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RHAPSODY
Juillet 2006
  
JOURNALISTE :
-the lord
  
INTERVIEW AVEC :
Luca Turilli
Guitariste
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On ne sait pas trop comment il s’y prend malgré le travail à accomplir pour son groupe principal Rhapsody, mais Luca Turilli mène une sacrée carrière solo. J’en veux pour preuve les deux albums qui sortent simultanément ce printemps. Résolument différents dans leur approche, ces disques nous montrent entre autres les talents cachés de l’Italien aux claviers, lui qui s’est fait connaître par son jeu virtuose de guitare… (note : compilés à cet entretien se trouvent des questions/réponses effectuées lors de la promo de l'album live de Rhapsody en début d'année)

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-the lord : Live In Canada 2005 : The Dark Secret sonne très brut comme un enregistrement live mais également très puissant comme vos productions habituelles en studio. Comment êtes-vous arrivés à un tel résultat ?

Luca Turilli (guitare) : S’il sonne si brut c’est parce que l’album n’a pas été overdubbé en studio. De plus, ce n’était pas du tout prévu que nous enregistrions un album live avant de partir en tournée nord-américaine en première partie de Manowar. Mais Joey DeMaio, notre manager, nous a proposé d’enregistrer chacun de nos concerts au cas où nous voudrions un jour inclure des morceaux live en bonus sur le premier pressage d’un de nos albums studio. Au moment d’écouter les bandes, je me rappelais de ce concert incroyable donné à Montréal où le public nous avait acclamé triomphalement. Nous étions stupéfaits de la qualité de l’enregistrement que nous avions à notre disposition. Sascha Paeth, notre producteur, était du même avis. Par ailleurs, ce soir-là nous n’avons pas commis beaucoup d’erreurs d’éxécution. Il n’en fallait pas plus pour que nous nous décidions à sortir un album live. Nous ne sommes restés en studio qu’une semaine pour mixer le tout mais surtout pas pour retravailler les bandes. Autrement quel intérêt ? Cela aurait été un album studio normal dans ces conditions.

-the lord : Comment avez-vous été reçus par le public de Manowar ? Il n’est pas connu pour faire du tricot le dimanche…

Luca Turilli : A part un ou deux soirs, leur public s’est plutôt montré enthousiaste à notre égard. Je ne m’attendais pas à leur plaire autant, en fait. Evidemment les salles n’étaient pas très grandes (entre cinq cents et mille deux cents personnes sauf au Canada où nous jouions devant plus de deux mille spectateurs) mais nous garderons de bons souvenirs en particulier de New York et du Canada.

-the lord : Tu n’as jamais été un grand amateur des concerts de Rhapsody. Est-ce qu’avec cet album live ta vision a changé ?

Luca Turilli : Pour être précis je n’ai juste jamais été friand de concerts avec un petit budget car pour moi Rhapsody sur scène doit pouvoir être soutenu par des éléments théâtraux. Depuis que j’ai vu The Lord Of The Rings au cinéma, je fourmille d’idées (rires). En fait, je pense souvent à une version heroic fantasy de Rammstein. Mais avec un budget limité, on ne peut pas faire grand-chose et il faut tout le temps rationaliser ses choix. Heureusement depuis que nous sommes chez Magic Circle Music/SPV, nous bénéficions d’une enveloppe plus grosse et nous en réinvestissons 90% pour nos concerts.

-the lord : Quelques mois après cette sortie, tu arrives avec deux albums : un disque solo tout d’abord (The Infinite Wonders Of Creation) et le premier opus de ton side project Luca Turilli’s Dreamquest (Lost Horizons). Pourquoi, si tu tenais à ce qu’ils sortent tous les deux ne printemps, ne pas les avoir regroupé ensemble ?

Luca Turilli : Cette possibilité avait été envisagée mais rapidement écartée car nous ne pensions pas que les fans de Dreamquest soient exactement les mêmes que ceux de Luca Turilli. Nous ne voulions donc pas forcer les gens à acheter les deux à la fois. Finalement, nous avons opté pour un compromis car l’édition limitée de The Infinite Wonders Of Creation sera livrée avec un sampler de Dreamquest. Les gens pourront donc décider s’ils aiment ou non ce side project.

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-the lord : Entre The Infinite Wonders Of Creation et Lost Horizons, y a-t-il un album dont tu te sentes plus proche ?

