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In Absentia aura été
l'album de la consécration médiatique et commerciale pour Porcupine Tree après
être resté un
groupe underground pendant de (trop) nombreuses années. Deadwing,
disque dichotomique à
la fois plus metal et plus progressif, continue sur la dynamique
positive que vit le groupe depuis le troisième millénaire et lui permet de remplir avec pas mal de
marge l'Elysée Montmartre, salle qui paraît dorénavant un peu
trop étroite pour laisser s'exprimer toute l'étendue du talent des
Anglais. Car, oui, ce soir Porcupine Tree a été magistral ne
montrant que très peu de signes de faiblesse.
C'est à leurs bons amis d'Anathema
que revient l'honneur d'entamer la soirée avec une heure d'avance
sur le planning ce qui explique le peu de monde présent au moment
où les frères Cavanagh and co commencent leur set. Cela n'aura en aucun
cas découragé le groupe qui a donné un concert de trois quarts
d'heure absolument fabuleux. Oublié le concert en demi-teinte de La
Boule Noire en mai 2004, Anathema a rassuré ses fans actuels en
proposant une musique calme et planante sans la rendre
artificiellement heavy comme l'an dernier. Peu de surprises au
niveau de la setlist mis à part le très réussi Lost Control dont
les nuances ont été brillamment rendues grâce à la guitare
acoustique de Vinnie et une reprise de Confortably Numb, classique
des concerts des frangins mais que l'on n'attendait pas aujourd'hui,
première partie obligeant. Closer, Flying ou encore Fragile Dreams,
seule chanson estampillée metal du set, ont toutes pareillement
séduit. Excellente impression donc pour ce groupe actuellement non
signé comme l'a rappelé Vinnie lui-même. Espérons qu'une maison
de disques remédiera rapidement à cela...
Après une bonne demi-heure,
c'est au tour de Steven Wilson et de ses sbires de fouler les
planches. La question est sur toutes les lèvres: le groupe
sera-t-il à la hauteur d'Anathema? Après avoir joué le
morceau-titre du dernier album, la réponse est sans équivoque:
oui. Servie par un son d'une précision extrême, la prestation
technique du
quartet (qui est un quintet en live, John Wesley venant donner un
coup de main à la guitare et au chant) ne faillit pas de ce point
de vue. La setlist est elle aussi irréprochable. A l'exception de
Fadeaway, tous les titres sont extraits des quatre derniers albums
des Anglais, les meilleurs.
Non, le seul regret à avoir sur
ce concert est le jeu scénique assez mauvais des cinq musiciens.
Assez légumes dans l'âme, on ne peut pas dire qu'ils en fassent
des tonnes pour impressionner l'assistance. Et comme Steven Wilson
est tout sauf un monstre de communication ou de charisme avec son
air intello et ses pieds nus, on discerne une grosse lacune dont
Anathema, au hasard, n'a pas à souffrir. Toutefois, sur tous les
autres tableaux Porcupine Tree titille la perfection. En
improvisation tout d'abord (le final de Hatesong qui met en valeur
le monstrueux Gavin Harrison), en efficacité (Halo, Shallow,
Blackest Eyes) ainsi qu'en construction d'ambiances ensuite
(Arriving Somewhere But Not Here, The Strat Of Something Beautiful,
A Smart Kid) et enfin il rappelle qu'il sait réarranger pour le
mieux ses compositions (le phénoménal Trains).
A part lors du faiblard
(et vieux comme précisé par Wilson) Fadeaway chanté par Wesley,
le concert n'aura connu aucun temps mort. Mieux, ses moments les
plus marquants auront été répartis sur toute la longueur du set:
A Smart Kid, The Start Of Something Beautiful et Trains. Ce dernier
fut incontestablement l'apothéose. Le groupe aura trituré cette
composition dans tous les sens, donnant ainsi son sens à l'exercice
du live. Un exercice lors duquel Porcupine Tree ne joue pas
forcément la carte de la surprise mais le groupe n'en demeure pas
moins divin.
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