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RUSSELL ALLEN'S ATOMIC SOUL
19 avril 2005
 
JOURNALISTE :
Lord Henry
 
INTERVIEW AVEC:
Russell Allen
Chanteur-guitariste-bassiste-claviériste
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Le vocaliste de Symphony X se lance en solo. L'événement valait bien que les Immortels s'y intéressent. C'est donc par téléphone que le grand - mais gentil - Russell Allen nous a contactés, afin de s'expliquer plus en détail sur ses intentions. Russell Allen's Atomic Soul (cliquez pour lire la chronique), le pari de Russ, pourtant loin d'être gagné d'avance, en vaut la peine. Compte-rendu de l'entretien.

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Lord Henry : Ton album solo Atomic Soul est très différent de ce que tu fais habituellement avec Symphony X: plus orienté rock 'n' roll, plus roots, plus simple. Etait-ce pour toi en quelque sorte un moyen de t'échapper de la complexité inhérente aux compositions de ton groupe principal?

Russell Allen (chant+guitare+basse+claviers) : M'échapper? Non. Je n'en ressens pas le besoin. J'aime la musique de Symphony X pour ce qu'elle est, et je ne la conçois pas autrement. Non, j'avais simplement envie de revenir vers mes racines. Il n'y a aucun intérêt à produire des albums solo si on y fait la même chose que dans sa formation d'origine. J'ai donc suivi mon instinct. Je viens du rock, et cet album en est la preuve. J'avais envie de changer d'air, tout simplement.

Lord Henry : Ton album me fait énormément penser aux groupes rock/hard des années 1970; on imagine donc que tu es fan de formations comme Black Sabbath, Led Zeppelin, Deep Purple, etc. Quelle est ta principale influence?

Russell Allen : J'aime ces groupes, c'est vrai, mais peut-on réellement parler d'influences, perceptibles dans la musique? Je n'en suis pas sûr. Je n'ai sans doute pas le recul nécessaire. Toujours est-il que j'ai été bercé dans mon adolescence par ces groupes, mais aussi et surtout par Rainbow. Dio est l'un de mes chanteurs favoris, et je me suis toujours senti attiré par ce rock à la fois dur, solide, heavy et mélodique. Peut-être qu'en composant Atomic Soul cet esprit s'est inconsciemment adjoint à mon travail, mais honnêtement je n'ai pas cherché à ressembler à qui que ce soit. Tout s'est fait naturellement. 

Lord Henry : Pour Atomic Soul, tu joues de la guitare et de la basse. Etait-ce un challenge pour toi? Ou bien un moyen de prouver à tes fans que tu n'es pas "qu'un" chanteur?

Russell Allen : (rires) En réalité, j'ai pas mal hésité avant de me lancer. Je m'en sentais capable, mais j'aurais tout aussi bien pu faire appel à des musiciens plus doués que moi. Mais lorsque j'ai fait écouter à Michael Romeo (NDLH: guitariste de Symphony X) et aux autres quelques riffs, quelques idées, ils m'ont poussé dans l'autre sens: "Allez Russ, tu peux le faire, vas-y!" (rires). Ils m'ont vraiment mis en confiance. On peut même dire que ce sont eux qui m'ont poussé à le faire! Et puis comme j'ai composé cet album seul, il leur paraissait logique que je contrôle également une bonne partie de l'aspect musical, et pas seulement le chant. Ce qui est très vrai: je savais ce que je voulais, mais j'aurais eu du mal à l'expliquer à une tierce personne. Finalement j'ai joué les parties de guitare, de basse, et même un peu de claviers. Et j'en suis satisfait.

Lord Henry : Tu as également été en charge de la production d'Atomic Soul. J'ai le sentiment que tu as tout de même voulu garder un certain aspect metal, par ce son très brut qui insiste particulièrement sur la guitare...

Russell Allen : Là encore, il m'aurait été difficile de retranscrire mes idées à travers quelqu'un d'autre. Je voulais faire un album de hard-rock "crushy": la guitare est donc forcément mise en avant, mais aussi la voix. La plupart des lignes vocales sont assez simples et gagnent ainsi en puissance. J'avais envie d'avoir un son très net et direct, différent de celui de Symphony X par exemple. Il m'a semblé par conséquent normal de m'atteler à la production en plus du reste.

Lord Henry : Tu sors ton premier album solo: cela signifie-t'il que tu ne parviens pas à t'exprimer comme tu le voudrais au sein de Symphony X? Les autres membres ne te laissent-ils pas intervenir lors du processus de composition?

Russell Allen : Si, ils me laissent intervenir. Mais à vrai dire je n'en éprouve pas le besoin. Romeo et Pinnella sont à la base du groupe, ils en ont forgé l'identité, et ce sont de bons musiciens en qui j'ai confiance. Ce qu'ils proposent me plaît. Je me contente juste de quelques petites idées ou mdifications, par ci par là. Pour Atomic Soul, c'est différent. J'ai tout composé de A à Z, et comme je ne suis pas instrumentiste à la base, je joue par oreille et c'est difficile. C'est vraiment l'aventure pour moi cet album solo (rires)!

Lord Henry : Combien de temps as-tu donc travaillé sur ton album?

Russell Allen : J'ai commencé à composer en septembre 2003, pour finir vers avril 2004. Cela fait donc 7 / 8 mois, rien que pour l'écriture.

