|
RAZORLIGHT Razorlight (2006) |
LINE UP : Johnny Borrell (chant+guitare) Björn Ågren (guitare) Carl Dalemo (basse) Andy Burrows (batterie) |
|
|
CHANSONS QUI TUENT : In The Morning Before I Fall To Pieces Back To The Start |
CHRONIQUEUR : -the lord (Août 2006) |
NOTE : 14 / 20 |
Razorlight ou la démonstration de l'alliance stratégique. En combinant à l'initiative de Johnny Borrell des musiciens anglais et suédois, le groupe s'est forgé un son dansant typiquement britannique rehaussé d'une finesse d'écriture scandinave. Leur premier album nous avait laissé sur notre faim mais nous présentait de bonnes capacités de fond et Razorlight confirme le bien que l'on pouvait penser d'eux avec ce disque éponyme appelé à sceller leur succès. Mélodies simples, vocaux entêtants remplis d'harmonies, batterie pataude et schémas musicaux répétitifs : Razorlight transforme des idées sur le papier repoussantes en des ritournelles dance pop enchanteresses.
Il n'y a rien sur ce disque qui fonctionnerait sans les autres éléments. Bien sûr Johnny Borrell est responsable d'une grande part de la réussite des dix chansons grâce à sa voix planante et chargée en émotions. Plus le rôle qu'elle joue a d'importance, mieux elle s'en tire comme le prouve America ou I Can't Stop This Feeling I've Got et leurs couplets dépouillés. Toutefois, l'ingéniosité nerveuse des guitares n'est pas non plus à prendre à la légère (Before I Fall To Pieces, le final d'In The Morning). Combinées à la discrète mais efficace section rythmique, ces guitares conférent à Razorlight un swing inattendu, surtout lorsqu'on sent la volonté du groupe d'écrire des chansons plus profondes que celles constituant Up All Night.
Il n'y a guère que sur ce critère que le quartette nous déçoive. Aussi concis et catchy soient ces dix titres, il leur manque la classe qui pousse à écouter un album en boucle, sans jamais s'en lasser. A la rigueur les trois ou quatre morceaux les plus réussis parviendront à se tailler une place régulière dans vos playlists. En dehors de cela, on a davantage l'impression que le disque nous comblera jusqu'à ce que Razorlight nous ponde le suivant, pas plus. Ce n'est déjà pas si mal - combien de groupes s'en satisferaient ? - mais toutefois insuffisant pour en faire un futur classique.

