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REVOLTING COCKS
COCKTAIL MIXXX (2007)
LINE UP :
N/A
Revolting Cocks Cocktail Mixx
CHANSONS QUI TUENT :
Pole Grinder
Devil Cock

CHRONIQUEUR :
[MaelströM]
(Juillet 2007)
NOTE :
07,5 / 20

Après un album décevant,Cocked & Loaded qui ne remporta pas le succès escompté (forcément, il était décevant… vous suivez ?) Jourgensen et ses potes décidèrent de trouver une idée excellente pour qu’il soit moins décevant : «remixons-le !». Tout de go : la procédure a marché du tonnerre, en écoutant ce Cocktail Mixxx, on trouve tout de suite l’album précédent moins décevant.

Nul besoin de s’écorcher les oreilles sur ce recueil de remix pour s’apercevoir rapidement que le disque souffre des mêmes défauts que l’original : pas ou peu d’accroches, des morceaux bâclés et de bonnes idées étouffées sous la lourdeur du résultat final -l’indus-metal est pourtant conçu pour être volontairement lourd, et c’est bien là son plus gros défaut. Quand une succession de pistes ne font qu’enchaîner les guitares assourdies ; et les coups de batterie qu’imités les claquements de fûts métalliques, la soupe (pardon, le cocktail) sortant du shaker se révèle rempli de grumeaux rougeâtres. Des tas de petits cailloux dans l’engrenage clinquant de l’album précédent. Ça et là, les beats décalqués relèvent un peu la sauce morose que proposait The Revolting Cocks dans l’album d’origine, et parfois même certaines versions sont adoucies à l’aide de l’électronique et de sonorités marines ; mais il ne suffit pas de concevoir un disque de boîte goth (car c’est ce qu’il est au final) pour redorer l’importance de sa musique.

L’exercice a plutôt bien réussi à certains morceaux : "Pole Grinder" par exemple, qui ennuyait la galerie dans Cocked & Loaded a pris un coup de jeune grâce aux crashs agressifs qui le dynamitent. Mais on ne peut pas en dire autant de "Fire Engine" (qui bénéficie pourtant de deux adaptations en sandwich). La première version est catastrophique comme entrée en matière, la finale aurait pu être réussie (car elle se rapproche de l’industrial originel à la Throbbing Gristle) mais une fois l’intro passée, la fièvre retombe rapidement… Et puis qui pourrait réellement apprécier un album pareil ? Mêmes morceaux (pas d’inédit, pas d’anciennes pistes), même ordre de passage… Le même disque. Mais en moins bien. Pourquoi ? Il est quand même difficile de croire qu’un groupe tel que celui-là puisse se lancer dans une démarche purement mercantile, ou même de céder à l’effet de mode. Pression d’un haut bonnet ? Cela semble étrange dans un style de musique pareil (quoi que cela soit déjà plus envisageable).

Reste "Devil Cock", seule piste vraiment jouissive, boucle lancinante à l’énergie réellement communicative – qui prouve que le groupe n’est pas totalement perdu, qu’il possède bien quelque chose de fort et, paradoxalement, de «dansant» ! Nul doute que c’est ce potentiel qui a motivé Cocktail Mixxx – on imaginerait presque le jour où le David Guetta de l’indus-metal a annoncé à Jourgensen et Van Acker que certains de leurs morceaux déchiraient les pistes de danse des clubs souterrains alternatifs. Une motivation comme une autre, me direz-vous… On ne peut toutefois s’empêcher de grincer des dents à l’idée qu’un groupe comme the Revolting Cocks ait pu s’imaginer que remixer sa vinasse embouchée allait lui faire gagner 20 ans d’âge. Non pas que l’exercice soit une quelconque trahison à l’égard de je-ne-sais-quelle intelligentsia musicale qui prônerait les valeurs et la constance face à la méchante musique commerciale –juste que l’indus-metal et ses dérivés (et surtout Cocked & Loaded) ne sont pas fait pour ça…

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