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Lord Henry : Vas-tu défendre Atomic Soul sur scène?

Russell Allen : J'aimerais bien. Cela dépend surtout de la réaction du public. Si l'album se vend bien, si nous percevons un feedback intéressant, nous monterons très certainement une tournée. Pour le moment nous attendons donc la sortie de l'album dans le commerce.

Lord Henry : Et si elle a lieu, tiendras-tu la guitare en live?

Russell Allen : Ca se pourrait. Mais nous n'y avons pas encore refléchi. Et puis tu sais, quand je suis sur scène, j'ai besoin de bouger, d'aller vers le public, micro en main, je n'aime pas rester statique... C'est mon boulot de chanteur après tout! Je peux me le permettre, à la différence des autres musiciens, et ça me plaît énormément. Je ne sais pas si je me priverai de ce plaisir pour Atomic Soul...

Lord Henry : Es-tu conscient, pour revenir à ton album, que ta démarche est risquée? Par exemple, ici en France, Symphony X a beaucoup de succès; ne crois-tu pas que certains fans vont être "dépaysés" par ce que tu leur proposes, c'est à dire un album de rock/hard assez basique, loin du metal progressif alambiqué de ton groupe principal?

Russell Allen : Ce que tu dis là m'a longtemps tracassé. Je cherche à surprendre mon auditoire, mais pas dans le mauvais sens du terme! Je ne tiens pas à le choquer, encore moins à le dégoûter. J'ai donc effectivement envisagé la possibilité que le public n'adhère pas du tout à mon projet. C'est possible, et c'est un risque que je prends. Et si je me plante, au moins je n'aurai pas de regrets: j'aurais essayé. Cela dit, je suis persuadé qu'un fan de metal progressif peut aimer Atomic Soul! L'ensemble n'est pas linéaire, c'est un album très dynamique, avec différentes atmosphères, notamment bluesy. Je pense par exemple qu'un titre comme "We Will Fly" est assez fédérateur à ce niveau. J'ai hâte de voir la réaction du public quand nous jouerons ce morceau sur scène. Bref, je sais que tout est très différent avec Atomic Soul. C'est un gros pari. Mais j'y crois (rires)!

Lord Henry : Et si ton album fonctionne bien, en appellera-t-il d'autres?

Russell Allen : Je peux d'ores et déjà te dire que ma maison de disques est partante! Je pense que ça me plairait bien aussi. Ils ne seraient d'ailleurs peut-être pas exactement dans la veine de celui-ci, même si je tiens à garder l'aspect rock. En tous les cas, il est trop tôt pour en parler: voyons d'abord ce que ça va donner avec Atomic Soul.

Lord Henry : Je suis curieux de savoir ce que tes compères de Symphony X ont pensé de ton album...

Russell Allen : Ils l'ont aimé! Ils ont bien compris mon ambition, et ils ont été particulirement sensibles au fait que j'aie essayé d'avoir un regard neuf et frais sur mon travail. En fait, ils m'ont été d'une aide très précieuse tout au long de l'enregistrement, et même après; ils n'ont pas hésité à me donner leur avis, à émettre des critiques, positives ou négatives d'ailleurs, à me dire ce qui pouvait selon eux rendre le tout encore meilleur. Ce sont des musiciens ouverts.

Lord Henry : Quelle importance alloues-tu à ta carrière solo?

Russell Allen : Ce que j'ai produit là est un essai. J'avais envie de m'exprimer, je l'ai fait. Mais il est clair pour moi que jamais Atomic Soul ne prendra le pas sur Symphony X. C'est ma priorité absolue.

Lord Henry : Justement, as-tu des nouvelles à nous donner? Que se passe-t-il du côté de Symphony X en ce moment?

Russell Allen : Eh bien nous préparons un nouvel album. Nous en sommes actuellement au stade de la pré-production. Ce que nous avons réalisé jusque là me semble vraiment bon: peut-être un peu plus sombre qu'à l'accoutumée, mais je dirais que l'ensemble sonne plus travaillé, plus mature. Même si la musique reste assez technique. Tout ça me semble assez prometteur! Je n'ai aucun idée d'une éventuelle date de sortie. Mais n'attendez rien avant la fin de l'année en tout cas.

Lord Henry : Lorsque nous avons interviewé Michael Romeo et Michael Pinella, ils nous ont confié que vous aviez le projet de ré-enregistrer le premier album de Symphony X, avec toi derrière le micro. Qu'en est-il aujourd'hui?

Russell Allen : C'était prévu, effectivement... (rires). Mais les choses ne se passent pas toujours comme on le souhaite. Nous n'avons pas reparlé de ce projet depuis bien longtemps. Cela ne veut pas dire qu'il est définitivement abandonné, mais rien n'a été fait pour le moment.

Lord Henry : Question-piège: si tu devais choisir un seul moment dans ta carrière, de quoi es-tu le plus fier?

Russell Allen : Je dirais ce dernier concert à Paris (NDLH: le 19/10/2003). C'était une soirée exceptionnelle à tous points de vue. Le public était extraordinaire. Et je me souviens que nous avions bien assuré également! J'ai pris mon pied sur scène ce soir là. J'en garde d'excellents souvenirs.

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