-the
lord : Live In Canada 2005 : The Dark Secret
sonne très brut comme un enregistrement live mais également très
puissant comme vos productions habituelles en studio. Comment êtes-vous
arrivés à un tel résultat ?
Luca Turilli
(guitare) : S’il sonne si brut c’est parce que l’album
n’a pas été overdubbé en studio. De plus, ce n’était pas
du tout prévu que nous enregistrions un album live avant de
partir en tournée nord-américaine en première partie de
Manowar. Mais Joey DeMaio, notre manager, nous a proposé
d’enregistrer chacun de nos concerts au cas où nous voudrions
un jour inclure des morceaux live en bonus sur le premier pressage
d’un de nos albums studio. Au moment d’écouter les bandes, je
me rappelais de ce concert incroyable donné à Montréal où le
public nous avait acclamé triomphalement. Nous étions stupéfaits
de la qualité de l’enregistrement que nous avions à notre
disposition. Sascha Paeth, notre producteur, était du même avis.
Par ailleurs, ce soir-là nous n’avons pas commis beaucoup
d’erreurs d’éxécution. Il n’en fallait pas plus pour que
nous nous décidions à sortir un album live. Nous ne sommes restés
en studio qu’une semaine pour mixer le tout mais surtout pas
pour retravailler les bandes. Autrement quel intérêt ? Cela
aurait été un album studio normal dans ces conditions.
-the
lord : Comment avez-vous été reçus par le public de
Manowar ? Il n’est pas connu pour faire du tricot le
dimanche…
Luca Turilli :
A part un ou deux soirs, leur public s’est plutôt montré
enthousiaste à notre égard. Je ne m’attendais pas à leur
plaire autant, en fait. Evidemment les salles n’étaient pas très
grandes (entre cinq cents et mille deux cents personnes sauf au
Canada où nous jouions devant plus de deux mille spectateurs)
mais nous garderons de bons souvenirs en particulier de New York
et du Canada.
-the
lord : Tu n’as jamais été un grand amateur des
concerts de Rhapsody. Est-ce qu’avec cet album live ta vision a
changé ?
Luca Turilli :
Pour être précis je n’ai juste jamais été friand de concerts
avec un petit budget car pour moi Rhapsody sur scène doit pouvoir
être soutenu par des éléments théâtraux. Depuis que j’ai vu
The Lord Of The Rings au cinéma, je fourmille d’idées (rires).
En fait, je pense souvent à une version heroic fantasy de
Rammstein. Mais avec un budget limité, on ne peut pas faire
grand-chose et il faut tout le temps rationaliser ses choix.
Heureusement depuis que nous sommes chez Magic Circle Music/SPV,
nous bénéficions d’une enveloppe plus grosse et nous en réinvestissons
90% pour nos concerts.
-the
lord : Quelques mois après cette sortie, tu arrives
avec deux albums : un disque solo tout d’abord (The
Infinite Wonders Of Creation) et le premier opus de ton side
project Luca Turilli’s Dreamquest (Lost Horizons). Pourquoi, si
tu tenais à ce qu’ils sortent tous les deux ne printemps, ne
pas les avoir regroupé ensemble ?
Luca Turilli :
Cette possibilité avait été envisagée mais rapidement écartée
car nous ne pensions pas que les fans de Dreamquest soient
exactement les mêmes que ceux de Luca Turilli. Nous ne voulions
donc pas forcer les gens à acheter les deux à la fois.
Finalement, nous avons opté pour un compromis car l’édition
limitée de The Infinite Wonders Of Creation sera livrée avec un
sampler de Dreamquest. Les gens pourront donc décider s’ils
aiment ou non ce side project.
|
.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . |
|

|
|
.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . . . |
|
|
-the
lord : Entre The Infinite Wonders Of Creation et Lost
Horizons, y a-t-il un album dont tu te sentes plus proche ?
Luca Turilli :
Je ne peux pas répondre car ces disques sont pour moi extrêmement
différents. The Infinite Wonders Of Creation est un hommage
personnel et très symphonique à Dame Nature. Par moments ce
disque est proche d’une bande son en particulier le
morceau-titre. Il est à l’opposé du précédent album solo qui
s’inscrivait totalement dans la lignée des albums de true metal
tels qu’ils se faisaient à l’époque. De plus, le fait
qu’Olaf Hayer ne chante que la moitié des morceaux –il avait
attrapé un virus l’empêchant de chanter les aigus- le démarque
des deux autres volets de la trilogie. Heureusement que j’ai pu
trouver Bridget Fogle, cette merveilleuse chanteuse provenant de
la chorale que j’utilisais sur mes albums solo. A l’inverse,
Lost Horizons représente un nouveau départ pour moi, une carrière
parallèle. Je travaille déjà sur le second album. Dès que la
tournée en tête d’affiche de Rhapsody sera finie dans un an,
je l’enregistrerai. Je veux imposer ce nouveau style comme
Nightwish a pu le faire album après album pour arriver là où
ils en sont aujourd’hui.
|
|
-the
lord : A chercher une chanteuse ?