Luca Turilli : Je ne peux pas répondre car ces disques sont pour moi extrêmement différents. The Infinite Wonders Of Creation est un hommage personnel et très symphonique à Dame Nature. Par moments ce disque est proche d’une bande son en particulier le morceau-titre. Il est à l’opposé du précédent album solo qui s’inscrivait totalement dans la lignée des albums de true metal tels qu’ils se faisaient à l’époque. De plus, le fait qu’Olaf Hayer ne chante que la moitié des morceaux –il avait attrapé un virus l’empêchant de chanter les aigus- le démarque des deux autres volets de la trilogie. Heureusement que j’ai pu trouver Bridget Fogle, cette merveilleuse chanteuse provenant de la chorale que j’utilisais sur mes albums solo. A l’inverse, Lost Horizons représente un nouveau départ pour moi, une carrière parallèle. Je travaille déjà sur le second album. Dès que la tournée en tête d’affiche de Rhapsody sera finie dans un an, je l’enregistrerai. Je veux imposer ce nouveau style comme Nightwish a pu le faire album après album pour arriver là où ils en sont aujourd’hui.

-the lord : A chercher une chanteuse ?

Luca Turilli : (rires) Non, à être leader dans un mouvement qui ne plaisait pas du tout au début. Maintenant ils vendent des millions d’albums. En ce qui concerne Dreamquest, je sens déjà de nouvelles portes s’ouvrir car je donne des interviews à des médias qui jusque-là ne s’intéressaient pas du tout à ma musique, Virus passe à la radio en Allemagne, etc.

-the lord : Tu en es déjà à tes troisième et quatrième albums sortis en dehors de Rhapsody alors qu’Alex Staropoli n’a encore aucun disque solo au compteur. Comment expliques-tu cela ?

Luca Turilli : Il y a des gens plus fainéants que d’autres (rires) ! En fait, quand on finit un album de Rhapsody, Alex sature complètement. Il préfère se ressourcer en allant à la plage et en ne s’occupant pas de musique. Il adore rester à ne rien faire au soleil : c’est un vrai reptile ! Nous sommes très différents et c’est précisément pour cela que nous faisons de la bonne musique ensemble. Nous sommes constamment en train de nous motiver à donner le meilleur de nous-mêmes et à nous battre pour être crédité sur telle ou telle chanson (rires). Il y a une synergie entre nous, comme entre Joey DeMaio et moi. Pour en revenir à ta question, contrairement à Alex je n’ai jamais envie de faire de break. Au bout d’une semaine, j’ai besoin de bidouiller des trucs sur mon PC, de composer des chansons, etc. C’est pour cela que je suis déjà en train d’écrire le second album de Dreamquest : c’est essentiel pour moi d’être toujours actif.

-the lord : Bien que l’on connaissait déjà ton amour pour les bandes originales de films, avec The Infinite Wonders Of Creation et Lost Horizons, on découvre des influences de chants grégoriens. C’est totalement nouveau pour toi. Est-ce que tu vas creuser cette voie ?

Luca Turilli : Oui. Je compte en faire un élément incontournable de mes prochains albums. J’aime la relation qu’il peut y avoir entre la musique religieuse et les ambiances gothiques. Le public gothique apprécie cela en plus. De toute manière avec Dreamquest, tout m’est possible. Contrairement à Rhapsody où nous sommes liés à une histoire imaginaire, ici je peux utiliser de la world music si j’en ai envie. J’ai déjà vingt morceaux de prêt pour le prochain disque et je vais devoir choisir une ligne directrice car il y a plusieurs genres qui se dégagent : de la musique de films, du metal indus aux rythmiques sauvages et encore d’autres trucs dont je ne peux pas encore te parler (rires).

-the lord : Sur ces nouveaux albums, il n’y a pas de narrations alors que cela était presque devenu un passage obligé par le passé. Pourquoi ? En avais-tu marre des critiques à leur sujet ?

Luca Turilli : Non, pas du tout. Je sais déjà comment va sonner le prochain album de Rhapsody et je ne voulais en aucun cas que les albums solo y ressemblent. Dreamquest propose de la musique moderne alors que Rhapsody joue un metal symphonique très puissant. Avec mon groupe solo, je fais quelque chose entre les deux en quelque sorte… Les narrations sont assez liées à Rhapsody, en fait. Nous avons pas mal de surprises dans ce domaine pour le prochain album en dehors du fait que Christopher Lee y participera.

-the lord : Est-ce que dans ces surprises il pourrait y avoir la réapparition du chant death comme sur When Demons Awake ?

Luca Turilli : Sur une heure dix de musique, tu t’imagines bien qu’il y aura pas mal de surprises et effectivement il devrait y avoir un petit passage avec des vocaux extrêmes. Mais j’en ai déjà trop dit ; si jamais Alex me tue, ce sera sûrement parce qu’il a lu cette interview ! L’album sera d’un côté plus heavy et de l’autre plus porté sur les orchestrations. En ce qui concerne l’histoire, le suspens est à son comble et cela se traduit naturellement dans la musique.

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