|
Porcupine Tree sait
toujours bien s'entourer. Après Anathema en avril, c'est au tour
d'Oceansize d'ouvrir pour le plus intéressant des groupes de rock
progressif actuels. Et après les confirmés orfèvres de
doom/atmosphérique c'est au tour de la valeur montante du
rock/postcore de chauffer un public de plus en plus habitué à voir
Steven Wilson s'adonner aux joies du heavy metal. Dans l'attitude,
tout d'abord, avec du headbanging presque professionnel mais aussi
dans la musique comme le prouvent certains riffs plutôt violents de
Deadwing.
On
peut tout de même se demander si Oceansize n'était pas un peu trop
heavy pour jouer ce soir-là. C'est en tout cas ce que l'on pourra
conclure à l'issue de leur set de quarante-cinq minutes qui en a
agacé plus d'un. Il faut dire que Mike Vennart ne se la joue pas
profil bas et fait déjà honneur à sa réputation de crâneur
exacerbé avec ses gestes nerveux de tétraplégique ou lorsqu'il
s'adresse à la foule. Mais bon sang musicalement c'est au poil! "On
regrettera beaucoup car Oceansize aurait dû nous laisser une
meilleure impression" écrivais-je le mois passé alors que
le quintette se produisait en tête d'affiche au Nouveau Casino. Et
bien trente jours plus tard, le combo s'est déjà racheté en nous
livrant une setlist parfaite en remplaçant au dernier moment Music
For A Nurse par un magnifique One Day All This Good Be Yours. Même
si les passages heavy continuent à être un peu à côté de leur
sujet, la performance d'Oceansize aura été très bonne en grande
partie grâce à un son très équilibré. Arrive
ensuite la tête d'affiche. Est-ce que Porcupine Tree aurait encore
quelque chose à nous dire après son remarquable passage à Paris
il y a un peu plus de six mois? La réponse est indubitablement oui.
En changeant une bonne moitié de son set et en soignant un peu plus
le jeu de scène, les quatre Anglais (accompagnés comme d'habitude
par John Wesley) ont ravi. Gardant l'emphase sur Deadwing, le show
aura tout de même été ponctué par quelques fabuleuses surprises.
Celles-ci n'auront pu laisser le fan sans une légère érection
pour les hommes et une petite trace d'humidité pour ces jeunes
femmes encore une fois très présentes pour acclamer Steven Wilson. En
effet, qui aurait pu parier que la perle méconnue Buying New Soul
(l'inédit de la compilation Recordings) fasse partie du show? Ou le
trésor de l'ère psychédélique Radioactive Toy, issu du tout
premier album enregistré par Wilson, seul? Ou encore un medley de
Voyage 34 en version alternative? Si vous avez parié sur les deux
premières options, bravo à vous, car il n'y a pas eu de trace de
Voyage 34 au Bataclan. Mais Porcupine Tree a été chercher d'autres
morceaux un peu délaissés comme Don't Hate Me ou Mother And Child
Divided. Si ce dernier aura été le moment le seul moment faible du
concert - mais aussi son plus heavy - il aura au moins eu le mérite
de permettre au public d'associer une musique à nom qui revient
souvent en interview. Les
Anglais auront trouvé l'équilibre entre hits et chansons pour les
fans. Un concert différent mais irrésistible dont l'extase sera,
comme en avril, le monumental Trains où Wilson cassera une corde de
guitare acoustique (ça devient une habitude). Le jour où le groupe
choisira un autre morceau pour terminer ses concerts, on risque
d'être très déçus... Tout comme le jour où Porcupine Tree
arrêtera de nous rendre visite deux fois par an...
|