16 juin 2007
par David
Les Stones, un an après leur dernier concert au Stade de France, sont venus assurer la deuxième date qui avait été annulée l'an passé à cause de l'accident de cocotier de Keith Richards (!!!!). Quelques fans dans les premiers rangs transporteront une peluche en forme de cocotier, en hommage au grand Keith ! Le concert n'est pas complet et il est assez facile de se procurer le jour même une place moins chère que les prix annoncés. Les revendeurs de billets ne feront pas recette cette fois, un gros concert non complet entraîne toujours une déflation conséquente. Mais on peut ressentir ici ou là une crainte dans le public, suite aux retours peu élogieux des derniers concerts donnés par les Stones sur cette tournée. Bah, à Paris ils vont mettre le paquet se dit-on, comme d'habitude !
En première partie, Starsailor, un groupe pop-rock avec un single qui cartonne en ce moment à la radio. Une prestation correcte, mais une musique mollassonne qui ne suscitera pas énormément d'enthousiasme dans la foule ; exception faite du fameux single justement. Sur, on aurait préféré Ac/dc ou Mötley Crüe mais bon. Le chanteur rencontrera quelques problèmes de grésillements avec son micro, ce qui l'agacera un peu. Cela peut se comprendre, surtout quand un groupe se produit devant autant de monde, il est en droit de s'attendre à des conditions optimales pour assurer le concert.
Bizarrement, ce n'est pas vraiment l'euphorie dans le public avant que les Stones montent sur scène, comme si les fans se préparaient au pire, on observe un silence inquiétant pendant longtemps, brusquement interrompu par une ola de rigueur. Ah, quand même, on se réveille ! Voilà les Stones qui débarquent, et là, pas (ou peu) de réactions dans les premiers rangs, pendant les premiers morceaux. Stupeur : qu'ils sont vieux, mous, fatigués, au bout du rouleau, il ne se passe rien ! Un Keith Richards complètement à côté de ses pompes, au physique délabré (pire que d'habitude !), presque méconnaissable. Des pains, en veux-tu en voilà, des riffs quelques fois décalés du tempo de Charlie, on croit rêver... n'importe quel tribute-band des Stones jouerait mieux que ça ! Bien entendu, ce n'est pas Ron Wood qui va relever le niveau ! Et comme pour Keith, Ron Wood est effacé, dans son coin et ne fait pas le pitre (d'habitude il est là pour ça Ronnie !).
Mick Jagger assurera le show à lui seul, toujours très pro, sa forme physique est impressionnante, de même que son chant, impeccable du début à la fin. Quant à Charlie Watts, même chose, le gardien du tempo avec ses roulements de caisse claire inimitables, toujours les mêmes depuis 35 ans et on ne s'en lasse pas ! Les musiciens additionnels sont également en pleine forme, notamment Chuck Leavell, dont les claviers ne s'entendent pas trop, ô joie, et Daryl Jones, le fameux bassiste qui n'apparaîtra jamais sur les photos officiels du groupe. Ben oui, il y a tellement peu de choses à dire sur ce concert qu'on en vient même à parler de la prestation des musiciens additionnels, c'est dire ! Mick Jagger annoncera à un moment la présence du Premier Ministre de la France, François Fillon : les sifflets ne se feront pas attendre ! Un excellent sondage mine de rien, annonciateur du reflux de la vague UMP pour les législatives du lendemain.
Un très bon Let's Spend The Night Together, un seul titre du dernier album, A Bigger Bang, le remuant Rough Justice, une excellente version de Can’t You Hear Me Knocking avec une chouette partie improvisée, et là on se dit que le concert commence enfin à décoller. Peine perdue, la set-list ne sera pas des plus judicieuses, surtout quand on compare avec celle des concerts de Lyon et San Sebastian quelques jours plus tard, concerts dont les retours seront bien plus positifs qu'à Paris... comme quoi, il ne faut pas enterrer les Stones trop vite ! En tout cas, ce n'est pas le cirque des effets pyrotechniques, de la scène qui s'avance jusqu'au milieu du stade qui rendra le concert meilleur. Le public non spécialiste sera quand même content d'entendre tous les classiques, interprétés mollement et sans conviction (Paint It Black brille par son absence !). Bon ben voilà, c'est fini, on a vu un groupe de rock faire un concert normal et on peut rentrer chez soi. La magie n'était pas au rendez-vous ce soir là, ce n'est pas la fin du monde.
Setlist Rolling Stones :
Start Me Up
Let’s Spend The Night Together
Rough Justice
All Down The Line
She Was Hot
Waiting On A Friend
Can't You Hear Me Knockin'
I'll Go Crazy
Tumbling Dice
Happy
Wanna Hold You
It's Only Rock 'n' Roll
It's All Over Now
You Got Me Rocking
Honky Tonk Women
Sympathy For The Devil
Satisfaction
Brown Sugar
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Jumpin' Jack Flash

