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Il est de ces groupes qui ne peuvent s'empêcher d'enquiller merveille sur merveille, disque après disque. Porcupine Tree fait bien entendu partie de cette poignée de combos. In Absentia ne déroge pas à la règle et même s'il n'arrive pas tout à fait à la hauteur de Lightbulb Sun, il n'en demeure pas moins un excellent album qui n'est devancé en termes de qualité que de très peu par le précédent album des Anglais.

Excellent album qui en plus se paie le luxe d'innover à tout va. Et pour s'en rendre compte pas besoin d'aller jusqu'à la dernière piste du disque puisque pas plus loin que dans le premier riff de Blackest Eyes (premier titre du disque) on s'apperçoit que Steven Wilson peut aussi mettre de côté sa tristesse et sonner comme un groupe de metal. Je sais pas ce que les suédois d'Opeth lui ont fait mais en tout cas on ne connaissait pas un telle énergie à Porcupine Tree. Peut être que l'arrivée d'un nouveau batteur a eu cet effet. Cette débordante d'énergie se confirme pleinement sur des titres comme Wedding Nails ou Gravity Eyelids. Et force est de constater que Porcupine Tree s'en sort divinement bien. Sachant revenir à tout moment à ce qu'il fait de mieux, l'arbre n'en repart que de plus belle: le magnifique refrain de Blackest Eyes.

Moment symphonique sur .3 qui est à mi-chemin entre une BO de film épique et une BO de Peter Gabriel fort apprécié avant de repartir de plus belle sur The Creator Has a Mastertape où les différentes influences du groupe n'ont jamais fait aussi bon ménage. Ce titre surprend au début par son "bordel organisé" mais au fur et à mesure qu'on l'écoute on l'apprécie énormément. C'est Opeth qui doit jouir moi je vous le dit!!!

Enfin, le groupe n'a pas entièrement changé et même si l'on peut le taxer de rendre sa musique plus simple pour attirer plus de public, on doit se rendre à l'évidence et voir que Steven Wilson sait nous pondre de ces chefs d'oeuvre mélancoliques: Trains ou encore Heartattack in a Lay By (la chanson de l'album: à pleurer de tristesse ou de beauté, à ce niveau là on se sait plus). Cette Heartattack là on en redemande avec ses arpèges de guitare planants et son piano hypnotisant. Et puis le psychadélique Steven Wilson a tout de même une sacrément belle voix.Porcupine Tree dégage une musique émotionnelle comme aucun autre groupe ne sait le faire. Je suis sûr qu'en chantant il arriverait à bercer un ours, et au cas où vous ne l'auriez pas compris c'est un compliment!

On ne peut pas dire que cet album soit une totale-complète réussite car aussi bons soient les morceaux, ils ne sont pas aussi jouissifs dans leur ensemble que sur Lightbulb Sun. Certes on peut dire que l'on fait encore mieux par moments avec Blackest Eyes, Trains, .3 et donc Heartattack in a Lay By mais en revanche le titre Strip the Soul n'a rien à faire là et aurait mieux fait d'être utilisé pour augmenter l'aspect progressif des perles de l'album. Trains en particulier aurait à mon avis gagner encore en intensité avec une ou deux minutes supplémentaires. Et puis tout commentaire sur le groupe serait incomplet si l'on oubliait de dire un mot sur la production hallucinante (comme d'habitude) de Steven Wilson. Elle est d'une limpidité qu'aucun autre producteur n'arrive à atteindre. Je suis persuadé que de nombreux groupes aimeraient faire appel à ces services, ce qui est compréhesible vu sa maîtrise. Mais ce qu'il a fait pour Fish, Marillion ou encore Opeth n'arrive pas à la cheville de ce qu'il propose ici. La production de l'année à n'en pas douter. Monumentale!

En tout cas je tire mon chapeau à Porcupine Tree qui sait tirer pleinement utiliser tous les éléments qui ont fait son succès par le passé pour accoucher de compos originales à crever. Là où Lightbulb Sun faisait l'impasse sur l'aspect psychadélique du groupe, In Absentia y revient par instants avec en point d'orgue le début de Gravity Eyelids. Porcupine Tree est sans aucun doute possible le plus grand groupe de progressif actuel.

17.5/20

-the lord

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