Luca Turilli :
(rires) Non, à être leader dans un mouvement qui ne plaisait pas
du tout au début. Maintenant ils vendent des millions d’albums.
En ce qui concerne Dreamquest, je sens déjà de nouvelles portes
s’ouvrir car je donne des interviews à des médias qui jusque-là
ne s’intéressaient pas du tout à ma musique, Virus passe à la
radio en Allemagne, etc.
-the
lord : Tu en es déjà à tes troisième et quatrième
albums sortis en dehors de Rhapsody alors qu’Alex Staropoli
n’a encore aucun disque solo au compteur. Comment expliques-tu
cela ?
Luca Turilli :
Il y a des gens plus fainéants que d’autres (rires) ! En
fait, quand on finit un album de Rhapsody, Alex sature complètement.
Il préfère se ressourcer en allant à la plage et en ne
s’occupant pas de musique. Il adore rester à ne rien faire au
soleil : c’est un vrai reptile ! Nous sommes très
différents et c’est précisément pour cela que nous faisons de
la bonne musique ensemble. Nous sommes constamment en train de
nous motiver à donner le meilleur de nous-mêmes et à nous
battre pour être crédité sur telle ou telle chanson (rires). Il
y a une synergie entre nous, comme entre Joey DeMaio et moi. Pour
en revenir à ta question, contrairement à Alex je n’ai jamais
envie de faire de break. Au bout d’une semaine, j’ai besoin de
bidouiller des trucs sur mon PC, de composer des chansons, etc.
C’est pour cela que je suis déjà en train d’écrire le
second album de Dreamquest : c’est essentiel pour moi d’être
toujours actif.
-the
lord : Bien que l’on connaissait déjà ton amour
pour les bandes originales de films, avec The Infinite Wonders Of
Creation et Lost Horizons, on découvre des influences de chants
grégoriens. C’est totalement nouveau pour toi. Est-ce que tu
vas creuser cette voie ?
Luca Turilli :
Oui. Je compte en faire un élément incontournable de mes
prochains albums. J’aime la relation qu’il peut y avoir entre
la musique religieuse et les ambiances gothiques. Le public
gothique apprécie cela en plus. De toute manière avec
Dreamquest, tout m’est possible. Contrairement à Rhapsody où
nous sommes liés à une histoire imaginaire, ici je peux utiliser
de la world music si j’en ai envie. J’ai déjà vingt morceaux
de prêt pour le prochain disque et je vais devoir choisir une
ligne directrice car il y a plusieurs genres qui se dégagent :
de la musique de films, du metal indus aux rythmiques sauvages et
encore d’autres trucs dont je ne peux pas encore te parler
(rires).
-the
lord : Sur ces nouveaux albums, il n’y a pas de
narrations alors que cela était presque devenu un passage obligé
par le passé. Pourquoi ? En avais-tu marre des critiques à
leur sujet ?
Luca Turilli :
Non, pas du tout. Je sais déjà comment va sonner le prochain
album de Rhapsody et je ne voulais en aucun cas que les albums
solo y ressemblent. Dreamquest propose de la musique moderne alors
que Rhapsody joue un metal symphonique très puissant. Avec mon
groupe solo, je fais quelque chose entre les deux en quelque
sorte… Les narrations sont assez liées à Rhapsody, en fait.
Nous avons pas mal de surprises dans ce domaine pour le prochain
album en dehors du fait que Christopher Lee y participera.
-the
lord : Est-ce que dans ces surprises il pourrait y
avoir la réapparition du chant death comme sur When Demons Awake ?
Luca Turilli :
Sur une heure dix de musique, tu t’imagines bien qu’il y aura
pas mal de surprises et effectivement il devrait y avoir un petit
passage avec des vocaux extrêmes. Mais j’en ai déjà trop dit ;
si jamais Alex me tue, ce sera sûrement parce qu’il a lu cette
interview ! L’album sera d’un côté plus heavy et de
l’autre plus porté sur les orchestrations. En ce qui concerne
l’histoire, le suspens est à son comble et cela se traduit
naturellement dans la musique.
RETOUR
A L'INDEX