de revenir à ses racines: du bon vieux rock/hard, très
typé 1970s, dans la mouvance de groupes comme Led Zeppelin,
Rainbow, ou encore Black Sabbath. Les inconditionnels du grand
balaise dans sa formation d'origine seront donc à coup sûr étonnés
de la voie qu'il a choisie. D'autant que, plus qu'un album solo,
Atomic Soul est également l'occasion pour Russell Allen de montrer
qu'il n'est pas "qu'un" grand chanteur...
Car le bougre s'est aussi attelé à
l'enregistrement des parties de guitare, de basse, et même de
certains soli de claviers. C'est donc bien à un musicien expérimenté
que nous avons affaire, dont on est sûr désormais que l'ouvrage
reflète fidèlement ses envies et ses intentions. Laissons-le
s'exprimer! Bien entendu, de telles compositions n'ont absolument
pas leur place au sein de Symphony X. La démarche de Russell Allen
est donc compréhensible, surtout lorsque l'on sait que la musique
de son groupe est essentiellement composée par Michael Romeo et
Micheal Pinella, respectivement guitariste et claviériste... Ici,
on revient à quelque chose de beaucoup plus simple et brut.
La voix de Sir Allen se fait plus rauque, plus énervée,
bref plus rock 'n' roll, mais n'en perd rien en capacité. Les
morceaux vont directement à l'essentiel, servis pour cela par une
production - signée Russell lui-même, encore une fois - qui
accentue perticulièrement la guitare et la voix, conférant ainsi
un esprit heavy à l'ensemble du disque. "Voodoo Hand" ,
"Blackout" ou "Loosin' You" sont ainsi de purs
hymnes rock, très directs, imparables. D'une manière générale,
les riffs sont simples mais entraînants, les soli courts, et les
refrains aucunement prise de tête; juste un disque de rocker. La
formule est répétée onze titres durant, ce qui peut avoir
tendance, il faut en convenir, à devenir rébarbatif pour l'amateur
des multiples mouvements des compositions de Symphony X. Russel
Allen s'essaie néanmoins avec bonheur à la ballade, avec la tout
de même très musclée "The Distance", chantée d'une
voix plus douce, mais également à "l'épique" - c'est un
bien grand mot - avec "We Will Fly" et ses huit minutes au
compteur, qui jouissent d'un son de clavier admirablement rétro,
limite jazzy.
On intuite aisément les influences du vocaliste:
Led Zeppelin, de façon récurrente, et les 1970 en général, mais
aussi des tenants plus contemporains, plus improbables, de ce style
rock: Alice In Chains, Soundgarden, Badlands. Frappant là où on
ne l'attendait pas, Russell Allen va certainement avec cet album
faire jaser pas mal de fans de metal progressif jusqu'au boutistes,
en leur "infligeant" cette "regression"
musicale, ce retour aux racines qui complète sa personnalité de
chanteur. Une démarche risquée, qui peut toutefois se solder par
un départ en tournée, si le public est réceptif. Espérons pour
lui que l'ouverture d'esprit sera de mise lors de la sortie d'Atomic
Soul... En tout cas, rien que pour le geste, bravo.
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